ÉDITO
2027, pour quoi faire ?

Que retiendrons-nous de 2026 ? Sans doute une année pendant laquelle l'immobilier a commencé à retrouver ses repères, après une crise qui a durement éprouvé les ménages et les professionnels. Des projets ont pu reprendre, des vendeurs ont accepté de revoir leur prix, des acquéreurs sont revenus. Ce mouvement était attendu et il mérite d'être salué !
Mais il faut regarder ce qu'il laisse de côté
Une transaction qui se réalise ne dit rien de la difficulté à trouver une location. Un marché ancien qui retrouve de l'activité ne règle pas le manque de logements neufs. Et un ménage qui parvient à acheter ne doit pas faire oublier ceux dont le projet reste bloqué. Le premier bilan de cette année est là : la reprise est nécessaire, mais elle ne résout pas à elle seule les difficultés de logement.
Nous avons passé beaucoup de temps à chercher les signes d'un redémarrage. C'était légitime. Il faut maintenant se demander dans quelles conditions ce redémarrage peut durer et, surtout, à qui il va profiter. Si les prix repartent sans que l'offre suive, une partie des ménages risque de rester au bord du chemin. Nous connaissons déjà cette situation. Nous n'avons aucun intérêt à la retrouver.
2027 devrait donner au logement une place plus importante dans le débat politique. La présidentielle en offre l'occasion. Mais entendre davantage parler de logement ne suffira pas. Les professionnels n'attendent pas seulement que les candidats reconnaissent la crise. Ils attendent de savoir ce qu'ils comptent changer, avec quels moyens et dans quels délais.
Sur ce point, l'année écoulée doit servir de leçon. On ne peut pas demander à un propriétaire d'investir sur vingt ou vingt-cinq ans si les règles changent chaque année. On ne peut pas encourager la rénovation sans permettre aux ménages de comprendre les aides et de compter sur leur maintien. On ne peut pas déplorer le manque de logements tout en laissant les opérations s'enliser.
Les réponses devront être précises. Comment redonner envie d'investir dans la location ? Comment aider les primo-accédants sans alimenter une nouvelle hausse des prix ? Comment construire là où les besoins sont les plus forts et remettre en état les logements qui peuvent encore servir ? Ces questions méritent mieux qu'une mesure annoncée à la hâte pour occuper quelques jours de campagne.
À nous aussi de faire évoluer nos attentes. Une politique du logement ne peut pas se juger au seul avantage fiscal qu'elle accorde à tel ou tel acteur. Il faut regarder ce qu'elle permet : des biens proposés à la location, des programmes qui sortent de terre, des travaux qui aboutissent, des ménages qui peuvent avancer dans leur projet.
C'est sur ces résultats que nous devrons juger les engagements de 2027. Avec de l'espoir, oui, mais aussi un peu d'exigence. Les professionnels ayant besoin de retrouver confiance quand les Français ont eux besoin de se loger !
Après plusieurs années à commenter la crise, nous pouvons attendre autre chose qu'une année de plus à en débattre ...
Photo | Sylvain Lévy-Valensi
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