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Immobilier ancien : le marché repart dans l'ensemble des régions au premier semestre

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Après deux années de recul, le marché de l'immobilier ancien amorce un net redressement. Selon les dernières données du Réseau CENTURY 21, le volume de transactions a progressé de +11,4 % au premier semestre 2025 par rapport à la même période en 2024. Cette reprise s'appuie sur un environnement financier redevenu porteur : la baisse continue des taux de crédit, favorisée par sept assouplissements successifs de la BCE en un an, a permis une stabilisation des taux depuis mai. À cela s'ajoute un ralentissement de l'inflation et une politique monétaire plus souple. Décryptage des moteurs de cette reprise et des tendances émergentes sur le terrain.

Une reprise portée par un contexte économique plus favorable

La reprise du marché immobilier ancien s'appuie sur un environnement économique nettement plus propice. L'inflation, stabilisée autour de 0,7 %, et les sept baisses successives des taux directeurs de la Banque centrale européenne depuis juin 2024 ont permis un assouplissement des conditions de crédit.

Fin juin 2025, les taux des emprunts immobiliers sur 20 ans s'établissent en moyenne à 3,11 %, redonnant du pouvoir d'achat aux ménages, longtemps pénalisés par la hausse des taux.

Cette détente des taux s'accompagne d'un ajustement des prix. S'ils restent globalement stables au premier trimestre 2025, ils affichent une baisse de 8 % à 14 % par rapport à leur point haut, selon les zones. Ce double effet, baisse des taux et correction des prix, crée les conditions d'un redémarrage du marché.

Autre facteur déclencheur : la hausse des droits d'enregistrement dans cinq départements d'Île-de-France au 1er avril 2025. Selon les Notaires du Grand Paris, cette mesure a incité de nombreux acquéreurs à avancer leur projet pour bénéficier encore du taux de 4,5 % avant son passage à 5 %.

Après une longue période d'attentisme, les notaires observent également un véritable retour des ménages sur le marché. Une dynamique qui s'inscrit dans un mouvement plus large de réactivation de la demande.

Les prix repartent à la hausse en France

Selon les dernières données publiées par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les prix des logements anciens en France (hors Mayotte) repartent à la hausse au premier trimestre 2025. Ils enregistrent une progression de +1,0 % sur trois mois (données provisoires corrigés des variations saisonnières), après deux trimestres quasi stables (+0,1 % au T4 2024 et 0,1 % au T3 2024).

Sur un an, la tendance s'inverse également : après six trimestres consécutifs de repli, les prix affichent une hausse annuelle de +0,5 %, contre 2,1 % fin 2024 et 3,9 % au trimestre précédent. Le redressement touche à la fois les appartements (+0,7 %) et les maisons (+0,3 %), bien que dans des proportions variables.

Ce léger rebond des prix marque un tournant symbolique dans le marché de l'ancien. Après une longue phase de correction, le retour à une dynamique positive, même modérée, peut être interprété comme un signal de confiance retrouvé, tant de la part des acheteurs que des vendeurs. Ce mouvement reste mesuré, mais il témoigne d'une sortie progressive de la crise de l'immobilier ancien.

Une reprise contrastée selon les territoires

Cette reprise nationale cache de fortes disparités régionales. Certaines zones profitent pleinement de la dynamique actuelle, tandis que d'autres peinent à suivre le mouvement.

Paris : la progression des prix se confirment

À Paris, le volume des ventes a augmenté de +6,5 % sur un an (Century 21). Le prix moyen au m² dépasse à nouveau les 9500€ (+1,6 %), un niveau inédit depuis 2020. Entre janvier et juin 2025, la capitale a vu ses prix grimper de 1,4 %, après une baisse de 0,2 % l'an dernier à la même période.
Île-de-France : une dynamique solide, avec de fortes disparités

En région, les volumes immobiliers progressent fortement : +16,5% pour les appartements et +14,6% pour les maisons (Century21). Les ventes d'appartements bondissent dans les Hauts-de-Seine (+31,6%) et la Seine-et-Marne (+26,8%), tandis que la Seine-Saint-Denis accuse un recul de 0,6%.

Le prix moyen au m² s'élève à 4539€ pour les appartements (+3,1%) et à 4361€ pour les maisons (2,6%). Les Hauts-de-Seine restent le département le plus cher, avec 6902€ le m² pour les appartements et 6094€ pour les maisons. On observe également un reflux de la part des investisseurs, tombée à 20,4% des transactions (6,4%).
Une reprise homogène sur l'ensemble des régions

Au premier semestre 2025, toutes les régions françaises enregistrent une hausse des volumes : Pays de la Loire (+19,4%), Nouvelle-Aquitaine (+19,2%) ou Centre ValdeLoire (+17,3%). D'autres régions affichent aussi des hausses fortes : Bourgogne Franche Comté (+15,4%), Hauts de France (+13,2%), PACA (+12,7%) ou Auvergne Rhône Alpes (+9,7%). En revanche, les plus modestes progressions sont observées dans le GrandEst (+2,5%), la Normandie (+3%), la Bretagne (+5,5%) et l'Occitanie (+5,9%).

Soutenu par un contexte économique plus clément, le marché immobilier ancien signe un rebond prometteur. Mais cette dynamique reste fragile : la pause attendue de la BCE le 24 juillet pourrait marquer un tournant. Les prochains mois seront décisifs pour confirmer, ou non, ce regain durable d'activité.

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