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Marché du neuf : un premier trimestre marqué par le repli des ventes

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Le marché de l'immobilier neuf poursuit sa tendance baissière, selon les données publiées par la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI) dans un communiqué daté du 12 mai 2026. Le premier trimestre 2026 confirme en effet un net repli des réservations, dans un contexte où les bailleurs sociaux apparaissent également fragilisés. Parallèlement, le Service des données et études statistiques (SDES) a dévoilé ses chiffres relatifs aux ventes de logements neufs aux particuliers sur la même période. Retour sur les principaux indicateurs du trimestre et les facteurs qui expliquent cette contraction persistante du marché.

Un marché sous pression entre recul des ventes et ajustement de l'offre

Le marché du logement neuf poursuit son repli au premier trimestre 2026, selon la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI), qui fait état d'une « chute encore plus bas » de l'activité. Les réservations reculent de 14,3 % sur un an et les ventes totales repassent sous le seuil des 20 000 unités, à 19 050 logements. Dans le même temps, les ventes en bloc chutent de 35 %, traduisant un recul généralisé qui touche l'ensemble des segments, notamment les opérations destinées au logement intermédiaire. Les ventes aux propriétaires occupants diminuent de 18,2 % et représentent désormais 75 % du marché de détail, tandis que les réservations nettes baissent de 10,8 %.

Les ventes aux investisseurs particuliers constituent le seul indicateur en progression, avec une hausse de 22,8 %, même si leur part reste limitée à 25 %, contre près d'un tiers fin 2024. Parallèlement, les promoteurs mettent moins de logements sur le marché, avec une baisse de 19,2 % des mises en vente. Une évolution qui confirme la persistance des tensions sur le marché du neuf.

Par ailleurs, selon les données du Service des données et études statistiques (SDES), 16 502 logements neufs ont été réservés par des particuliers au premier trimestre 2026, en légère progression par rapport au trimestre précédent. Cette dynamique est portée par les appartements en habitat collectif (+4,3 %) et les nouvelles constructions (+5,3 %), tandis que les réservations en construction sur existant reculent de 5,8 %. Dans le même temps, les mises en vente diminuent à 13 939 unités, en baisse de 12,7 % sur un trimestre. Ce recul concerne aussi bien les appartements (-11,5 %) que, plus fortement, les maisons (-28,4 %). À fin mars 2026, le stock de logements disponibles s'établit à 118 927 unités, en recul de 3,1 %, confirmant un ajustement progressif de l'offre sur le marché du neuf.

Au global, les données de la FPI et du SDES dressent un même constat : un marché du neuf toujours en contraction, marqué par une baisse structurelle de l'offre et des ventes globales, malgré un léger mieux sur les réservations des particuliers. Plusieurs facteurs contribuent à expliquer ce recul du marché du neuf.

Immobilier neuf : un marché fragilisé par les tensions géopolitiques et la hausse des coûts

Parmi les facteurs expliquant la contraction du marché du logement neuf, la guerre au Moyen-Orient apparaît comme un élément majeur. Lors du premier comité de suivi du plan « Relance Logement » en janvier dernier, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a qualifié ce conflit de « facteur exogène extrêmement impactant pour la production de logements », soulignant ses répercussions directes sur l'ensemble de la filière.

En premier lieu, la flambée des coûts des matériaux de construction pèse lourdement sur les opérateurs. Selon la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI), la situation rappelle les chocs observés lors des crises de 2020 et 2022, notamment la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, qui avaient déjà entraîné une hausse généralisée des prix. La Fédération française du bâtiment (FFB) relève ainsi jusqu'à +35 % sur les membranes bitumineuses et environ +20 % sur certains produits plastiques et isolants comme le PVC ou le polystyrène. De son côté, la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) indique que 65 % de ses adhérents ont reçu des notifications de hausses tarifaires de leurs fournisseurs, tandis que 56 % constatent un impact lié à l'augmentation du gazole non routier.

Au-delà des coûts de construction, les conditions de financement sont également affectées. La FPI souligne que la remontée des taux d'intérêt contribue à installer un climat d'incertitude pour les ménages. « Les particuliers, inquiets, n'achètent pas. Et cette fois, les bailleurs sociaux, affaiblis en fonds propres, ont moins d'appétence pour les ventes en bloc, lesquelles s'effondrent de 35 % », précise la fédération dans son communiqué.
Malgré les dispositifs engagés par les pouvoirs publics, notamment le plan « Relance Logement » et la réflexion autour du statut du bailleur privé, les professionnels du secteur estiment que ces mesures peinent à produire leurs effets dans un contexte international toujours instable. « Nous vivons un jour sans fin : à chaque crise, le marché du logement neuf chute à un niveau plus bas que le précédent. Pourtant, tous les leviers d'une reprise sont aujourd'hui réunis... Mais aucun ne pourra produire ses effets tant que durera la guerre au Moyen-Orient », a déclaré Pascal Boulanger, président de la FPI, dans un communiqué publié le 12 mai 2026.

Au terme de ce premier trimestre 2026, les données de la FPI et du SDES confirment un marché du logement neuf toujours sous forte tension, marqué par une contraction simultanée de l'offre, des ventes et des mises en production. Si certaines dynamiques ponctuelles, comme la légère progression des réservations des particuliers, apportent un signal contrasté, elles ne suffisent pas à inverser une tendance globale toujours orientée à la baisse.

Dans un environnement dominé par des coûts de construction élevés, des conditions de financement dégradées et des incertitudes géopolitiques persistantes, le marché peine à retrouver un équilibre. À court terme, les perspectives restent étroitement dépendantes de l'évolution du contexte macroéconomique et de la capacité des dispositifs publics à produire des effets tangibles sur la relance de la production.

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