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RÉNOVATION

Marché de la rénovation énergétique : recul de l'activité d'amélioration-entretien au premier trimestre 2026

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Le 23 juin dernier, le président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), Frédéric Carré, a présenté la dernière analyse de conjoncture du secteur. Un constat sans appel : selon les chiffres de la FFB, l'activité amélioration-entretien a continué de se dégrader entre le premier trimestre 2025 et celui de 2026, marquant un sixième trimestre consécutif de baisse, le repli le plus marqué depuis le début de la chute de l'activité. Décryptage des causes de ce recul et des solutions préconisées par la Fédération.

Rénovation énergétique : un recul alarmant qui interroge la stratégie nationale

Selon les résultats du premier trimestre 2026 de l'enquête commandée par la FFB au réseau des Cellules Économiques Régionales de la Construction (CERC), l'activité amélioration-entretien recule de 2,6 % en volume par rapport au premier trimestre 2025, un sixième trimestre consécutif de baisse. Ce repli touche l'ensemble du secteur, avec un logement en recul de 2,8 % et un non résidentiel en baisse de 1,8 %.

Plus préoccupant encore : c'est la rénovation énergétique qui enregistre les plus mauvais résultats, avec un recul de 3,4 % à prix constants entre les deux périodes, sous l'effet d'un effondrement de 4,1 % dans le logement. « La rénovation énergétique recule alors même qu'elle devrait être un moteur de croissance et de transition écologique », a déploré Frédéric Carré, président de la FFB, lors de la présentation de cette analyse de conjoncture. Comment expliquer un tel décrochage ? Plusieurs facteurs structurels et conjoncturels se conjuguent pour fragiliser ce pan pourtant stratégique du secteur.

MaPrimeRénov' : une instabilité chronique qui désoriente les ménages

Parmi les causes principales de ce recul figure l'instabilité chronique des dispositifs d'aides à la rénovation énergétique. Pour rappel, MaPrimeRénov' avait été suspendu le 23 juin 2025, face à l'explosion des demandes et une hausse préoccupante des fraudes, avant une réouverture partielle et conditionnée le 30 septembre, plafonnée à 13 000 nouveaux dossiers pour les rénovations d'ampleur. Lors du vote du Projet de Loi de Finances (PLF) 2026, une nouvelle suspension avait été annoncée, confirmée en début d'année par un arrêt total faute de budget voté. Il aura fallu attendre février pour que de nouvelles conditions d'ouverture soient fixées, rendant à nouveau les rénovations d'ampleur accessibles à tous les ménages, tandis que les travaux par geste étaient recentrés. Pour la FFB, ces changements de règles à répétition ont fini par désorienter les ménages et freiner leurs décisions de travaux.

À cette instabilité s'ajoute la réduction des crédits alloués au dispositif. La Fédération critique vivement les arbitrages budgétaires du gouvernement, à commencer par la baisse annoncée de 300 millions d'euros des crédits de MaPrimeRénov' et le recul des dotations du Fonds vert. « Les errements des pouvoirs publics sur MaPrimeRénov', les Certificats d'économie d'énergie ou encore le photovoltaïque cassent complètement ce marché », déplore Frédéric Carré, qui pointe des conséquences déjà visibles sur l'appareil productif : le secteur a perdu 55 000 emplois depuis fin 2022, dont 11 000 sur la seule année écoulée. Face à cette situation, la FFB ne se contente pas de dresser un constat : elle formule une série de demandes pour stabiliser le marché et redonner confiance aux ménages comme aux professionnels.

Stabilité budgétaire et soutien au marché : les demandes prioritaires de la FFB

Première exigence de la Fédération : le vote d'une véritable loi de finances pour 2027, et non l'adoption d'une loi « spéciale » qui entraînerait un gel généralisé des dépenses pilotables, condamnant de nombreuses mesures destinées au bâtiment. La FFB réclame également le maintien du Prêt à Taux Zéro (PTZ) dans le neuf et s'oppose à tout relèvement de la Réduction de Loyer de Solidarité (RLS). Elle plaide par ailleurs pour une amélioration du dispositif Jeanbrun afin d'y rendre éligible l'investissement individuel, ainsi que pour un assouplissement des règles dans l'ancien, avec un abaissement de la quotité de travaux requise de 30 % à 20 % et un allègement de la contrainte sur l'étiquette DPE à atteindre. Une révision des paramètres d'amortissement est également demandée si nécessaire.

Au-delà de ces mesures budgétaires, la Fédération appelle à remettre la rénovation énergétique et plus largement la transition écologique au cœur du débat public à l'approche des élections présidentielles. Cela suppose notamment de publier sans délai les textes d'application de la TVA à 5,5 % sur les pompes à chaleur air-air, pourtant déjà votée dans la loi de finances pour 2026. Cela implique également de redonner à MaPrimeRénov' un périmètre large, incluant à nouveau le monogeste isolation.

Six trimestres de baisse consécutifs, 55 000 emplois perdus depuis 2022 : les chiffres présentés par la FFB dessinent les contours d'un secteur à bout de souffle, miné par l'instabilité réglementaire autant que par la contrainte budgétaire. Pour les professionnels de l'immobilier et du bâtiment, le message est sans ambiguïté : sans cap stable et sans engagement budgétaire pérenne, la rénovation énergétique risque de rester une promesse non tenue de la transition écologique. La suite dépendra désormais des décisions des pouvoirs publics.

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