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Immobilier à la montagne : ce que les experts révèlent sur les tendances et volumes

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Segment premium du marché résidentiel, l'immobilier de montagne affiche une santé remarquable, à contre-courant des tensions qui pèsent sur l'immobilier traditionnel. Porté par une demande soutenue, aussi bien nationale qu'internationale, ce marché continue d'attirer investisseurs, exploitants et acquéreurs patrimoniaux en quête de valeur refuge et de rendement locatif. Les professionnels du secteur s'accordent : les fondamentaux demeurent solides et les perspectives restent favorables à moyen et long terme. Entre rareté foncière, attractivité touristique renforcée et montée en gamme des stations, l'immobilier alpin confirme sa résilience face aux crises structurelles qui fragilisent d'autres segments. Décryptage des dynamiques à l'œuvre et des facteurs qui soutiennent durablement ce marché d'altitude.

Une demande soutenue et des prix orientés à la hausse dans les stations premium

La France compte près de 370 stations de ski, dont plus de la moitié sont concentrées dans les Alpes, confirmant le rôle central de ce massif dans l'économie immobilière d'altitude. Sur ce marché, l'offre se répartit de manière équilibrée entre appartements (52 %) et maisons ou chalets (48 %). La demande, en revanche, marque une préférence plus nette pour les appartements, qui concentrent 56 % des recherches, contre 44 % pour les biens individuels.

Invités en janvier sur le plateau des Experts de l'Immo sur BFM Business, Régis Sébille, responsable des analyses chez Bien'ici, et Charles-Antoine Sialelli, Directeur Alpes chez Athena Advisers, ont dressé un état des lieux précis des dynamiques à l'œuvre.

« On observe une progression tangible de la demande, qui se traduit très clairement dans les volumes de recherches », souligne Régis Sébille. Sur un an, celles-ci affichent une hausse globale de 15 %, signe d'un intérêt renouvelé pour l'immobilier de montagne. Dans le détail, les équilibres territoriaux confirment la domination des Alpes du Nord, qui concentrent 50 % de l'offre nationale et 41 % de la demande, avec une progression annuelle des prix de +1 % et un prix moyen de 5 731 €/m².

Les Alpes du Sud représentent 14 % de l'offre et 20 % de la demande, avec une hausse de +2 % sur un an (3 676 €/m² en moyenne).

Les autres massifs affichent des dynamiques plus contrastées :

- Jura : 8 % de l'offre, 7 % de la demande, -2 % sur un an (2 856 €/m²).
- Massif central : 7 % de l'offre, 8 % de la demande, +3 % (1 365 €/m²).
- Pyrénées : 16 % de l'offre, 19 % de la demande (2 153 €/m²).
- Vosges : 5 % de l'offre et de la demande, +3 % (2 023 €/m²).

Globalement, les prix en montagne progressent d'environ 1 % sur un an. Depuis 2019, la hausse cumulée atteint près de 1 000 €/m², contre 600 à 700 €/m² à l'échelle nationale, confirmant la surperformance du segment.

Des écarts de valorisation marqués selon le positionnement des stations

Selon le responsable des analyses chez Bien'ici, la saison hivernale reste un puissant catalyseur. En décembre, période stratégique marquée par la fréquentation touristique, les recherches ont fortement accéléré, notamment sur les grands domaines alpins tels que Les Trois Vallées et Paradiski.

Ces destinations à forte dimension familiale, où les prix moyens dépassent 5 000 €/m², ont enregistré une progression de plus de 50 % des recherches par rapport à décembre de l'année précédente, illustrant l'effet d'entraînement des séjours sur les projets d'acquisition.

Selon les données d'Athena Advisers, les stations les plus prestigieuses des Alpes françaises continuent d'afficher des niveaux de prix records :

- Val d'Isère : de 10 000 € à 50 000 €/m²
- Courchevel : de 11 000 € à 30 00050 000 €/m²
- Méribel : de 10 000 € à 45 000 €/m²
À l'inverse, certaines stations d'altitude offrent des points d'entrée plus accessibles :

- Alpe d'Huez : 7 365 €/m² en moyenne
- Les Deux Alpes : 5 362 €/m²
En moyenne altitude :

- Morzine : 8 113 €/m²
- Châtel : 5 530 €/m²
Enfin, les marchés matures et historiques conservent une forte valeur patrimoniale :

- Megève : entre 9 000 € et 22 000 €/m²
- Chamonix : 9 485 €/m² en moyenne

Mais quels sont précisément les facteurs qui expliquent cette résilience durable de l'immobilier de montagne, malgré les cycles et les tensions qui affectent le marché résidentiel traditionnel ?

Résilience du marché de montagne : rareté de l'offre, poids des résidences secondaires et ancrage culturel fort

Si l'immobilier de montagne continue d'afficher des fondamentaux solides, c'est d'abord en raison d'un déséquilibre structurel entre l'offre et la demande. « On a moins d'offres, beaucoup de demandes et un attrait qui reste très fort. On est sur du prestige, de la qualité, sur le caractère exceptionnel de pouvoir séjourner dans une station remarquable », analyse Régis Sébille, responsable des études chez Bien'ici.

Cette tension structurelle s'inscrit dans un marché très spécifique, largement dominé par la résidence secondaire. En station, près de 60 % du parc est constitué de résidences secondaires, contre environ 10 % à l'échelle nationale. Cette particularité influe directement sur les cycles de détention, la saisonnalité de la demande et la faible rotation des biens, contribuant mécaniquement à la rareté de l'offre.

Autre pilier de la solidité du marché : l'immobilier géré. Positionné comme un placement de long terme, il répond à une logique patrimoniale assumée. « C'est une véritable valeur refuge », souligne Régis Sébille. Dans un environnement économique incertain, la pierre en station conserve ainsi une image sécurisante, adossée à des actifs tangibles et à forte dimension expérientielle.
Charles-Antoine Sialelli, Directeur Alpes chez Athena Advisers, met également en avant un facteur plus immatériel mais déterminant : l'ancrage culturel de la montagne. « Il y a un aspect culturel encore très fort. En hiver, entre décembre et février, les Français comme nos voisins européens Britanniques, Belges, Néerlandais ou Suisses partent skier. » Cette récurrence des flux touristiques alimente un vivier constant d'acquéreurs potentiels, qu'il s'agisse d'un usage personnel ou d'un investissement locatif.

Enfin, le segment du neuf demeure particulièrement dynamique, porté par des programmes premium intégrant performance énergétique, services para-hôteliers et prestations haut de gamme. Dans un contexte de raréfaction du foncier et d'exigence accrue en matière de qualité, ces opérations soutiennent les valeurs et renforcent l'attractivité globale des stations.

Entre rareté structurelle, prédominance des résidences secondaires, dimension patrimoniale et attachement culturel à la pratique du ski, l'immobilier de montagne bénéficie ainsi de moteurs puissants qui expliquent sa capacité à traverser les cycles avec une remarquable stabilité.

En définitive, l'immobilier de montagne a démontré une stabilité remarquable tant du côté de l'offre que de la demande - une dynamique que les professionnels anticipent solide et durable pour l'exercice en cours. Reste à savoir si cette résilience continuera de faire figure d'exception dans un paysage immobilier encore marqué par l'incertitude.

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