Rien n'épargne l'immobilier
Rien n'épargne le secteur de l'immobilier. Comme d'autres branches, notre profession est frappée de plein fouet par la crise économique et
l'inflation qui ont fait suite à la crise sanitaire. Certains professionnels n'y ont pas résisté et ont été contraints de baisser le rideau.
Comme vous le lirez dans ce numéro, les chiffres sont implacables et témoignent d'un secteur en souffrance. 1 120 agences immobilières ont fermé en un an, soit une agence sur 24. Cela représente une hausse de 112% en un an et quatre fois plus en trois ans. Un administrateur de biens sur 110 a aussi fait faillite, soit une hausse de 35%. En plus de la remontée des taux, constatée dès janvier 2022, certaines entreprises immobilières ont également eu des difficultés à rembourser les Prêts garantis par l'Etat (aide mise en place par le gouvernement pour surmonter la crise covid et l'arrêt d'activité) et les remboursements des URSSAF. A l'issue de cette année, la FNAIM anticipe même 1 400 liquidations d'entreprises à venir. Ces prédictions pessimistes renvoient à la crise des subprimes en 2009 où 1 385 faillites d'agences avaient été constatées.
Debout contre vents et marées
Outre des informations sur la RC Pro, le trouble du voisinage ou de nouvelles obligations concernant les annonces immobilières, ce nouveau
numéro d'Expression revient sur la dissolution de l'Assemblée nationale qui ne va pas dans le sens de la relance du marché. En effet, plusieurs lois sont suspendues au sort du résultat des prochaines élections. Loïc Le Meur, Adam, Vuilletet : nous y revenons en détails. Le 9 février 2024, Patrice Vergriete lors de la passation de pouvoir à Guillaume Kasbarian, affirmait être sans doute le ministre dont le séjour avait été le plus court au ministère du logement. Il ignorait alors que son prédécesseur resterait moins longtemps. Trois ministres en charge du logement en moins de deux ans, c'est aussi la preuve que notre secteur est plus que jamais touché par les instabilités politiques depuis le début du second quinquennat d'Emmanuel Macron. D'ailleurs, l'attitude du président de la République en dit long sur les difficultés que traverse le logement. D'ordinaire peu bavard sur ce sujet, il a, cette fois, pris la parole, sous la forme d'un mea-culpa, indiquant notamment que le logement « est un sujet sur lequel nous n'avons pas assez avancé et où la réponse a été trop timide ». Des excuses qui ne suffiront sans doute pas pour
rassurer les acteurs du marché. Il faut dire que depuis la crise sanitaire et la mise à l'arrêt de l'activité, les professionnels ont pris l'habitude de s'adapter, tout d'abord en étoffant leur offre de services puis en se formant davantage. Contre vents et marées, ils avancent vers des lendemains meilleurs. Ce n'est pas la première fois que le secteur de l'immobilier doit prouver toute sa résilience. L'attrait pour la pierre des Français n'est,
en rien, fissuré. Tous attendent une reprise nette de l'activité, qui est espérée pour fin 2024, début 2025.© 2026 acheter-louer.fr, Toute reproduction même partielle est strictement interdite