INNOVATION
Construire durablement : focus sur les briques écologiques innovantes
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Responsable de 40% des émissions mondiales de CO2, la construction doit se réinventer. Alors que les objectifs de décarbonation se durcissent, le béton, matériau roi du secteur, voit son empreinte carbone remise en question. Des briques écologiques innovantes émergent et dessinent les contours du bâtiment durable de demain. Tour d'horizon.
FabBRICK : quand les déchets textiles deviennent matériau de construction
La startup française FabBRICK réinvente le cycle de vie du textile en convertissant les rebuts de l'industrie en briques de construction haute performance. Face aux 4 millions de tonnes de textiles mis au rebut chaque année en Europe, cette jeune pousse propose une réponse concrète à la problématique des déchets.
Le principe ? Découper, compresser et lier les fibres textiles sans recourir à la moindre colle chimique. Cette technique permet d'obtenir un matériau 100% recyclable, au poids optimisé, qui se distingue par ses performances isolantes, tant thermiques qu'acoustiques. Déclinées en plusieurs textures et coloris, ces briques s'intègrent naturellement dans les projets d'aménagement intérieur : cloisons, isolation murale, ou encore structures sur ossature bois.
L'empreinte carbone réduite de ces briques textiles constitue un argument de poids pour les professionnels engagés dans une démarche bas carbone. Entièrement recyclables, elles s'inscrivent pleinement dans une logique d'économie circulaire, répondant aux exigences croissantes des projets de construction durable.
Sargablock : quand les algues invasives deviennent solution constructive
L'entreprise mexicaine Sargablock transforme un fléau écologique en opportunité industrielle. Les sargasses, algues brunes qui envahissent massivement les plages des Caraïbes, sont converties en blocs de construction biosourcés. Récoltées sur le littoral, elles sont séchées, broyées puis mélangées à un liant naturel pour créer un matériau entièrement recyclable.
La structure fine et fibreuse des algues confère aux blocs une bonne résistance naturelle à l'eau et aux insectes. La fabrication sans cuisson à haute température réduit drastiquement la consommation énergétique et garantit un bilan carbone quasi-neutre. Légers et maniables, ces blocs facilitent les opérations de maçonnerie tout en assurant une stabilité structurelle solide.
Avec des performances d'isolation thermique dans la moyenne et un coût maîtrisé, Sargablock propose une alternative crédible aux matériaux conventionnels. Sa recyclabilité totale répond aux exigences des projets bas carbone, tout en offrant une solution concrète à la prolifération des sargasses en zone tropicale.
Briques de mycélium : le champignon au service de la construction bas carbone
Le mycélium, réseau racinaire des champignons, s'affirme comme l'un des biomatériaux les plus avant-gardistes du secteur. Ces briques biodégradables naissent de l'association du mycélium avec des déchets agricoles. Le champignon décompose progressivement ces matières organiques, formant un matériau compact et résistant, entièrement naturel.
La fabrication repose sur l'inoculation de spores fongiques dans un substrat organique issu de résidus agricoles. Les filaments se développent naturellement, créant une structure dense qui est ensuite moulée puis séchée pour stopper la croissance. Ce procédé, peu énergivore et basé sur des ressources renouvelables, offre une réponse concrète aux enjeux de décarbonation du bâtiment.
Le matériau obtenu est léger, robuste, ignifuge et imperméable. Sa structure poreuse régule l'humidité intérieure et prévient les moisissures grâce à ses propriétés antifongiques naturelles. Avec une faible empreinte carbone, de bonnes performances d'isolation thermique et une recyclabilité totale, ces briques cochent tous les critères de la construction durable. Seul bémol : un coût de production encore élevé qui freine la massification, mais n'entame pas le potentiel de cette technologie biosourcée pour l'avenir du secteur.
Textiles recyclés, algues marines, mycélium : les alternatives au béton existent et fonctionnent. Si leur industrialisation reste à parfaire, leur potentiel de décarbonation est avéré. Pour les professionnels de l'immobilier, le temps de l'expérimentation est révolu. Place désormais à l'intégration concrète de ces matériaux dans une stratégie de construction durable assumée.
Photo | Canva pro
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