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Canada : les investisseurs étrangers ne pourront plus acheter de logements jusqu'en 2027

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Cette mesure, déjà instaurée au début de l'année 2023, sera prolongée jusqu'au 1er janvier 2027. Elle a été mise en place afin de lutter contre la pénurie de logements et comporte certaines exceptions. Certains experts redoutent une mesure inefficace.

Imposée aux investisseurs étrangers depuis le début de l'année 2023, l'interdiction d'acheter des logements au Canada va être prolongée jusqu'au 1er janvier 2027. Cette mesure a été prise afin de faire face à la pénurie de maisons et d'appartements qui frappe le pays. Cette loi ne s'applique qu'aux résidences en villes et pas aux biens touristiques. Elles comportent des exceptions pour les résidents permanents, les réfugiés, certains étudiants internationaux et travailleurs temporaires.

Dans un communiqué publié le 4 février 2024, la vice-première ministre canadienne Chrystia Freeland a justifié cette décision de prolonger cette mesure jusqu'en 2027. « En prolongeant l'interdiction d'investissement étranger, nous veillerons à ce que les logements servent de domicile aux familles canadiennes et à ce qu'ils ne deviennent pas des actifs financiers spéculatifs », a-t-elle notamment indiqué. Selon certains médias canadiens, dont The Globe and Mail, cette décision « fait suite à l'annonce par Ottawa, il y a deux semaines, de la mise en place d'un plafond pour les étudiants internationaux autorisés à entrer au Canada, une autre tentative de freiner la crise du logement en limitant la demande de logements canadiens provenant de l'extérieur des frontières du pays ».

Une décision efficace ?

En 2023, le gouvernement libéral, dirigé par Justin Trudeau, avait pris cette décision car il reprochait aux investisseurs étrangers d'avoir tiré les prix vers le haut durant des années, notamment au sein des grands centres urbains. Néanmoins, de nombreux experts estiment que cette interdiction n4aurait pas l'effet souhaité, à savoir rendre les logements plus abordables. En effet, selon l'agence fédérale de statistiques du pays, ces acheteurs étrangers ne représentaient qu'entre 2% et 7% des propriétaires de logements au Canada en 2021. Le président de la société immobilière RE/MAX Canada, Christopher Alexander, se veut plus précis et indique que les acheteurs étrangers ne représentent que 4 % de toutes les transactions immobilières dans le pays. cela rend leur effet peu significatif sur l'accessibilité aux logements. Benoit Ste-Marie, qui était, jusqu'en janvier 2024, le directeur général de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, affirme pour sa part que l'interdiction visait au départ les Chinois qui avaient une approche spéculative, mais qu'elle a fini par toucher différents profils d'immigrants cherchant à se loger : « bloquer l'achat accentue la pression sur le [marché] locatif ». Ces experts estiment qu'il est plutôt nécessaire de construire davantage de logements afin de répondre à cette demande.

Faible offre locative

En parallèle, la demande de logements locatifs a de nouveau largement dépassé l'offre au cours de l'année 2023. En effet, le nombre d'appartements disponibles, destinés à la location, n'a jamais été aussi faible depuis 1988, selon le dernier rapport de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). Cette statistique a fait considérablement augmenter les loyers. Sur ce sujet, le gouvernement de Justin Trudeau a été vivement critiqué par l'opposition. Le pouvoir avait donc multiplié ces derniers mois les annonces, et ambitionnent de joindre les actes à la parole. En effet, il a prévu d'affecter des milliards de dollars à la construction de nouveaux logements, ainsi qu'à la réaffectation de terrains fédéraux pour la construction d'appartements.

Mi-janvier 2024, le Canada a notamment annoncé la mise en place d'un plafond sur les visas pour les étudiants étrangers dont le nombre a considérablement flambé ces dernières années, ce qui, selon le gouvernement, a accentué la crise du logement.

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