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MARCHÉ

LE LOGEMENT NEUF ENTRE LUCIDITÉ ET ESPOIRS DE RELANCE

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Malgré la crise qui pourrait durer en 2024, les constructeurs, promoteurs et aménageurs entendent adapter leurs modèles de production et nourrissent des espoirs de rebond pour 2025.

Une crise qui risque de durer en 2024 mais de l'espoir pour 2025 : la Fédération Nationale du Bâtiment (FFB) et du Pôle Habitat de la FBB dresse un constat lucide du marché du neuf pour les deux années à venir. Réunis fin 2023 lors d'un séminaire à Barcelone, ses dirigeants ont loué la capacité de leurs adhérents et partenaires industriels à développer constamment des innovations, tout en adaptant leurs modèles de production afin de répondre à la crise qui n'a pas épargné la construction de logements neufs. Pour de nombreux professionnels, constructeurs de maisons, aménageurs fonciers, promoteurs immobiliers ou rénovateurs globaux, cela fait déjà plusieurs mois qu'il a sans cesse fallu faire face à cette crise sans précédent avec une flambée des coûts de construction, une succession des normes et un durcissement des règles environnementales, une hausse des taux d'emprunt qui a rendu insolvable de nombreux clients, et une augmentation des prix des terrains renforcée par un objectif de zéro artificialisation (nette (ZAN).

Même si, en 2023, la profession de la construction a rempli son rôle de loger les Français, elle n'a pas été épargnée par l'environnement inflationniste qui a contrarié certains projets, mais aussi compressé les marges et même la trésorerie. En effet, avec des carnets de commande drastiquement à la baisse, les réductions de personnel ont parfois été la dernière solution. Certains professionnels n'ont même pas eu d'autres choix que de baisser le rideau, en anticipant une retraite, après avoir livré leurs programmes en cours. Dans le détail, la crise du logement neuf qui représente environ 27 % de l'activité a été particulièrement violente en 2023. Avec 286 000 mises en chantier attendues sur l'année, le marché retombe à proximité de ses plus bas historiques de 1992-1993 (275 000 unités). Le Pôle Habitat de la FFB regrette que le ministère de l'Economie et des Finance ait fait le choix de réaliser des économies sur le prêt à taux zéro (PTZ), dispositif qui reste pourtant le plus approprié pour compenser la hausse des taux qui est l'un des principaux obstacles à la concrétisation d'un projet immobilier. Aussi, l'extinction progressive du Pinel, qui permet l'investissement locatif financé par les investisseurs particuliers, n'enchante pas les professionnels qui ne croient pas que les investisseurs institutionnels puissent prendre le relais avec la construction de logements locatifs intermédiaires. Olivier Selleron, président de la FFB, a d'ailleurs de nouveau exprimé ses craintes d'assister à de nombreuses destructions de postes d'ici fin 2024, début 2025 si la crise s'étend. « En 2024, nous prévoyons 90 000 salariés en danger dans nos entreprises », explique-t-il.

Des espoirs de relance pour 2025

Toutefois, les professionnels entendent faire preuve d'optimisme et voir au-delà de l'année 2024 qui pourrait être la plus délicate pour eux. Comme ils ont conscience que la hausse des taux directeurs semble désormais finie grâce à la diminution progressive de l'inflation, leurs espoirs sont concentrés non seulement sur la stabilisation des coûts des matériaux de construction sur lesquels certaines baisses pourraient s'opérer, mais aussi sur une détente des taux d'emprunt attendue à partir de la mi-2024. Dans leurs barèmes du mois de décembre 2023, la majorité des banques n'avaient d'ailleurs pas procédé à des hausses de taux, ce qui n'était pas arrivé depuis très longtemps. Pour ces professionnels et chefs d'entreprises, présents au séminaire en Espagne, certains ont développé les méthodes avec lesquelles ils comptaient s'en sortir, en usant par exemple de la montée en gamme de leurs maisons ou résidences. Dans certaines régions privilégiées, ils ont la possibilité d'amortir les chocs grâce au succès de la résidence secondaire. D'autres ont, de leur côté, fait le choix de rationaliser leur process de fabrication en ayant recours à des éléments préfabriqués en usine afin de compresser les prix, à l'image du groupe familial normand Maisons Maugy qui a fait le pari d'une ossature en bois pour sa nouvelle unité de construction de murs. En raison des coûts qui dépassent le budget de leurs clients, qui dans ce cas sont souvent des jeunes ou des primo-accédants, des professionnels se retrouvent également dans la situation compliquée de devoir mettre certains projets en sommeil. Enfin, avant d'éviter l'annulation de projets qui se multiplient, il reste l'option de revoir la surface du bien à la baisse, une solution déjà largement observée par le Pôle Habitat de la FBB pour les maisons entre 2021 et 2023.

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