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ETUDE

Étude CSTB : la domotique, un atout clé pour conjuguer économies d'énergie et confort thermique dans les maisons individuelles

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Le 10 octobre, une étude du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), menée pour le syndicat des industriels des solutions électriques et numériques du bâtiment (IGNES), a mis en lumière le rôle déterminant de la domotique dans la performance énergétique des logements. Selon ses conclusions, l'intégration de systèmes de pilotage connectés permet de réduire jusqu'à 30 % la consommation d'énergie dans les maisons individuelles, tout en diminuant de moitié les inconforts liés aux fortes chaleurs estivales. Une avancée technologique qui confirme le potentiel stratégique du bâtiment connecté dans la transition énergétique. Focus sur les résultats de l'étude et les limites de la domotique.

La domotique : moteur de la performance énergétique et du confort dans l'habitat individuel

Face à l'urgence de la sobriété énergétique et à l'essor des technologies connectées, l'Alliance des industriels des solutions électriques et numériques pour le bâtiment a mandaté le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) pour mener une étude inédite intitulée « Évaluation multicritère des solutions de pilotage connecté pour la maison individuelle ». L'objectif : quantifier l'impact annuel d'un système global de pilotage connecté sur la consommation énergétique, le confort thermique et les émissions de gaz à effet de serre dans les logements soumis aux exigences de la RE2020.

L'étude s'est concentrée sur cinq usages clés : chauffage, climatisation, eau chaude sanitaire, éclairage, ventilation et auxiliaires afin d'analyser les leviers d'optimisation possibles. Pas moins de 1 500 simulations numériques ont été réalisées sur un modèle de maison de plain-pied de 100 m² comprenant quatre pièces principales.

Les résultats de l'étude confirment que le pilotage connecté global permet de réduire jusqu'à 30 % la consommation énergétique d'un logement. D'après les projections d'IGNES, cette optimisation se traduirait par une économie annuelle estimée entre 470 et 770 euros pour une maison non isolée, et entre 250 et 320 euros pour une habitation conforme à la RT 2012.

L'étude met également en avant une baisse de l'inconfort estival pouvant atteindre 50 %, un résultat particulièrement significatif dans un contexte de multiplication et d'intensification des épisodes de fortes chaleurs, souligne le syndicat dans son communiqué.

Des gains énergétiques significatifs grâce au pilotage connecté

L'étude du CSTB, « Évaluation multicritère des solutions de pilotage connecté pour la maison individuelle », met en évidence le fort potentiel de la domotique dans la maîtrise énergétique des logements, qu'ils soient anciens ou récents. Selon les conclusions, un système global de pilotage connecté peut permettre jusqu'à 30 % d'économies d'énergie par an, en agissant sur plusieurs leviers de performance.

Ces dispositifs offrent une régulation fine et intelligente des usages : contrôle précis de la température pièce par pièce, programmation horaire du chauffage, ajustement automatique selon la présence des occupants, pilotage à distance, gestion optimisée de la production d'eau chaude sanitaire, ou encore ouverture et fermeture automatisées des volets roulants.

Par ailleurs, les bénéfices se confirment dans toutes les zones climatiques, avec des résultats particulièrement marqués en région chaude : dans une maison équipée d'un système de climatisation, les économies peuvent atteindre jusqu'à 35 %, notamment grâce à la coordination entre la gestion des volets roulants et la climatisation. Les volets connectés limitent la surchauffe et permettent au système de réguler automatiquement la température selon la présence ou l'absence des occupants.

Enfin, le poste chauffage ressort comme le plus porteur d'économies. La combinaison thermostats intelligents et volets roulants automatisés permet de réduire jusqu'à 38 % la consommation de chauffage, grâce à une régulation fine de la température ambiante, une gestion différenciée par pièce et une baisse automatique des consignes nocturnes.

Une réduction notable de l'inconfort estival

L'étude du CSTB révèle que le pilotage connecté des équipements, notamment des volets roulants, permet de réduire jusqu'à 50 % l'intensité des inconforts d'été. Un résultat significatif, quel que soit le niveau d'isolation du logement -ancien ou récent.

En agissant comme véritables boucliers thermiques, les protections solaires connectées limitent la pénétration du rayonnement solaire et freinent la montée en température des pièces. Grâce à une gestion automatique et intelligente des ouvertures et fermetures, le système ajuste les volets selon l'exposition au soleil, réduisant efficacement la sensation de chaleur intérieure.

Le document d'étude souligne également que d'autres dispositifs, tels que les stores ou brise-soleil orientables, offrent des performances comparables lorsqu'ils sont pilotés de manière automatisée. En période hivernale, ce pilotage intelligent contribue aussi à optimiser les apports solaires naturels et à réduire les besoins de chauffage. Seule nuance observée : la détection de présence pièce par pièce peut entraîner une brève sensation de fraîcheur (inférieure à 30 minutes), le temps que la température se réadapte à l'arrivée des occupants. Des bénéfices indéniables, mais encore des limites à surmonter pour une adoption pleinement efficace du pilotage connecté dans l'habitat individuel.

Les failles invisibles derrière le confort et l'efficacité

Si la domotique se révèle un levier efficace pour améliorer la performance énergétique et le confort des logements, elle n'est pas sans limites, tant sur le plan technique que sécuritaire. Parmi les principaux défis, les interférences entre appareils connectés restent préoccupantes. Plus un logement intègre de dispositifs communicants, plus le risque de perturbations augmente. Les signaux électriques peuvent alors altérer le fonctionnement des équipements, sauf à opter pour une configuration câblée, plus stable mais également plus coûteuse à mettre en œuvre.

La cybersécurité constitue un autre enjeu majeur. Selon une étude de l'éditeur Kaspersky, près de 38 % des ordinateurs pilotant des immeubles connectés ont été la cible de virus ou de malwares, sur un échantillon de plus de 40 000 bâtiments à l'échelle mondiale au premier semestre 2019. La centralisation de fonctions critiques - accès, ascenseurs, ventilation, électricité - multiplie les points d'entrée potentiels pour les cyberattaques.

De plus, un rapport plus récent de Kaspersky souligne que les cyberattaques sur les objets connectés ont doublé entre 2020 et 2021, un phénomène directement lié à la démocratisation de la domotique et à la prolifération des appareils connectés dans les foyers. Plus leur adoption est large, plus le risque pour les occupants et gestionnaires de bâtiments augmente.

Ces constats rappellent que la généralisation du pilotage connecté doit s'accompagner de protocoles de sécurité renforcés afin de protéger les occupants et les investissements des professionnels de l'immobilier.

L'étude CSTB pour IGNES confirme que la domotique représente un levier stratégique pour optimiser performance énergétique et confort dans les maisons individuelles. Mais l'efficacité ne peut se faire au détriment de la sécurité. Pour les professionnels de l'immobilier, l'enjeu est clair : adopter le pilotage connecté tout en intégrant des protocoles de cybersécurité renforcés, afin de protéger à la fois les habitants et les investissements. En résumé, la domotique ouvre des perspectives prometteuses, à condition que technologie et sécurité avancent de pair.

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