SONDAGE
Immobilier et déménagement : baisse importante de la demande vers les grandes métropoles

Les pratiques liées à la mobilité des Français ont évolué. Plusieurs facteurs expliquent ces changements de comportement. Les grandes métropoles ne sont plus forcément recherchées, en raison notamment des prix du marché et des conditions d'emprunt.
En raison de la conjoncture économique, les Français ont changé leurs habitudes liées à la mobilité. S'ils n'ont pas mis de côté leur projet de déménagement, ils le font d'une autre manière et s'éloignent, désormais des grandes métropoles. Plateforme de référence pour trouver un déménageur en France, Nextories a interrogé les Français sur leur rapport au déménagement. Une étude d'opinion, menée par l'Ipsos, a été commandée.
150 000 projets de déménagement analysés
La conjoncture économique ralentit la mobilité
Selon le sondage de Nextories, 41% des Français ont eu un projet de déménagement durant les 12 derniers mois. En revanche, un peu moins de la moitié d'entre eux (44%) avouent avoir dû le modifier en raison du contexte économique. 25% l'ont même reporté, et 19% l'ont tout simplement abandonné. Ces blocages concernent plus difficilement les 18-34 ans, les personnes issues de milieu populaire, et les habitants du Sud-Est, Sud-ouest et d'Île-de-France.
Les raisons de ces mutations sont majoritairement d'ordre économique. 52% des personnes interrogées estiment que les prix de l'immobilier sont devenus inaccessibles. 51% ont vu leur mobilité changer à cause de la hausse du coût de la vie. 32% trouvent le prix d'un déménagement trop élevé. Sans oublier la pénurie de logements à la location (28%) et la difficulté à obtenir un crédit immobilier avec la hausse des taux (25%). Ces données illustrent le tableau d'une mobilité freinée où les arbitrages se font sur une pression budgétaire et non pas uniquement sur des questions de confort.
En attente de signaux de relance
Malgré ces obstacles, quasiment un tiers des Français (32%) envisagent de déménager dans les 12 mois à venir. 53% d'entre eux avancent des raisons personnelles comme une retraite, un changement de vie ou une situation amoureuse. Puis, 28% évoquent des opportunités professionnelles et 27% un environnement néfaste (insécurité ou pollution).
Parallèlement, parmi les 68% de Français qui n'ont pas prévu de déménager, 25% l'expliquent pour des raisons immobilières et/ou financières (pénurie de logements en location et prix de l'immobilier à l'achat, coût de la vie, inflation).
Plus d'un quart des répondants, qui ont l'intention de déménager durant les 12 prochains mois, conditionnent ce projet à une baisse des prix de l'immobilier ou à une amélioration des conditions d'emprunt. Cet attentisme démontre une réalité : les Français n'ont pas renoncé à l'idée de bouger. En revanche, ils attendent que la conjoncture soit plus favorable.
Recentrage sur des territoires plus accessibles
Les données, issues de l'analyse de 150 000 projets de déménagement, indiquent qu'un recul de la demande vers les grandes métropoles s'observe assez nettement. La proportion des déménagements vers Paris baisse de 31% sur deux ans, de 23% pour Bordeaux, et de 8% sur Lyon. Toutefois, Paris demeure une destination importante, mais d'autres villes sont aussi recherchées, ce qui redistribue les cartes de la mobilité sur le territoire. Historiquement peu attractifs, certains territoires affichent une hausse spectaculaire du nombre de projets de déménagement comme les Ardennes (+116%), les Vosges (+102%) ou encore le Jura (+98%). Une recomposition silencieuse de la carte résidentielle s'observe avec ces évolutions.
Autre changement : la distance moyenne d'un déménagement en France progresse d'environ 22% depuis 2022, pour atteindre 305,23 kilomètres en 2024. Aussi, le volume transporté baisse de 3,32% et la surface des logements déménagés de 3,85%.
La manière de déménager des Français évolue aussi. Pression sur les budgets oblige, les formules les plus économiques, dites « transport », qui consistent à emballer soi-même ses biens tout en faisant appel à un professionnel pour le chargement et le trajet, augmentent de 12,6% en deux ans.
Photo | Pixabay
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