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Passoires énergétiques : un quart des propriétaires de logement G prêts à louer sans réaliser de travaux

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Un quart des bailleurs sont prêts à louer leur logement classé G sans entreprendre de travaux de rénovation énergétique, malgré l'interdiction de mettre en location ce type de logements depuis le 1er janvier 2025.

Depuis le 1er janvier 2025, les logements, dont la lettre du diagnostic de performance énergétique est G, sont interdits à la location. Ils sont considérés comme les plus énergivores. Selon une étude dirigée par l'observatoire Guy Hoquet Location, les bailleurs et locataires seraient, majoritairement, peu à vouloir respecter cette nouvelle obligation, prévue dans le cadre de la loi Climat et Résilience. Cette interdiction s'applique uniquement aux nouveaux contrats de location signés à partir de 2025. De leur côté, les baux en cours ne sont pas concernés, tout comme les renouvellements réalisés avant la date du 31 décembre 2024.

La majorité des bailleurs ne veulent pas faire les travaux

Selon les résultats de l'enquête menée auprès du réseau, seulement ¼ des bailleurs seraient prêts à réaliser des travaux de rénovation énergétique afin de continuer à louer leurs biens classés G au DPE. 40% d'entre eux envisageraient de vendre leur(s) biens(s) depuis l'interdiction de mise en location des logements classés G appliquée le 1er janvier 2025.

Cette étude souligne aussi un manque d'information. La raison ? Le marché de la location est très peu intermédié et moins d' 1/3 (30%) de ces logements sont gérés par des professionnels. Un bailleur sur deux seulement aurait connaissance des risques encourus s'il mettait en location un bien classé en DPE G.

Plus de la moitié des locataires prêts à louer avec un DPE G

Les résultats de l'observatoire Guy Hoquet indiquent que plus de la moitié des locataires seraient prêts à louer quand même un bien dont le DPE est de lettre G. 55% des locataires sont dans ce cas, notamment en raison des difficultés qu'ils rencontrent actuellement pour trouver un logement. Toutefois, ¾ d'entre eux indiquent qu'ils seraient disposés à engager une action en justice contre leurs propriétaires afin de les contraindre à réaliser des travaux de rénovation énergétique.

Dans le détail, l'étude indique que 26% des bailleurs de logements classés G vont majoritairement avoir tendance à entreprendre des travaux de rénovation afin de pouvoir continuer à louer leur logement en respectant la loi. 27% des bailleurs vont continuer à louer leur(s) bien(s) classé(s) G sans faire de travaux de rénovation. 40% des bailleurs de logements avec un DPE G ont l'intention de mettre leur(s) bien(s) en location. Enfin, 7% des bailleurs de ce type de logement ont l'intention de laisser leur(s) bien(s) inoccupé(s). Pour rappel, lors du dernier congrès de la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM), en décembre 2024, Loïc Cantin, son président, expliquait que « 23% des propriétaires de logements classés F ou G ont plus de 80 ans », et que ceux-ci « ne vont pas s'engager dans des grands travaux de rénovation ». Les résultats de l'étude du réseau Guy Hoquet semblent lui donner raison.

« Besoin urgent de sensibilisation »

« Le sujet de la rénovation énergétique est perçu par les particuliers comme un défi complexe, voire coûteux. Pourtant, c'est une étape essentielle pour améliorer le parc immobilier en France et répondre aux enjeux environnementaux. Si une proportion significative de bailleurs choisit de vendre ou de laisser leurs biens inoccupés, nous risquons une tension encore plus accrue sur le marché locatif. Cela démontre le besoin urgent de sensibilisation et d'accompagnement des bailleurs par des professionnels formés à ces sujets », explique Stéphane Fritz, président de Guy Hoquet l'Immobilier.

Les résultats de l'observatoire indiquent que le volume de biens, dont le DPE est de lettre G, est globalement important. En revanche, au niveau des biens mis en location, la part des logements classés G demeure relativement faible, pour atteindre 1,3% de l'offre mise sur le marché au dernier trimestre 2024. Pour obtenir ce pourcentage, l'étude a tenu compte des annonces proposées par les particuliers et les professionnels. Au moment du sondage, l'affichage du DPE dans les annonces immobilières était déjà une obligation légale. En revanche, au dernier trimestre 2024, environ ¼ d'entre elles n'étaient pas encore en conformité avec la réglementation. Néanmoins, cette proportion est en baisse depuis le début de l'année 2023.

Le rôle des professionnels de l'immobilier

Le rôle des professionnels de l'immobilier reste déterminant pour faire face aux obligations de la loi Climat et Résilience. 1/3 seulement des locations sont actuellement gérées par des professionnels. Au niveau de la conformité des annonces, le professionnel doit s'assurer que le DPE (étiquette énergétique et climat, coûts énergétiques, mentions des passoires thermiques) est affiché correctement sur toutes les annonces. L'agent immobilier doit également accompagner les propriétaires et les conseiller sur la réalisation du DPE, des travaux de rénovation énergétique et des aides disponibles. Il doit aussi anticiper les interdictions de location pour les passoires énergétiques. Enfin, le professionnel doit sensibiliser les acheteurs, locataires et investisseurs sur les impacts des performances énergétiques d'un bien.

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