MARCHÉ
Réseau Emile Garcin : « Nous reprenons notre vitesse de croisière »

Spécialisé dans l'immobilier de prestige, le réseau Emile Garcin affiche un repli de ses transactions de 20 %. Un retour à la normale après les années fastes de 2021 et 2022, qui ne l'empêche pas d'ambitionner l'ouverture de nouvelles agences en France et à l'international. Rencontre avec Nathalie Garcin, sa présidente.
À la fin 2023, dans un marché en crise, comment se porte l'immobilier de luxe ?
Après une année 2022 d'après-covid exceptionnelle, 2023 a montré un marché de l'immobilier de luxe légèrement plus compliqué. Il reste cependant très équilibré et favorable, les biens remarquables et sortant de l'ordinaire trouvant toujours un amateur français ou étranger. D'ailleurs, la comparaison avec le marché de la transaction classique me paraît difficile. Les problématiques ne sont pas tout à fait les mêmes, car nos clients ne sont pas confrontés à la contrainte de crédits auprès des banques.
Et pour le réseau Emile Garcin, quel bilan faites-vous de l'année 2023 ?
L'année a été un peu plus tendue qu'en 2021 et 2022 - deux millésimes exceptionnels. Comme toutes les agences avec beaucoup d'activités, nous manquons en effet de biens à vendre. Mais notre bilan reste positif. C'est un retour à la normalité, nous reprenons une vitesse de croisière. Nous avons ainsi réalisé un meilleur chiffre qu'en 2020 avec une augmentation de 20 %, pour 221 transactions. 70 % d'entre elles concernaient des biens jusqu'à 3 millions d'euros, 20 % des biens allant de 3 à 5 millions, et 10 % des biens dépassant les 5 millions... Notre plus belle vente annuelle, dans les Alpilles, a d'ailleurs atteint 27 millions d'euros.
Le profil des acquéreurs a-t-il évolué et vers quels territoires se tournent-ils ?
Leur profil n'a pas réellement évolué depuis le Covid. Comme nous l'avions observé à partir de cette période, l'envie pour les acquéreurs de s'installer dans les grandes villes a diminué au profit de la province et du milieu rural. Les Français sont devenus à nouveau les principaux acheteurs, et c'est une très bonne nouvelle. Les 30 % d'étrangers qui représentent notre clientèle sont majoritairement américains, suivis par les Suisses, les Belges et les Britanniques. Pour les premiers, s'ils ont de l'argent, la France reste un pays rêvé. Ils achètent aussi bien un pied-à-terre à Paris pour revenir lorsqu'ils le souhaitent, que des belles propriétés partout en France. Ils ont cependant une préférence marquée pour le Sud : Côte d'Azur, Alpilles, Luberon... La Bretagne les attire moins, contrairement à notre clientèle française qui est très en demande pour ce territoire. En cause, le réchauffement climatique. Mais sur cette région comme ailleurs, les biens remarquables sont tout aussi difficiles à trouver. Dans tous les cas, quelle que soit la région, la préférence est marquée sur l'ancien et les belles pierres.
Justement, vous êtes réputés pour proposer des biens d'exception. Comment réussissez-vous à faire votre sélection ?
Un bien d'exception, c'est un bien sans défaut : situation privilégiée, authenticité, qualité architecturale, charme et prix en accord avec le marché. Son état n'est pas rédhibitoire, certains clients adorant faire des travaux. Pour nous le critère principal, c'est l'environnement : l'éloignement - voire même l'absence de proximité avec une ville - n'est pas un problème, car certains acquéreurs sont dans cette attente... Mais le bien ne doit surtout pas être situé près d'une route, d'une ligne de chemin de fer ou d'un aéroport. Nous ne retenons pas les biens s'il y a des nuisances de bruits ou de vue. En se tournant vers nous, nos clients savent que nous leur proposerons des biens qui leur correspondent, car nous sommes très scrupuleux dans notre sélection.
Quelles sont vos perspectives pour 2024 ?
Le rythme des ouvertures va se poursuivre au printemps prochain, avec une nouvelle agence à Paris, dans le jardin du Palais Royal, dans le 1er arrondissement. Il s'agira de notre cinquième implantation sur Paris et Neuilly. Ces ouvertures répondent aux demandes de nos clients et à des territoires que nous souhaitons couvrir.
Comptez-vous recruter ?
Notre réseau compte actuellement 140 collaborateurs, et oui, nous souhaitons recruter, notamment sur Bordeaux, Megève, Uzès et Mougins. Nous recherchons des profils de professionnels ayant un grand sens de l'écoute et de la rencontre, prêts à se mettre au service d'une clientèle exigeante. Ils doivent être pointus d'un point de vue juridique, prêts à intégrer nos codes, notre façon de travailler. Ils doivent également très bien connaître leur région, le marché et les prix. Chez nous, ils entreront dans un groupe familial : nous disposons en effet d'une centaine de bureaux, non franchisés. C'est ce qui fait notre particularité au sein du paysage immobilier français : nous travaillons tous ensemble, en partageant notre fichier commun et en nous envoyant des clients partout en France. Avec nous, un agent ne travaille pas seulement dans une agence locale, mais aussi partout en France et à l'étranger.
Sur le segment de l'immobilier de luxe en France, votre groupe est en effet le seul à être développé en propre. Le développement d'une franchise ne vous tente toujours pas ?
Absolument pas ! Ce n'est pas la même posture, pas la même conception du travail. En franchise, chacun travaille de manière indépendante, comme il l'entend dès lors qu'il réalise un chiffre. Chez nous, l'ouverture d'une nouvelle agence prend du temps, mais bénéficie de la force de tout le réseau.
Avez-vous de nouvelles ambitions à l'international ?
Nous sommes déjà implantés à Bruxelles, à Genève, ou encore à Marrakech. Cela marche très bien. Pour demain, je rêve d'ouvrir à Londres, qui représente un très gros marché, ainsi qu'à New York... Mais je n'ai pas encore rencontré les bons professionnels !
Photo | DR
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