RÉNOVATION
Rénovation énergétique : la CAPEB lance un appel à la mobilisation nationale des artisans

Après le Syndicat français des chaudiéristes, la contestation s'étend désormais à la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB). En ligne de mire : les dispositifs actuels de rénovation énergétique, et plus particulièrement MaPrimeRénov', ainsi que la Responsabilité Élargie du Producteur appliquée aux Produits et Matériaux de Construction du Bâtiment (REP PMCB). Estimant ces mécanismes inadaptés aux réalités du terrain, depuis la semaine dernière, la CAPEB a lancé un appel à la mobilisation nationale des artisans, avec un rassemblement prévu ce 17 décembre devant les préfectures. Objectif : alerter les pouvoirs publics et défendre les intérêts d'une profession sous tension. Décryptage des motifs de cette mobilisation et des revendications portées par la CAPEB.
MaPrimeRénov' et REP PMCB jugés indispensables mais devenus sources de fragilisation pour les entreprises
Le jeudi 4 décembre, Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB, accompagné des membres du Bureau confédéral, a présenté lors d'une conférence de presse les résultats d'une vaste enquête nationale menée auprès de 5 000 artisans du bâtiment. Objectif : mesurer l'impact réel des dispositifs de rénovation énergétique, notamment MaPrimeRénov' et la Responsabilité Élargie du Producteur des Produits et Matériaux de Construction du Bâtiment (REP PMCB), sur l'activité des entreprises artisanales.
L'étude confirme le rôle central de MaPrimeRénov' dans le déclenchement des travaux de rénovation énergétique. Selon la CAPEB, 79 % des artisans interrogés estiment que le dispositif est déterminant pour engager les chantiers, tandis que 60 % d'entre eux en dépendent fortement, parfois jusqu'à 50 % de leur chiffre d'affaires.
Cependant, cette dépendance s'accompagne de fragilités croissantes. Complexité administrative, changements fréquents des règles et délais de paiement jugés excessifs pèsent lourdement sur la trésorerie et l'organisation des entreprises. Résultat : 62 % des artisans constatent une baisse de leur activité, 51 % dénoncent une perte de temps significative liée à l'instabilité du dispositif, 46 % font état de difficultés financières et 12 % rapportent une augmentation des litiges avec leurs clients.
Autre point de crispation majeur : la REP PMCB. La CAPEB estime que le dispositif n'a ni simplifié la gestion des déchets du bâtiment ni permis de réduire les coûts de dépôt. Dans les faits, les artisans continuent majoritairement à recourir aux mêmes déchèteries publiques, souvent payantes, sans bénéficier d'un service réellement adapté à leurs contraintes de terrain.
Rénovation énergétique : la CAPEB réclame une refonte des dispositifs et un cadre plus lisible
C'est dans ce contexte de tensions croissantes autour des dispositifs de rénovation énergétique que la CAPEB a décidé de hausser le ton et d'interpeller les pouvoirs publics. Dans son communiqué publié le 4 décembre, l'organisation professionnelle estime que MaPrimeRénov' a atteint ses limites et n'est plus soutenable en l'état pour les entreprises artisanales du bâtiment.
La CAPEB appelle notamment à la remobilisation des "monogestes", jugés essentiels pour répondre aux besoins des ménages modestes et aux situations d'urgence. Elle plaide également pour la mise en place d'un parcours de travaux progressif, permettant des rénovations par étapes, plus adaptées aux réalités économiques des ménages comme des professionnels. Parmi les autres priorités figurent la simplification de l'accès aux aides, la sécurisation des paiements et une réforme en profondeur du label RGE, afin d'élargir l'accès au marché de la rénovation énergétique au plus grand nombre d'entreprises artisanales.
Sur le volet de la REP PMCB, la CAPEB dénonce un dispositif encore largement inefficace sur le terrain. Elle demande un maillage territorial renforcé, l'harmonisation des règles dans l'ensemble des points de collecte, la suppression de la pré-inscription et la création d'un outil national unique centralisant l'ensemble des démarches. L'organisation insiste sur la nécessité d'une construction du dispositif à l'échelle locale, en concertation avec l'ensemble des acteurs concernés.
Enfin, la CAPEB appelle à une révision du régime micro-social et micro-fiscal. Selon elle, ce régime doit retrouver sa vocation initiale : faciliter la création d'entreprise sur une période transitoire, sans charges ni contraintes administratives excessives. Les artisans du bâtiment demandent notamment l'abaissement du seuil de franchise en base de TVA à 25 000 euros pour le secteur, la limitation du statut de micro-entrepreneur à deux ans, ainsi que la mise en place d'un accompagnement obligatoire vers un régime de droit commun.
À travers cette mobilisation nationale, les messages portés sont clairs : une politique de rénovation énergétique stable, lisible et opérationnelle, une REP PMCB fonctionnelle et coconstruite avec les professionnels, et un cadre concurrentiel équitable entre les entreprises du bâtiment.
À l'heure où la rénovation énergétique s'impose comme un levier clé pour valoriser et transformer le parc immobilier, la mobilisation de la CAPEB met en lumière les difficultés concrètes rencontrées par les entreprises sur le terrain. Au-delà du mouvement, c'est l'efficacité, la clarté et la soutenabilité des dispositifs actuels qui sont interrogées. La mobilisation des artisans devant les préfectures souligne l'urgence pour les pouvoirs publics de prendre des décisions déterminantes pour le maintien de l'activité du secteur et la réalisation des objectifs de transition énergétique.
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