TAUX
Taux immobiliers : quelles tendances pour septembre 2025 ?

Après plusieurs mois de fluctuations, les taux immobiliers semblent avoir atteint un palier. Depuis août, ils se stabilisent, en particulier sur les longues durées, à des niveaux comparables à ceux de juillet, selon Cafpi. À l'approche de la rentrée, le marché du crédit reste figé et la production demeure atone. Analyse des tendances de taux en septembre et de leur impact sur l'activité immobilière.
Une stabilisation qui soutient la confiance du marché
En ce mois de septembre, les taux immobiliers confirment leur stabilisation, selon les données communiquées par Cafpi. Le courtier relève des niveaux quasi inchangés sur l'ensemble des maturités : 2,92 % sur 10 ans, 3,09 % sur 15 ans, 3,17 % sur 20 ans et 3,29 % sur 25 ans. Le taux directeur de la BCE se maintient, lui aussi, à 2 %.
Si la production de crédits n'a pas progressé, cette stabilité contribue néanmoins à rassurer les ménages. D'après Cafpi, elle entretient une dynamique de confiance qui se double d'un contexte de prix immobiliers encore contenus. Selon le baromètre de la FNAIM (août 2025), les prix enregistrent une hausse modérée de +1,5 % sur un an.
Conséquence : le pouvoir d'achat immobilier reste globalement préservé, avec peu de variation entre juillet et septembre. L'équilibre entre taux et prix limite les effets d'érosion et permet au marché de conserver une certaine lisibilité, un point crucial pour les professionnels comme pour les acquéreurs.
Reste une inconnue : le climat politique et ses répercussions sur les marchés financiers. Le vote de confiance convoqué par François Bayrou le 8 septembre pourrait raviver les tensions et impacter l'OAT (Obligation Assimilable du Trésor) 10 ans, baromètre de référence pour l'évolution future des taux immobiliers.
Quelles répercussions sur le marché immobilier ?
Le marché immobilier français montre des signes de vitalité en ce mois de septembre 2025. Selon Optimhome, la stabilisation des taux de crédit depuis l'été et la reprise partielle des transactions ont ravivé la confiance des acquéreurs. Résultat : une dynamique « encourageante », qui se traduit par le retour des acheteurs, la hausse des ventes et une offre qui se structure progressivement, aussi bien dans l'ancien que dans le neuf.
Cette embellie s'explique notamment par des conditions de financement plus prévisibles et des prix plus contenus dans certaines régions. Dans plusieurs métropoles régionales comme Nantes, Bordeaux ou Lyon ainsi que dans des zones périurbaines attractives, la demande repart et les délais de vente se raccourcissent. Les acquéreurs n'hésitent plus à se positionner, soutenus par un pouvoir d'achat immobilier stabilisé.
Côté offre, le marché bénéficie d'un retour des vendeurs qui avaient différé la mise en vente de leurs biens durant la période de forte remontée des taux. Ce mouvement a contribué à alimenter le stock de logements disponibles, en particulier sur le segment résidentiel classique. Pour les acheteurs, ce regain d'offres élargit le choix et relance la concurrence entre vendeurs, favorisant des ajustements de prix plus réalistes.
Sur le plan national, les prix restent globalement stables par rapport à août. Dans les grandes villes comme Paris, Lyon, Bordeaux ou Lille, certaines hausses ponctuelles apparaissent, soutenues par la reprise de la demande dans les quartiers les mieux desservis. En Île-de-France, un recentrage vers la grande couronne, notamment en Seine-et-Marne et en Essonne, soutient également une légère revalorisation des prix. À l'inverse, plusieurs marchés secondaires et zones rurales continuent de souffrir d'un déséquilibre entre une offre abondante et une demande insuffisante.
Des premiers signaux d'une remontée à surveiller
Après plusieurs semaines de stabilité, un frémissement haussier se dessine sur le marché du crédit. Meilleurtaux constate, en ce début septembre, une progression des taux comprise entre 10 et 15 points de base. Une évolution directement liée à la remontée des taux obligataires de long terme, à commencer par l'OAT 10 ans, qui exerce une pression mécanique sur les conditions de financement bancaire.
De plus, cette tendance est accentuée par un contexte politique français incertain, qui nourrit la volatilité des marchés financiers et incite les établissements bancaires à redoubler de prudence. Résultat : les taux moyens atteignent désormais 3,17 % sur 15 ans, 3,22 % sur 20 ans et 3,35 % sur 25 ans.
En toile de fond, la stabilisation observée ces derniers mois pourrait donc n'être qu'un répit temporaire. Les premiers ajustements bancaires pourraient amorcer une phase de remontée plus marquée, faisant de cette rentrée un moment charnière pour l'évolution des conditions de financement.
Dans un contexte où la stabilisation des taux pourrait rapidement céder la place à une nouvelle phase haussière, les professionnels de l'immobilier doivent rester particulièrement vigilants. Anticiper les évolutions de financement et accompagner les clients dans leurs décisions sera clé pour sécuriser des transactions dans un marché encore fragile. C'est le moment pour les acteurs du secteur de consolider leur expertise et d'accompagner leurs clients dans leurs arbitrages.
Photo | Freepik
© 2026 acheter-louer.fr, Toute reproduction même partielle est strictement interdite
#Taux immobilier
#Marché
#Actualité
Laisser un commentaire
Votre adresse email ne sera pas publiée

