Logo Expression

RÉFORME

Énergie : le gouvernement ajuste à la baisse le coefficient d'électricité dans le calcul du DPE

Canva Pro

Le mercredi 9 juillet, François Bayrou, Premier ministre, a annoncé une modification majeure dans le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE). Le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire (CEP), actuellement fixé à 2,3, sera abaissé à 1,9. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026, vise à mieux refléter la composition actuelle du mix énergétique français et à rétablir l'équité pour les logements chauffés à l'électricité, souvent désavantagés dans le DPE, même après des travaux de rénovation. Décryptage de cette réforme.

Comprendre la CEP dans le cadre du DPE

Dans le DPE, la Coefficient d'Énergie Primaire (CEP) correspond à l'estimation conventionnelle de l'énergie primaire consommée annuellement par un logement, exprimée en kWhEP/m² an.

Pour rappel, le DPE permet de :
- Évaluer la performance énergétique d'un bâtiment,
- Mesurer son impact climatique, notamment à travers les émissions de gaz à effet de serre.

Il est obligatoire pour toute vente ou location d'un bien immobilier, qu'il soit neuf ou ancien.
Quelle est la différence entre énergie primaire et énergie secondaire ?

L'énergie primaire désigne l'énergie disponible à l'état naturel, sans transformation ni stockage : pétrole, gaz, bois, énergie solaire, etc.

À l'inverse, l'électricité est une énergie secondaire, produite par transformation (charbon, uranium, énergies renouvelables...).

Cette transformation engendre des pertes énergétiques, prises en compte dans le calcul de la CEP. Ainsi, consommer 1 kWh d'électricité équivaut à consommer plus d'1 kWh d'énergie primaire.

La CEP joue un rôle central dans l'évaluation énergétique d'un logement, car elle détermine directement le classement attribué par le DPE (de A à G). Ce classement repose sur la quantité d'énergie primaire consommée par mètre carré et par an. Il reflète directement l'efficacité énergétique du bien.

Cette consommation prend en compte plusieurs facteurs, dont le système de chauffage, la climatisation éventuelle, la production d'eau chaude, l'éclairage artificiel ou encore les équipements électroménagers. Ainsi, plus votre logement est énergivore, plus son classement sera pénalisé.

En résumé, la CEP est bien plus qu'un simple chiffre technique : elle reflète la performance énergétique réelle d'un bien et constitue un critère clé pour les futurs acquéreurs ou locataires soucieux de leur confort... et de leur facture énergétique.

Réforme du DPE : vers la fin d'une injustice pour certains logements ?

Le gouvernement s'apprête à réformer en profondeur le calcul du DPE, avec une mesure clé : la révision à la baisse du CEP, qui passera de 2,3 à 1,9 à compter du 1er janvier 2026. Cette évolution vise à mieux refléter le mix énergétique français, en grande partie décarboné, et à corriger une inégalité de traitement qui pénalisait jusqu'à présent les logements chauffés à l'électricité, y compris ceux ayant bénéficié de rénovations.

En rééquilibrant la méthodologie, cette réforme devrait permettre de faire sortir environ 850 000 logements, principalement électriques, du statut de passoires énergétiques (étiquettes F et G). Ces logements étaient jusque-là injustement défavorisés dans le classement énergétique en raison d'un calcul qui surestimait leur consommation d'énergie primaire.

L'an dernier, sur BFM Business, Loïc Cantin, président de la Fédération Nationale de l'Immobilier, dénonçait directement l'injustice du DPE : selon lui, l'écart de traitement entre électricité et gaz pénalisait injustement de nombreux logements. Il affirmait qu'en ramenant le coefficient de l'électricité à 1, « un grand nombre de logements pourraient sortir de cette indécence énergétique ».

De plus, cette réforme permettra également de mieux cibler les dispositifs d'aide à la rénovation énergétique vers les logements réellement énergivores, notamment ceux chauffés aux énergies fossiles. Un arrêté officialisant cette dernière est attendu début septembre 2025, à l'issue d'une consultation publique lancée sous l'égide du ministère du Logement et du ministère de la Transition énergétique.

Cette réforme a été salué par le président de la FNAIM : « C'est une mesure de justice énergétique et de cohérence écologique. Elle permet de corriger une distorsion technique qui ne tenait pas compte des réalités de notre mix électrique français, faiblement émetteur de gaz à effet de serre. »

D'après la FNAIM, cette réforme aidera des milliers de propriétaires bailleurs à maintenir leurs biens sur le marché locatif et à préserver la valeur de leur patrimoine, jusque-là injustement affectée.

Pour l'instant, ce sont principalement les bailleurs qui tireront profit de cette baisse du coefficient d'électricité, leur permettant de sortir de la double peine énergétique. Mais la véritable question reste : quel impact concret cette réforme aura-t-elle sur l'ensemble du marché immobilier et ses acteurs ?

Photo | Canva Pro

© 2026 acheter-louer.fr, Toute reproduction même partielle est strictement interdite

#Dpe

#Cep

#Actualité

Partagez :

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée