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DIAGNOSTIC IMMOBILIER

Ce qui change au niveau du DPE

Pixabay

Activité suspendue pour les diagnostiqueurs qui réalisent plus de 1 000 DPE par an et nouvelle forme de calcul, favorable aux propriétaires : le diagnostic de performance énergétique fait peau neuve pour la rentrée.

Le Journal officiel a publié, le 28 juillet 2025, un arrêté dont l'objectif est de mieux repérer les diagnostiqueurs dont les pratiques semblent douteuses. Cette initiative fait partie d'un effort plus large du gouvernement pour rendre le diagnostic de performance énergétique (DPE) plus fiable, sachant que ce document est devenu essentiel dans la stratégie de rénovation énergétique des bâtiments. À partir du 1er octobre 2025, les diagnostiqueurs, qui réalisent plus de 1 000 DPE sur des maisons ou des appartements dans l'année, verront leur activité suspendue, sauf s'ils peuvent justifier valablement ce volume. Le ministère du Logement souligne que les professionnels concernés pourront présenter leurs arguments pour se défendre. À noter que cette limite ne s'applique pas aux DPE établis pour les immeubles collectifs.

La chasse aux abus

En juin dernier, le gouvernement avait déjà drastiquement renforcé les contrôles avec deux décrets : des contrôles plus poussés pour la certification, l'obligation d'avoir un QR code, un système automatique de l'ADEME pour repérer les tricheurs, et l'inscription des fraudeurs sur une liste noire en cas de sanction. « Cet arrêté du 28 juillet marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre du plan d'action pour restaurer la confiance dans le DPE », précise le ministère. L'objectif est de préserver la qualité des diagnostics, garantir la réalité des visites et restaurer la confiance des Français.

Nouvelle forme de calcul

Par ailleurs, à partir du 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) va évoluer. La réforme du DPE annoncée par le Premier ministre, François Bayrou, a pour objectif de corriger un biais défavorable aux logements chauffés à l'électricité. Résultat : pas moins de 850 000 logements étiquetés F ou G sortiront automatiquement de la catégorie des passoires thermiques, sans même avoir à réaliser des travaux. Selon les chiffres du gouvernement, environ 5,8 millions de logements sont actuellement considérés comme « passoires thermiques », en raison de leur DPE.

Ce changement devrait modifier significativement les équilibres du marché, alors que les biens classés F ou G se vendent en moyenne 15 % moins cher que ceux classés D, selon une étude de SeLoger.

Plus simplement, le calcul du DPE va être modifié au niveau du coefficient de conversion de l'électricité. Il va passer de 2,3 à 1,9, ce qui va donner un meilleur score énergétique aux logements chauffés à l'électricité. Sur le papier, leur consommation d'énergie primaire va donc baisser.

Cette décision du gouvernement s'explique par un souci de transparence : elle vise à mieux prendre en compte la réalité française, où l'électricité est majoritairement produite par le nucléaire, donc peu carbonée. À noter que le gaz naturel garde son coefficient de 1, ce qui reste plus avantageux.

Une autre excellente nouvelle pour les propriétaires : ils auront la possibilité d'actualiser gratuitement leur DPE existant directement sur le site de l'Ademe, sans devoir passer par un diagnostiqueur. Cette simplification pourrait leur faire gagner jusqu'à une lettre sur l'étiquette énergie de leur logement, ce qui est, clairement, un avantage quand on connait l'impact du DPE sur la valeur d'un logement ou pour sa mise en location.

D'après le gouvernement, près de 14% des logements actuellement classés F ou G pourraient voir leur note s'améliorer sans à avoir à réaliser des travaux. Cette révision permettra aussi de mieux orienter les aides comme MaPrimeRénov' vers les logements qui en ont vraiment besoin, notamment ceux qui sont très énergivores et dépendent encore des énergies fossiles.

Sans surprise, les professionnels de l'immobilier accueillent favorablement cette réforme, même si certains auraient souhaité qu'elle aille plus loin. « Il aurait dû descendre à 1,5 » explique Loïc Cantin, président de la Fnaim. Il regrette aussi l'effet d'attente : « On ne va pas vendre maintenant un appartement F ou louer un G alors qu'il pourrait changer d'étiquette au 1er janvier 2026. Cela risque de bloquer le marché immobilier d'ici là ».

Cette réforme va clairement changer la donne pour les agents immobiliers au quotidien. Ils vont devoir adapter leurs recommandations et leur accompagnement, que ce soit pour les vendeurs ou les acheteurs. Comme certains biens pourraient se revaloriser automatiquement, cela pourrait bien aider plusieurs situations dans un marché actuellement au ralenti. Certaines ventes, qui étaient en stand-by, pourraient ainsi se débloquer.

Photo | Pixabay

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