CONJONCTURE
Note de conjoncture FNAIM Novembre 2022 : "Le marché résiste encore malgré des vents contraires"

A l’instar de Morgane Ursault Poupon, navigatrice qui participe à la Route du Rhum avec le soutien de la FNAIM, de grands défis attendent le marché immobilier prochainement. Le marché garde le cap, même s’il fait face à quelques vents contraires (hausse des taux, environnement économique et géopolitique incertain, inflation et baisse du pouvoir d’achat des ménages, …) et que des signes de ralentissement pointent à l’horizon.
L’inflation au sommet, le moral des ménages dans le creux de la vague
Quelques effets de second tour sont probables en 2023 : hausses de salaires et revalorisations automatiques du prix de certains biens et services indexés sur l’inflation.

De son côté, la confiance des ménages a fortement baissé depuis le conflit en Ukraine, et reste proche de son plus bas niveau depuis 2000.

Les ventes poursuivent leur érosion
Après avoir vu quelques habitants mettre les voiles au moment du Covid, Paris voit désormais ses ventes rebondir (+8% sur un an à fin août), à contre-courant de la baisse des ventes au niveau national (-1,5%).
Les données internes de la FNAIM sur ses compromis de vente indiquent un marché moins dynamique depuis septembre, avec une baisse des compromis de vente de 6% en septembre et octobre par rapport à 2021, ce qui pourrait se répercuter sur les ventes actées en fin d’année. Autre signe de ralentissement des ventes, la production de crédit à l’habitat est en recul en septembre et plus encore en octobre où elle est au plus bas niveau depuis 2018, d’après la Banque de France (voir ci-dessous).
Des prix qui restent ancrés hausse, sauf dans certaines grandes villes
Sur un an, les prix augmentent légèrement plus que l’inflation, avec +6,6% en France sur un an, au 1er novembre 2022. Paris, figure de proue des grandes villes, se maintient à flots tant bien que mal (-1,1% sur un an), mais ne subit pas un naufrage, grâce à un rebond des ventes dans la capitale.

Le ralentissement du marché concerne également quelques autres grandes villes et leur banlieue proche : les prix ont viré de bord à Lyon (5 029€/m², -1,5% sur un an), Nantes (3 805€/m², -2,0% sur un an) ou encore Bordeaux (4 689€/m², -0,0% sur un an). La correction des prix à la baisse était inévitable là où ils se sont le plus écartés de l’évolution des revenus : dans certaines métropoles et leur périphérie où les acheteurs doivent faire avec les moyens du bord. Mais le marché des grandes villes est à deux vitesses, puisque les prix des villes du Sud Est comme Marseille (3 030€/m², +7,0% sur un an), Nice (4 823€/m², +8,9% sur un an) et Montpellier (3 393€/m², +6,0% sur un an) restent sur une belle dynamique. Ces villes avaient vu leur prix moins augmenter que les autres grandes villes ces dernières années.

Hors Île-de-France, les prix tiennent bon la barre avec une hausse de +7,6% sur un an.
En dehors des stations balnéaires (+10,1%) et des stations de ski (+10,1%) qui continuent sur leur rythme de croisière avec des prix qui augmentent encore fortement alors qu’ils étaient déjà relativement élevés, on continue d’observer un rééquilibrage des prix au niveau national. Les prix augmentent moins là où ils étaient les plus élevés. Les évolutions sur un an sont respectivement (dans l’ordre de niveau de prix moyen décroissant) de : +2,2% en Île-de-France hors Paris, +3,7% dans les 10 plus grandes villes de province, +5,2% dans leurs périphéries, +6,8% dans les villes moyennes et +7,9% dans les communes rurales.
En termes géographiques, la carte de l’évolution des prix sur un an met en relief le fort dynamisme de l’Ouest du pays.
La résistance des prix dans un contexte de taux défavorable peut s’expliquer par le manque d’offres dans l’existant mais aussi dans le neuf (avec des coûts de matériaux, d’énergie et de main d’œuvre en hausse), ainsi que par les tensions sur le marché locatif.
Hausse des taux et baisse de la production de crédit
La production de crédits est en baisse depuis le mois de juin 2022, et cette baisse semble connaître une accélération depuis septembre. En octobre, la production de crédits est au plus bas depuis 2018.
Les taux des crédits immobiliers continuent d’augmenter dans le sillage des taux des emprunts d’Etats, et ce n’est sans doute pas fini.

A fin octobre 2022, les taux des crédits immobiliers ont grimpé à 1,79% d’après les prévisions de la Banque de France. D’après l’Observatoire Crédit Logement/CSA, ils seraient même passés de 1,1% en février à 2,05% en octobre, soit 0,95 point d’augmentation (ce qui a un impact sur la capacité d’achat similaire à celui d’une hausse d’environ 9,5% des prix). Ils pourraient atteindre 2,5% au printemps 2023.

Même si les taux restent relativement bas comparés à l’historique, cette hausse des taux rend par ailleurs plus contraignantes les règles du HCSF, qui jusque-là n’étaient pas un véritable frein au marché. En effet, la hausse des taux peut faire passer un dossier de crédit au-dessus de 35% d’endettement (sans possibilité d’augmenter la durée du crédit au-delà de 25 ans), seuil au-dessus duquel les banques ont de fortes contraintes. Il est donc aujourd’hui plus difficile d’obtenir un crédit, et les courtiers signalent une hausse du taux de refus de prêt.
© 2026 DEVALENSE MEDIAS, Toute reproduction même partielle est strictement interdite
Laisser un commentaire
Votre adresse email ne sera pas publiée

