FÉDÉRATION / SYNDICAT
En 2022, la fnaim entend encore affirmer son action

Avec un secteur immobilier en forme malgré un contexte sanitaire incertain, la FNAIM dresse un bilan positif de l'année 2021. D'autant plus que son dernier congrès a permis à la fédération d'affirmer son rôle politique auprès des candidats à la prochaine élection présidentielle. Une position qu'elle souhaite encore voir se renforcer dans les mois à venir afin de peser non seulement sur les débats, mais aussi sur les mesures gouvernementales. Son président, Jean-Marc Torrollion, s'explique.
Quel bilan faites-vous de l'année 2021, est-ce réellement l'année de tous les records ?
À plus d'un titre oui : c'est, à mon sens, l'année de tous les records en termes d'activité sur le marché de la transaction, ainsi qu'en termes d'augmentation de prix. C'est une très belle année aussi concernant le dynamisme de nos entreprises, pas tant en matière de création d'entreprises que de demandes d'emploi. Qu'il s'agisse d'activités de syndic, de gestion locative ou de transaction, les entreprises sont unanimes : elles souhaitent toutes étoffer leurs équipes. Enfin, et d'un point de vue général, un net mouvement de demandes de travaux énergétiques s'est enclenché, celui-ci n'étant d'ailleurs pas propre au secteur intermédié. C'est un signal très fort pour notre profession : les entreprises doivent rapidement et obligatoirement embrasser cette nouvelle compétence.
De nouvelles mesures ont été prises pour les entreprises concernant la situation sanitaire. Avez-vous des inquiétudes ?
Oui, notamment en copropriété : les salles de réunions ne nous sont accessibles que si nous procédons à la vérification des pass sanitaires. Or, nous jugeons que cela n'est pas de notre ressort. En parallèle, et face à l'état d'urgence dans les régions d'Outre-Mer, nous pensons que les règles fixant nos réunions de copropriétaires doivent exceptionnellement être revues afin, notamment, de permettre le vote par correspondance. Quant à la situation quotidienne de nos TPE et PME, je suis également inquiet : nos collaborateurs ou présidents de conseils syndicaux sont atteints, du jour au lendemain, par le Covid. Il faudrait donc que l'on puisse convertir l'ensemble de nos réunions en visio. Concernant le télétravail, nous ne faisons pas exception, même si cela est très perturbant pour nos professionnels et la qualité du service qu'ils ont à rendre. Malgré cela, ils s'adaptent et font depuis deux ans preuve d'une grande agilité.
L'actualité du début de l'année est chargée, avec notamment la réforme de l'acte de cautionnement. Est-ce une bonne nouvelle pour les professionnels ?
C'est une demande que la FNAIM a longtemps portée et pour laquelle nous avions été consultés très en amont par le ministère du Logement et la Chancellerie lors de la réforme du droit des suretés. Cette nouvelle réforme permet la dématérialisation totale de la chaine locative. Sur ce point, nos adhérents peuvent trouver sur notre site un module dédié permettant de dématérialiser leur caution.
Et concernant l'obligation de mentionner l'encadrement des loyers dans les annonces immobilières, quel est votre regard ?
La FNAIM a réagi très tôt pour demander à ce que les particuliers soient tout autant concernés par cette obligation que les professionnels. Nous estimons - et la récente communication de PAP sur le sujet le prouve - que le non-respect de l'encadrement est un facteur plus prégnant dans le secteur non intermédié que dans le secteur intermédié. Nous avons obtenu gain de cause, car un projet de loi rétablit le principe d'équité : comme nous, les particuliers devront désormais faire figurer l'encadrement des loyers dans leurs annonces, de même que pour les DPE. Sur l'encadrement des loyers, notre position reste inchangée, nous sommes contre. Mais rien n'est gravé dans le marbre. L'expérimentation prendra fin dans trois ans, il sera temps alors de porter des conclusions objectives, notamment grâce aux données fournies par l'observatoire Clameur. Pour moi à l'heure actuelle, la priorité n'est pas à l'encadrement des loyers, aux interdictions ou au permis de louer. Mais à la rénovation pour soutenir le logement d'un point de vue énergétique. Face à ces obligations intenables, je crains un désinvestissement fort.
Quel bilan faites-vous du dernier Congrès de la FNAIM ?
Celui d'une édition très positive. 3500 visiteurs ont en effet été accueillis. Nous avons senti le plaisir de la profession à se retrouver physiquement - après plusieurs confinements et un congrès entièrement digital - avec des plénières affichant des jauges complètes. Je suis plus mitigé concernant la formule exclusivement digitale, 250 personnes seulement s'étant inscrites. À l'avenir, ce format hybride sera encore amélioré, et l'année prochaine, la formule physique sera encore développée avec la réservation de l'entièreté du Carrousel du Louvre. Cette prochaine édition sera d'autant plus importante pour moi qu'il s'agira de mon congrès d'adieu avec la fin de mon mandat comme président de la FNAIM.
Qu'en est-il de la participation au Congrès des grands candidats et partis aux élections présidentielles ?
L'aspect politique a fortement interpelé les congressistes, avec la venue de la ministre du Logement et de celle de sept courants politiques : Arnaud Montebourg, Marine Le Pen, deux représentants des Républicains, du Parti socialiste, de la REM et d'Europe Écologie Les Verts. Ils sont venus « pitcher » leurs propositions en matière de logement pour les prochaines élections présidentielles. Quelques semaines après le congrès, celui-ci trouve aujourd'hui son prolongement. Nous sommes en effet sollicités par certaines équipes politiques des partis venus s'exprimer et qui souhaitent maintenant approfondir certains sujets. Incontestablement, cet événement est le marqueur d'un positionnement nouveau et reconnu de la FNAIM.
Idéalement, quelles réformes la fédération souhaiterait-elle voir porter ?
Nous attendons que soit proposée une réforme de la fiscalité du bailleur, en gommant les différences entre acquéreurs dans le neuf et l'ancien, ainsi qu'en créant un statut fiscal neutre entre loueurs en meublé et loueur à usage d'habitation principale. Nous souhaitons que le prochain gouvernement fixe un objectif de croissance du parc privé locatif, parce qu'il est l'instrument de la mobilité des Français. Le calendrier de la loi Climat et résilience doit également être revu et ajusté à la réalité de la capacité à faire et à aider. En parallèle, j'inciterais ce gouvernement à revoir toute la fiscalité locale, qui contient en germe des augmentations insupportables pour les Français. Nous demandons aussi à ce que l'on revienne sur l'encadrement des loyers et à ce que soient favorisées les aides massives à la rénovation.
Qu'en est-il de la commercialisation de VESTA ?
Celle-ci a repris avec d'importantes commandes. Nous souhaitons engager une action auprès du Gouvernement afin qu'il reconnaisse notre insigne. Emmanuelle Wargon me recevra prochainement à ce sujet. Les premières livraisons des nouvelles VESTA seront effectuées en mars, d'abord au profit des entreprises qui possédaient déjà l'ancienne version, puis à celles des nouvelles commandes que nous avons reçues. 2022 sera donc l'année de VESTA !
Photo | Jean-Marc Torrollion DR
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