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État du marché de l'immobilier de luxe : du ralentissement au redémarrage

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Malgré un environnement économique instable - entre incertitudes politiques, tensions géopolitiques et inflation persistante - le marché de l'immobilier de luxe en France fait preuve d'une résilience remarquable. C'est ce qu'a expliqué Richard Tzipine, directeur général de Barnes, lors de son intervention en mars 2025 dans le podcast MySweetImmo, animé par Ariane Artinian. Entre ralentissement brutal et signes clairs de reprise, il revient sur les grandes tendances qui ont marqué ce segment haut de gamme

Le marché de l'immobilier haut de gamme à l'épreuve des crises

Selon Sotheby's International Realty France-Monaco, le marché français de l'immobilier de luxe a enregistré en 2024 un volume de ventes avoisinant 1,4 milliard d'euros, ce qui représente une baisse modérée de 7 % par rapport à l'année précédente.

Une performance qui reste honorable, d'autant plus remarquable dans un contexte où le marché immobilier global a connu un recul bien plus sévère, avec des baisses atteignant jusqu'à 17 % selon les estimations.

Chez Barnes, la tendance a été encore plus marquée en 2023, avec un recul de l'activité de 23 %. À l'échelle parisienne, les notaires ont observé en 2024 une chute de l'ordre de 50 % du volume de transactions. Richard Tzipine, directeur général de Barnes, attribue cette contraction à une chute du pouvoir d'achat, conséquence directe de la baisse de capacité d'emprunt des acquéreurs. « Le pouvoir d'achat lié à la baisse de la capacité d'emprunt fait que tous les projets se sont arrêtés ou ont été revus à la baisse. »
Selon lui, le marché immobilier haut de gamme a traversé sa plus longue crise depuis trois décennies. Après une année 2022 « exceptionnelle », qualifiée de record historique, le retournement a été soudain et brutal. « Cette explosion des taux d'intérêt : en quelques mois, ils sont passés de moins de 1 % à plus de 4 %. Et effectivement, cela a gelé le marché, gelé les ventes. Les acheteurs n'avaient plus les mêmes moyens. » explique le directeur général de Barnes.

Cette hausse rapide et marquée des taux d'intérêt a agi comme un choc pour l'ensemble du secteur, figé par l'incertitude et le repli de la demande. Elle a bouleversé les équilibres entre vendeurs et acquéreurs, freinant fortement l'activité sur le segment du luxe comme sur l'ensemble du marché.

Une reprise progressive entamée fin 2024

Malgré ce contexte morose, la fin de l'année 2024 marque un tournant. « Nous avons vécu une relance depuis le mois d'octobre », affirme le directeur général de Barnes.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
+14 % d'activité en octobre,
+18 % en novembre,
+55 % en décembre.
Selon lui, deux facteurs expliquent ce regain :
1. La baisse des taux d'intérêt, qui sont repassés autour de 3 %,
2. La baisse des prix, estimée à environ 10 % sur un an et demi.
Ce double ajustement a permis de redonner du pouvoir d'achat aux acquéreurs, tout en rééquilibrant le rapport entre acheteurs et vendeurs. « Les vendeurs acceptent de baisser les prix parce qu'ils ont compris que s'ils restent à des prix trop élevés, ils ne vendront pas et les acheteurs acceptent progressivement d'arrêter de faire des offres à la casse et ils se positionnent de façon raisonnable aussi. », observe-t-il.

Des secteurs qui résistent à la crise

Certaines zones ont particulièrement bien traversé la tempête. Richard Tzipine cite notamment Saint-Germain-en-Laye, en région parisienne, comme un cas emblématique :< br /> « Vous avez Saint-Germain-en-Laye, qui est une ville en région parisienne, (...) qui cumule beaucoup de qualité, beaucoup d'avantages (...) vous ne dépendez pas de Paris, vous avez tout sur place. » Il souligne que la forte demande à Saint-Germain-en-Laye et dans les villes voisines a permis à Barnes de doubler son activité dans cette zone en 2024.
Autres valeurs sûres :
- Neuilly-sur-Seine, où les prix n'ont quasiment pas baissé,
- Le centre de Paris, notamment les 1er, 6e, 7e arrondissements, la Rive gauche et le Marais, qui conservent un attrait fort auprès d'une clientèle internationale grâce à leur charme et leur prestige.

Une vision optimiste pour les mois à venir

Pour Richard Tzipine, l'horizon du marché se dégage, à condition que certains équilibres soient maintenus : « Si la stabilisation acquise à l'arrache se maintient dans les mois qui viennent, je reste très positif. (...) si le taux d'intérêt reste à ce niveau-là, je pense qu'on peut être très positif pour les mois qui viennent ».

Le marché semble notamment soutenu par le retour progressif des investisseurs les plus fortunés, les Ultra High Net Worth Individuals (UHNWI), toujours attachés à l'immobilier de prestige français.

Malgré les turbulences économiques, sociales et géopolitiques à l'échelle mondiale, le marché de l'immobilier haut de gamme continue de faire preuve d'une remarquable résilience. Solide face aux crises, il reste debout, fidèle à son statut de valeur refuge, et démontre une capacité à traverser les épreuves sans perdre son attractivité.

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