MÉTIER
Le dossier de vente d'un bien doit être maitrisé

Le processus de vente immobilière passe par différentes étapes qui imposent une vigilance accrue. Après notre être attachés au démarchage, à l'analyse du dossier client et à la prise de mandat, il convient de s'intéresser au principaux éléments constituant ce dossier de mise en vente : évaluation du bien, diagnostics, urbanisme, autant de points-clés à ne pas négliger...
À l'inverse de ce que certains peuvent penser, le métier d'agent immobilier ou de mandataire est bien loin de celui de simple "ouvreur de portes". La différence se joue en coulisses, au moment de la préparation du dossier de mise en vente. Le professionnel doit en effet se pencher sur plusieurs points avec lesquels, il faut bien le reconnaître, il est parfois peu à l'aise. Ce manque d'aisance peut être dû, non pas à l'absence de connaissances, mais à l'intervention d'un "influenceur" de poids : le client.
Une évaluation au juste prix
Le client a en effet ce rôle bien particulier de vendeur (ou d'acquéreur), et en même temps, de propriétaire (ou futur-propriétaire). En d'autres termes, il a pour objectif de commercialiser son bien pour en retirer le meilleur prix final. Mais, reconnaissons-le, il est loin d'être toujours objectif en matière de prix soit en raison d'une nostalgie tenace (il a vu grandir ses enfants dans ce bien tant chéri), soit par considération pour sa peine (il a passé tant d’heures à restaurer ses quatre murs). Dans ces conditions, difficile pour le professionnel d'amener son client a être objectif ou du moins raisonnable. Et pourtant, il va tout d'abord devoir évaluer ce bien chargé d'histoire. Loin d'un exercice se basant purement sur la méthodologie de l'évaluation immobilière, la difficulté rencontrée ici reste l'implication sentimentale, et par suite, la plus-value (injustifiée aux yeux des acquéreurs) attachée à cette implication.
Au-delà de la difficulté à définir le prix probable auquel le bien pourrait être vendu réside un second piège, la prise en compte de la concurrence : s'il importe de s'attacher à la valeur réelle du bien, il convient également de s'intéresser tout particulièrement au prix de vente pratiqué par la concurrence pour des biens similaires à celui qu'on envisage d'introduire sur le marché. Dès lors, nous ne sommes plus dans la recherche de la juste valeur, mais bien dans celle de prix de mise en vente. Cette concurrence est, elle, dictée par l'arbitrage des acquéreurs en fonction de leurs aspirations à un instant T, auquel est associé une enveloppe financière. Il s'agit là d'un exercice délicat, car il ne faut ni tendre vers la surévaluation du bien, ni vers sa sous-évaluation au risque de voir engagée la responsabilité du professionnel : une évaluation trop basse ou trop haute peut en effet être assimilée à une perte de chance pour le vendeur.
S'il est concevable de tenter une vente au prix imposé par le vendeur, il reste toutefois important de lui rappeler la nécessité de mettre en adéquation le prix et la valeur du bien, et de lui imposer un changement de stratégie en cas de non-réaction ou de faible réaction du marché. Dans tous les cas, le dossier de vente ne saurait se passer de contenir l'évaluation d'origine et les « tractations » qui en ont découlés, sorte de garde-fou en cas de mise en cause du professionnel.
Un DDT consciencieusement vérifié
Le professionnel de l'immobilier doit par ailleurs réunir et parfois même vérifier toutes les pièces utiles à la vente : titre de propriété, photographies du bien, fiche descriptive du bien, sans oublier le dossier de diagnostics techniques.
Chacun le sait, le contenu de ce dossier est principalement régi par l'article L271-4 du Code de la construction et de l'habitation. Ce dossier comporte bien évidemment l'ensemble des diagnostics obligatoires en fonction des particularités de l'immeuble vendu. L'idée n'est pas ici de lister ces différents diagnostics, mais de rappeler au professionnel qu'il ne doit pas se contenter de les prendre tels quels. En effet, si leur établissement relève uniquement du diagnostiqueur, le professionnel de l'immobilier n'en est pas moins déchargé de toute responsabilité. La jurisprudence nous rappelle d'ailleurs sur ce point, que l'agent immobilier peut être condamné in solidum avec le diagnostiqueur, et cela, l'intermédiaire de la vente, le doit à son obligation d'informations et de conseil. Cette obligation va du risque que peut représenter une opération à la parfaite information sur l'état du bien. Dans une décision de 2018, la Cour de cassation venait en effet préciser que l'obligation d'information et de conseil de l'agent immobilier "porte notamment sur la consistance matérielle du bien et ne cède pas devant l'apparence des lieux". Plus récemment, par décision du 16 mars 2023, elle réitère qu'en sa qualité de professionnel de l'immobilier, l'agent immobilier est « tenu à une obligation d'information renforcée à l'égard de son client ».
Une parfaite maîtrise des éléments d'urbanisme
Enfin, trop souvent négligé, les éléments d'urbanisme ressortant également de l'obligation générale d'information, doivent être présent dans chaque dossier. Beaucoup moins à l'aise avec le sujet, l'agent immobilier peut parfois avoir tendance à le négliger. Cependant en qualité de professionnel, il se doit de transmettre toute information d'importance et déterminante permettant à l'acquéreur de prendre sa décision en connaissance de cause. Ainsi, on imagine mal un professionnel négliger de vérifier les règles d'urbanisme applicables au bien considéré. Et pourtant, il arrive fréquemment qu'il hésite à répondre aux questions de ses client concernant, par exemple, une extension potentielle du bien, ou l'emprise au sol possible d'une future construction, ou encore, les servitudes d'urbanisme ou d'utilité publique s'appliquant dans le secteur.
Rappelons, à ce propos que sa connaissance du bien et du secteur doit être fine, en ce sens où il doit également être en mesure de renseigner sur des projets à venir tel qu'une construction d'autoroute, un agrandissement de la voie, l'arrivée d'un centre commercial, l'extension d'une prison... La jurisprudence a en effet largement démontré que l'arrivée d'un élément connu (par exemple une rocade), mais non évoquée avant la vente peut entraîner l'annulation de la vente. De même le défaut d'information sur les risques et pollutions ou encore la mauvaise localisation d'un bien peuvent entraîner l'annulation d'un compromis de vente.
Retenons ainsi qu'en matière de mise en vente, il convient de redoubler de vigilance et de maîtriser chaque élément du dossier de vente.
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