Logo Expression

MARCHÉ

Bilan immobilier ancien : évolution des ventes, prix et perspectives du marché au premier semestre

Canva Pro

Le 1er juillet dernier, le réseau d'agences Laforêt publiait son bilan du marché de l'immobilier ancien pour le premier semestre 2026. Un semestre contrasté : après une reprise amorcée en début d'année, le marché a connu un ralentissement, marqué par le retour d'un certain attentisme chez les acquéreurs. Retour sur les grandes tendances de ce premier semestre : évolution des ventes, des prix et perspectives pour la suite de l'année.

Immobilier ancien : un début d'année 2026 sous le signe de la reprise

Selon le dernier bilan du réseau d'agences Laforêt, le premier semestre 2026 s'ouvre sur une note résolument positive, portée par une reprise bien engagée dès les premiers mois de l'année. Au premier trimestre, le réseau enregistre une hausse de 4 % du nombre d'acquéreurs et de 2 % des transactions, tandis que les prix progressent modérément de 0,5 % au niveau national. Le délai de vente moyen s'allonge légèrement, à 103 jours (+5 jours en trois mois), et la marge de négociation remonte à 5,1 % (+0,6 point), des indicateurs qui traduisent un marché plus fluide, où les équilibres entre vendeurs et acquéreurs restent toutefois à consolider. Du côté du crédit, les taux d'emprunt s'établissent à 3,25 % en début d'année, contre 3,05 % à l'été 2025. Cette dynamique se confirme à l'échelle territoriale : la demande progresse de 4 % au national par rapport à décembre 2025, avec Paris en tête (+6 %), devant l'Île-de-France (+4 %) et les régions (+3 %), tandis que l'offre de biens à vendre bondit de 9 % en trois mois, portée notamment par les appartements (+11 %) davantage que par les maisons (+6 %).

Côté prix, les évolutions restent contenues et contrastées selon les territoires : Paris enregistre +0,7 % à 9 707 €/m² (onze arrondissements dépassent désormais les 10 000 €/m², centre et ouest parisien en tête), les régions progressent de 0,9 % à 2 494 €/m², tandis que l'Île-de-France recule légèrement (-0,4 % à 3 965 €/m²). Au niveau des villes, les trajectoires divergent fortement : Biarritz (+1,9 %, 8 277 €/m²), Bordeaux (+1,3 %, 4 681 €/m²) et Lille (+1,1 %, 3 385 €/m²) tirent leur épingle du jeu, quand Brest (-1,4 %, 2 342 €/m²), Strasbourg (-1,2 %, 3 506 €/m²) et Marseille (-0,7 %, 3 818 €/m²) affichent des replis plus marqués. Cette modération générale s'explique par plusieurs facteurs conjoncturels : des conditions météorologiques exceptionnelles en janvier et février, aggravées par des catastrophes naturelles dans plusieurs départements, une légère remontée des taux d'emprunt (de 3,05 % à 3,25 %), ainsi qu'un contexte international incertain (hausse du coût de l'énergie, tensions géopolitiques) qui continue d'alimenter une certaine prudence chez les acteurs du marché.

Le retour de l'attentisme freine la dynamique du premier semestre 2026

Si le début d'année s'était ouvert sur une note encourageante, Laforêt constate un retournement rapide de tendance : le premier semestre 2026 est marqué par un net retour de l'attentisme. La demande recule de 3 % au niveau national par rapport au premier semestre 2025, un repli qui masque une réalité à deux vitesses, entre des ménages déjà engagés qui poursuivent leurs acquisitions et des porteurs de projets moins urgents préférant temporiser dans l'attente de davantage de visibilité économique. Ce recul touche particulièrement les régions (-4,6 %), tandis que Paris (+1,7 %) et l'Île-de-France hors capitale (+1,1 %) résistent mieux. Les appartements conservent une attractivité quasi stable (+0,6 %), quand la demande pour les maisons chute de 4,7 %. Cette prudence se traduit mécaniquement sur les volumes : les transactions reculent de 2,3 % sur un an, avec un repli marqué à Paris (-4,7 %) et dans les régions (-1,6 %), tandis que l'Île-de-France limite la casse (+0,4 %). Là encore, les maisons enregistrent le recul le plus net (-2,3 %) face aux appartements (-0,7 %). Le profil des acheteurs évolue en parallèle : les secondo-accédants s'imposent désormais comme les principaux moteurs du marché, avec 52 % des transactions, tandis que les primo-accédants reculent à 32 % et que les investisseurs, à seulement 16 % des ventes, atteignent un niveau historiquement bas.

À l'inverse, l'offre poursuit sa progression, portée par le retour des vendeurs sur le marché : elle augmente de 8 % au niveau national, dans la continuité de la dynamique amorcée en début d'année, avec des disparités marquées entre Paris (+13,5 %), les régions (+9,4 %) et l'Île-de-France, plus en retrait (+3 %). Cette hausse profite avant tout aux appartements (+13,3 %), quand l'offre de maisons ne progresse que de 4,5 %, les propriétaires non contraints de vendre semblant privilégier la conservation de leur bien plutôt que sa remise sur le marché. Côté prix, la tendance s'infléchit légèrement : le prix moyen s'établit à 3 294 €/m², en recul de 1,8 % sur un an au niveau national, avec des situations contrastées selon les territoires - Paris (-0,5 % à 9 559 €/m²), l'Île-de-France en repli plus marqué (-3,2 % à 3 842 €/m²), et des régions globalement stables (2 489 €/m²). Signe de cette évolution, neuf arrondissements parisiens affichent désormais un prix moyen inférieur au seuil symbolique des 10 000 €/m², tandis que Dijon et Toulouse conservent des prix stables, confirmant que les dynamiques locales continuent de primer sur la tendance nationale. Enfin, les délais de vente s'allongent, atteignant désormais 101 jours en moyenne au niveau national, soit cinq jours de plus qu'au premier semestre 2025.

Quelles perspectives pour le second semestre 2026 ?

Si le premier trimestre avait confirmé un redressement prudent du marché, porté par des acquéreurs motivés, des vendeurs mobilisés et des taux encore contenus, c'est bien le contexte global qui vient aujourd'hui peser sur la confiance des ménages : hausse du coût de la vie, incertitudes économiques et tensions géopolitiques s'invitent dans les arbitrages. Pour autant, les fondamentaux du marché restent solides sur l'ensemble du premier semestre : l'offre progresse, les vendeurs demeurent présents et les projets continuent, pour la plupart, de se concrétiser. C'est moins la capacité du marché à fonctionner qui est en cause que la confiance des ménages, qui fait défaut au point de différer certains projets, sans pour autant les faire disparaître.

« Le deuxième trimestre 2026 a marqué une cassure. Pas une nouvelle crise, mais une interruption nette d'une dynamique qui se reconstruisait depuis plus de dix-huit mois », analyse Yann Jéhanno, président de Laforêt. Dans ce contexte, le second semestre 2026 s'annonce comme une période charnière, dont la trajectoire dépendra étroitement de l'évolution du contexte économique et géopolitique. La solidité du marché n'est pas en cause, ses moteurs structurels restent intacts. C'est le retour de la confiance des acquéreurs qui déterminera la fin de l'attentisme actuel.

Le premier semestre 2026 illustre ainsi un marché de l'immobilier ancien à la croisée des chemins. Après un redémarrage encourageant, le retour des incertitudes économiques et géopolitiques a rapidement freiné la dynamique, sans remettre en cause les fondamentaux du secteur. Dans un contexte où l'offre demeure soutenue et où les écarts territoriaux continuent de se creuser, les prochains mois seront déterminants pour mesurer la capacité du marché à retrouver un rythme plus soutenu. Plus que les conditions de financement ou les niveaux de prix, c'est désormais l'évolution de la confiance des ménages qui devrait orienter les décisions d'achat et façonner la trajectoire du marché d'ici à la fin de l'année.

Photo | Canva Pro

© 2026 DEVALENSE MEDIAS, Toute reproduction même partielle est strictement interdite

#Immobilier ancien

#Marché

#Bilan

Partagez :

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée