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Droit de jouissance du locataire : quels travaux sont autorisés dans le logement ?

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Dans le cadre d'une location, propriétaires et locataires disposent de droits, mais également d'obligations qui encadrent l'usage du logement. Si le propriétaire demeure titulaire du droit de propriété, il est tenu de respecter certaines obligations légales, notamment en matière de décence du logement et de jouissance paisible des lieux. De son côté, le locataire bénéficie d'un droit de jouissance qui lui permet d'utiliser librement le logement pendant toute la durée du bail, sous réserve de respecter les dispositions contractuelles et la réglementation en vigueur. Cette liberté d'usage soulève toutefois une question récurrente dans la gestion locative : jusqu'où le locataire peut-il aller lorsqu'il souhaite réaliser des travaux ou modifier son logement ? Quels aménagements peut-il effectuer librement et lesquels nécessitent l'accord préalable du propriétaire ? Éléments de réponse.

Travaux locatifs : les droits du locataire et les obligations du propriétaire

Le droit de jouissance permet au locataire d'occuper et d'utiliser librement le logement loué, sous réserve de respecter les clauses du bail et, le cas échéant, le règlement de copropriété. Le logement constituant son domicile, il peut notamment y vivre selon ses besoins, l'aménager et recevoir ou héberger les personnes de son choix. Cette liberté d'usage reste toutefois encadrée par la destination du bien prévue au contrat de location. Ainsi, le locataire peut effectuer sans autorisation préalable certains travaux légers d'aménagement ou de décoration, tels que repeindre les murs, poser du papier peint ou accrocher des tableaux. En revanche, toute transformation importante du logement nécessite l'accord préalable du propriétaire.

De son côté, le propriétaire assume les travaux qui lui incombent légalement, notamment ceux destinés à maintenir le logement en état, à assurer son entretien normal, à le rendre conforme aux critères de décence ou à améliorer sa performance énergétique. Sont également concernés certains travaux d'amélioration dans les parties communes ou privatives de l'immeuble, ainsi que l'entretien des toitures et façades végétalisées. Avant leur réalisation, le propriétaire doit informer le locataire de la nature des travaux, de leurs modalités, de leur date de début et de leur durée, notamment par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre. Le locataire doit alors permettre l'accès au logement pour leur préparation et leur exécution, à l'exception des week-ends et jours fériés. Lorsque les travaux se prolongent au-delà de 21 jours, une diminution proportionnelle du loyer peut s'appliquer.

Petits travaux locatifs : quels aménagements le locataire peut-il réaliser sans autorisation ?

Dans le cadre de son droit de jouissance, le locataire peut réaliser certains travaux légers d'aménagement ou de décoration sans solliciter l'accord préalable du propriétaire, dès lors qu'ils ne modifient pas substantiellement le logement. Il peut notamment installer des équipements facilement démontables, tels que des accessoires de salle de bains, un porte-serviettes, des patères ou des tringles à rideaux. Il peut également mettre en place des dispositifs de sécurité supplémentaires, comme une alarme sans fil, poser des étagères ou percer des trous pour fixer des meubles et des tableaux, à condition de les reboucher à son départ. Le remplacement d'une moquette ou la pose d'un parquet flottant peuvent également relever de ces aménagements, sous réserve de ne pas entraîner de transformation du bien. Dans ce cadre, le propriétaire ne peut, en principe, s'opposer à ces simples travaux d'embellissement ni exiger systématiquement une remise en état à la fin du bail.

La jurisprudence reconnaît par ailleurs au locataire une certaine liberté en matière de décoration. Celui-ci peut notamment repeindre les murs dans une couleur différente de celle d'origine, y compris dans des teintes plus marquées, dès lors que le changement ne constitue pas une transformation du logement. Cette liberté trouve toutefois sa limite lorsque les choix décoratifs sont susceptibles de compromettre la relocation du bien. Des couleurs particulièrement atypiques ou des aménagements pouvant être considérés comme excessifs peuvent ainsi justifier une demande de remise en état. Pour les professionnels de l'immobilier, l'enjeu consiste donc à distinguer clairement le simple embellissement, qui relève de la liberté d'usage du locataire, de la transformation du logement, qui peut nécessiter l'autorisation préalable du propriétaire.

Entretien du logement : quelles réparations locatives incombent au locataire ?

Au-delà de son droit de jouissance, le locataire assume également un certain nombre de responsabilités en matière d'entretien courant et de réparations locatives. Dans une maison avec extérieur, il lui appartient notamment d'assurer l'entretien régulier du jardin et des allées : tonte de la pelouse, désherbage et maintien des accès en bon état. Les portes et fenêtres doivent également faire l'objet d'un entretien courant afin de préserver leur bon fonctionnement. À l'intérieur du logement, le locataire doit veiller au bon état des murs, plafonds et revêtements de sol, ce qui peut inclure des retouches de peinture, l'entretien du parquet ou encore de petites réparations destinées à maintenir les lieux dans un état conforme à celui constaté lors de son entrée.

Les installations de plomberie et d'électricité relèvent également de son entretien courant, notamment pour les réparations mineures telles que le remplacement de joints ou de certains éléments défectueux. L'entretien annuel de la chaudière, lorsqu'il lui incombe, ainsi que la maintenance des équipements mis à sa disposition doivent également être assurés afin de garantir leur bon fonctionnement. Pour sécuriser la gestion locative, il est recommandé au locataire de conserver les factures et justificatifs relatifs aux opérations d'entretien réalisées et d'informer rapidement le propriétaire de toute dégradation, anomalie ou réparation effectuée dans le logement. Cette traçabilité permet notamment de faciliter le suivi de l'état du bien et de clarifier, en cas de besoin, la répartition des responsabilités entre les parties.

Le locataire bénéficie d'une liberté d'usage qui lui permet d'aménager son logement, dans les limites fixées par le bail et la réglementation. La distinction entre simple décoration, entretien courant et transformation du bien reste toutefois essentielle : certains travaux sont libres, tandis que d'autres nécessitent l'accord préalable du propriétaire.

Pour les professionnels de l'immobilier, une information claire et une bonne traçabilité des travaux permettent de prévenir les litiges et de préserver la valeur du bien. L'enjeu est donc de concilier le droit de jouissance du locataire avec la préservation du patrimoine du propriétaire.

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