INNOVATION
Des logements sociaux imprimés en 3D

Un bâtiment résidentiel collectif de 12 appartements est bâti grâce à la technologique de l'impression sur site en 3D béton. Ce projet est le fruit d'une coopération internationale et tient compte de l'évolution de modes constructifs moins carbonés.
L'impression des bâtiments peut-il devenir un remède à la crise du logement en France ? Difficile d'en être certain à court terme. En revanche, la volonté d'innover afin d'industrialiser la construction est bien réelle. La preuve : ce secteur utilise l'impression 3D. Cette technique n'est pas une nouveauté. Mais cette fois, les murs ne sont pas livrés « tout faits » (à l'image des maisons), mais voient le jour directement sur le terrain.
Filiale du groupe Action Logement, Purial Novilia travaille sur ce projet de bâti à loyers encadrés, dans la commune de Bezammes, située dans la banlieue rémoise. Cette ville a pris énormément d'ampleur depuis l'implantation d'une gare TGV. Sur le chantier a pris place un portique amovible de 11 mètres de haut et 12 mètres de large. Il y a également « une tête d'impression » dont le rôle est d'imprimer tous les murs.
Cette technique d'impression 3D béton n'est pas une première en France. Pour rappel, cette technologique a déjà permis de créer une tour de bureaux près de Valenciennes, dans le nord de la France, ou de maisons déjà vendues par le même bailleur social à Reims. En revanche, cette fois les murs ne sont pas livrés « tout faits », comme pour les maisons. Ils sont réalisés directement sur le terrain. L'ambition finale est de donner un immeuble de 9 mètres de haut, allant du rez-de-chaussée au deuxième étage, avec 12 logements et 800 mètres carrés habitables au total. La livraison définitive est prévue pour le premier trimestre 2026.
Une coopération internationale
Le produit final sera scruté au-delà des frontières françaises, comme le veut la coopération internationale. Une technologie allemande et un portique danois (Cobod) font partie du casting et figurent aux côtés de l'architecte français (collectif Hobo) et d'une entreprise française (Demathieu Bard).
Tablette numérique en main, Chikazez Ugwu, ingénieur appliqué chez Peri 3D Construction, est l'un des deux ouvriers allemands qui supervisent le chantier. Son compatriote, Simon Wein, a le nez plongé dans son ordinateur portable. A côté, le portique est en mouvement, loin du cliché grue-truelle-coffrage. D'ailleurs, par rapport à un chantier classique, les nuisances sonores sont minimes.
Gain de temps de trois mois
Photo | Pixabay
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