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Taux immobiliers : une tendance haussière se profile

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Selon les données de Pretto, les taux de crédit immobilier enregistrent une légère remontée en cette rentrée, de l'ordre de +0,10 à +0,20 point selon les profils. Cette hausse s'explique notamment par un climat politique incertain en France, une baisse de confiance des investisseurs étrangers dans la dette française, ainsi que par les tensions inflationnistes persistantes. Faut-il pour autant craindre un retournement de tendance durable ? Éclairage sur les facteurs à l'origine de cette hausse et leurs conséquences potentielles sur l'activité immobilière.

Une pression croissante sur le marché immobilier français

Ces premiers signes de remontée des taux ne sont pas le fruit du hasard. Ils s'inscrivent dans une conjoncture où l'instabilité politique et les inquiétudes budgétaires françaises commencent à peser sur la confiance des investisseurs.

La scène politique française traverse une période de turbulences. Le 8 septembre, le gouvernement dirigé par François Bayrou a échoué à obtenir la confiance de l'Assemblée nationale, avec 364 voix contre et seulement 194 pour. Dès le lendemain, le Premier ministre a présenté sa démission au président de la République, accentuant un climat d'incertitude politique. Cette instabilité n'est pas sans conséquences sur la perception de la France par les marchés financiers, notamment à l'approche de décisions budgétaires sensibles.

Le 12 septembre, l'agence de notation Fitch a abaissé la note souveraine de la France, passant de AA- à A+. Une dégradation qui reflète une inquiétude croissante sur la soutenabilité de la dette publique française. À titre de comparaison, l'Allemagne a récemment annoncé un plan ambitieux de financement par la dette à hauteur de 850 milliards d'euros d'ici 2029, renforçant encore son attractivité auprès des investisseurs. Conséquence directe pour la France : l'OAT (Obligation assimilable du Trésor) à 10 ans dépasse désormais les 3,5 %, un seuil qui impacte directement les conditions de financement bancaire.

Dans ce contexte tendu, les professionnels de l'immobilier doivent redoubler de vigilance. Pour Charles Marinakis, président de Century 21 France, ce n'est pas tant l'OAT qu'il faut scruter, mais bien l'inflation : « L'inflation est l'indicateur à suivre avec beaucoup d'attention parce que c'est également celui qui détermine le panier moyen des ménages. » rappelle-t-il sur BFM Business.
Il insiste également sur le poids du logement dans le budget des Français : « Le logement reste la première dépense des ménages. » Une remarque essentielle à l'heure où la hausse des taux et l'érosion du pouvoir d'achat redéfinissent les arbitrages immobiliers.

Sur le terrain, ces tensions macroéconomiques se traduisent par une évolution des indicateurs du marché. Les professionnels de l'immobilier commencent à observer des signaux concrets, à la fois en termes de prix et de volumes.

Immobilier : des taux qui remontent légèrement ?

Alors que le marché immobilier cherche un nouveau souffle, les professionnels constatent une évolution notable des indicateurs. « On constate qu'il y a une légère augmentation des prix et un allongement des durées de ventes. », analyse Guillaume Martinaud, président du réseau ORPI, dans l'émission L'Expert de l'Immo sur BFM Business. Cette tendance suggère un frémissement du marché, malgré un contexte encore marqué par des conditions d'emprunt plus strictes.

En septembre 2025, les taux de crédit immobilier poursuivent une légère hausse. D'après Meilleurtaux, ils atteignent en moyenne 3,17 % sur 15 ans, 3,22 % sur 20 ans et 3,35 % sur 25 ans. Cette progression modérée, bien que susceptible de peser sur la capacité d'achat des ménages, ne semble pas freiner totalement la demande. Elle reflète toutefois une prudence des banques dans l'octroi des crédits, dans un contexte économique encore incertain.

Face à cette conjoncture, les professionnels de l'immobilier sont appelés à faire preuve de réactivité et de pédagogie auprès de leurs clients. Entre remontée progressive des taux et pression haussière sur les prix, l'accompagnement des acquéreurs comme des vendeurs devient stratégique. Cette période de transition pourrait poser les bases d'un nouvel équilibre du marché, à condition de rester attentif aux évolutions macroéconomiques et aux comportements des emprunteurs.

Pourtant, malgré ce climat de prudence, certains acteurs appellent à relativiser l'ampleur de cette hausse. Car dans une perspective historique, les taux actuels demeurent attractifs pour de nombreux profils.

Des taux en légère hausse mais encore compétitifs ?

Alors que les taux d'intérêt poursuivent une hausse modérée cette rentrée, les professionnels appellent à nuancer le discours ambiant. « Il faut faire attention quand on parle d'augmentation des taux. On ne doit pas allumer des feux pour faire peur aux gens », tempère Guillaume Martinaud, président du réseau ORPI, sur le plateau de L'Expert de l'Immo sur BFM Business. Si les barèmes évoluent à la hausse, ils restent largement en dessous des niveaux historiques observés lors des précédentes crises économiques.

Selon Meilleurtaux, les taux moyens de crédit en septembre 2025, bien qu'en légère progression, restent attractifs pour les emprunteurs. Ces niveaux, encore maîtrisés, permettent à une partie des ménages de concrétiser leurs projets, à condition d'avoir un dossier solide. Les banques restent sélectives, mais les opportunités de financement demeurent accessibles, notamment pour les profils stables et bien accompagnés.

Pour les acteurs du marché, l'essentiel se jouera dans les semaines à venir. « L'année a été bonne, pour qu'elle se termine encore mieux, tout va dépendre des jours qui viennent », ajoute Guillaume Martinaud. Une dynamique positive pourrait se maintenir si les taux restent contenus et si la confiance des acquéreurs est préservée. Dans ce contexte, les professionnels de l'immobilier ont un rôle clé à jouer : rassurer, informer et accompagner efficacement leurs clients dans un environnement encore mouvant.

Ainsi, entre instabilité politique, vigilance des banques et attentes des ménages, le marché entre dans une phase d'ajustement. Plus que jamais, les professionnels doivent se positionner comme des repères dans cet environnement mouvant.

Dans un marché encore marqué par l'incertitude, une seule certitude s'impose : la nécessité de rester agile. Face aux tensions politiques, aux évolutions économiques et à la volatilité des taux, les professionnels de l'immobilier ne peuvent plus se contenter d'observer, ils doivent anticiper, s'adapter et accompagner leurs clients avec lucidité. Car dans cet environnement mouvant, ce sont ceux qui sauront lire entre les lignes du présent qui construiront l'immobilier de demain.

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