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MÉTIER

Se reconvertir dans l'immobilier, au-delà du fantasme

Benzox

Chaque année, le secteur immobilier attire de nombreux candidats. Mais entre envie et projection, quelle est la réalité du terrain ? Que proposent les grands acteurs du secteur en termes d'accompagnement dans le cadre d'une reconversion ? Décryptage au travers de témoignages et de retours d'expériences.

Les Français aiment l'immobilier, au point même, pour beaucoup, de vouloir se reconvertir et embrasser la profession. Le secteur se veut d'ailleurs très ouvert à ce type de pratique puisque, selon la 7e édition de l'étude Recrutimmo parue en novembre 2024, 83 % des professionnels de l'immobilier ont eu une expérience autre que l'immobilier ; et que 86  % des recruteurs seraient ouverts à leurs profils.

Mais alors, qu'est-ce qui peut pousser les candidats à la reconversion dans les métiers de l'immobilier ? L'amour de la pierre arrive généralement en première raison : « Je suis un amoureux de Paris et de ses immeubles, observe Thierry Boivin, agent immobilier du Groupe Mobilis, qui opère notamment dans le secteur du luxe. J'ai toujours été fasciné par la variété des logements. » Longtemps ingénieur chez Capgemini, il a changé de voie pour devenir agent immobilier il y a 12 ans. Pour lui, le déclic a eu lieu lorsqu'un plan social s'est annoncé dans son entreprise et après avoir effectué un détour par le statut d'ingénieur-conseil indépendant  : « Cela s'est fait très vite, j'ai rencontré un directeur d'agence immobilière, puis j'ai effectué un transfert de compétences... Être agent immobilier, c'était finalement assez proche de mon ancien métier en termes d'accompagnement, de service et d'utilité, de travail avec tout un écosystème de partenaires. » Le constat est le même pour Anne Rémy, mandataire chez Optimhome, ancienne coiffeuse propriétaire d'un salon puis commerciale grands comptes : « J'avais envie de me sentir utile... Tout en conciliant mon goût pour l'indépendance et le contact. Ce qui me plait, c'est que chaque jour est unique. »

Un pari de part et d'autre

Pour autant et de l'avis des intéressés, il ne faut pas croire que la reconversion est un chemin pavé de roses. Doutes, remises en question et insécurité peuvent être le lot des candidats pendant plusieurs mois. « Il m'a fallu faire le deuil de mon ancienne profession, se souvient Thierry Boivin. M'assurer aussi de ma solidité financière. Je conseille d'avoir au moins six mois de trésorerie devant soi, car les transactions ne se concluent pas immédiatement. J'ai eu moins de doute quant à mes besoins en formation, car j'ai été très bien accompagné. »
Tous les grands acteurs du secteur - réseaux d'agences ou de mandataires - proposent en effet des formations pour les convertis de l'immobilier, qu'ils accueillent d'autant plus volontiers « qu'ils ont un passé professionnel leur conférant une posture, un savoir-être et des expériences intéressantes pour leur nouveau métier », explique Éric Allouche, le Directeur d'ERA France. Ces formations concerneront les différents aspects nécessaires à l'exercice de métiers de l'immobilier - réglementaires, juridiques, commerciaux et communicationnels - avec des immersions en agence pour s'imprégner de la réalité et du terrain. L'accompagnement également, se veut chez tous, sur mesure avec un coaching ou un parrainage spécifique de plusieurs mois, voire de plus d'une année chez les plus perfectionnistes.
Et pour vérifier que le projet des candidats a de l'avenir, beaucoup ont à passer un « entretien » particulier avec la direction des réseaux. « La reconversion est un pari pour eux, mais aussi pour nous, indique Delphine Herman, Directrice de l'offre et de la marque chez Guy Hoquet. Tout est donc fait pour que l'intégration en agence, la reprise ou la création d'entreprise se passe bien. Plus on challenge le projet des candidats à la franchise en amont, plus on leur donne les chances de réussir leur projet. »

Des qualités au-delà des compétences

Mais la formation n'est pas tout, certaines qualités sont aussi primordiales : « Chaque jour, on peut être confronté à de grands bonheurs comme à des situations de vie difficiles : séparations, décès... Il faut savoir faire preuve d'écoute et d'empathie, explique Anne Remy. Et comme on doit parfois réagir aux imprévus, il vaut mieux être débrouillard et avoir de la jugeote. » Éric Allouche comme Delphine Herman conseillent quant à eux d'avoir les pieds sur terre en étant bon gestionnaire, avec l'envie d'entreprendre.
« Il faut dépasser le fantasme de l'agent immobilier qu'on voit à la télévision, déclare Thierry Boivin. Les visites ne représentent qu'une toute petite partie du métier, le quotidien est beaucoup plus complexe qu'il n'y parait et nécessite des compétences juridiques, administratives, psychologiques, éthiques... Des paramètres nécessitant de savoir se faire des alliers auprès des acteurs de la chaîne, et d'être pugnace, car il peut y avoir des obstacles à franchir. J'ajouterais que lorsqu'on entre dans le monde de l'immobilier, c'est du full time, c'est un style de vie. On peut être sollicité où prendre des contacts en toute occasion, chez des amis, au détour d'une discussion... C'est aussi ce qui fait le sel de nos métiers. »

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