ÉCOLOGIE
Le gouvernement relance les appels d'offres pour les énergies renouvelables

Le jeudi 2 avril, Roland Lescure, ministre de l'Économie, et Maud Bregeon, ministre chargée de l'Énergie, ont annoncé la relance d'appels d'offres dédiés aux filières éolienne et photovoltaïque. Cette initiative vise à concrétiser les ambitions fixées par la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3), tout en offrant davantage de visibilité aux acteurs du secteur à court et moyen terme. Dans un contexte international marqué par les tensions au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran, entraînant une hausse des prix du gaz et du pétrole, cette relance revêt une dimension stratégique. Décryptage des appels d'offres engagés par le gouvernement.
Solaire : un recentrage stratégique sur l'autoconsommation et la souveraineté industrielle
Le gouvernement confirme sa volonté de réduire la dépendance aux énergies fossiles importées en s'appuyant sur une montée en puissance des énergies décarbonées. La PPE 3 fixe un cap clair : faire passer la part des énergies fossiles de 60 % de la consommation finale à 40 % d'ici 2030, avec un objectif inverse de 60 % d'énergie décarbonée, puis 70 % en 2035. Dans ce cadre, le photovoltaïque s'impose comme un levier structurant, notamment pour les acteurs de l'immobilier, en lien direct avec les stratégies d'autoconsommation énergétique.
Éolien en mer : un pilier industriel et énergétique à fort impact territorial
L'éolien en mer constitue l'un des axes majeurs de la stratégie énergétique nationale, avec une ambition de 45 gigawatts installés d'ici 2050, soit environ 20 % des besoins en électricité. La PPE prévoit une montée en puissance progressive pour atteindre 15 gigawatts dès 2035, avec une attention particulière portée au développement de l'éolien flottant, pour lequel la France vise près de 6 gigawatts à l'horizon 2040 et un positionnement de leader mondial.
Dans une logique d'optimisation économique et industrielle, les 9e et 10e appels d'offres ont été fusionnés en une procédure unique couvrant l'ensemble des façades maritimes. Le cahier des charges intégrera pour la première fois des critères de résilience issus du Net Zero Industry Act européen. L'objectif est double : maîtriser les coûts, avec un tarif cible inférieur à 100 €/MWh (mégawattheure) et maximiser les retombées économiques locales. Selon Maud Bregeon, ces projets devraient générer près de 37 milliards d'euros de retombées fiscales et économiques, tout en contribuant à sécuriser environ 1 500 emplois directs. Les zones concernées incluent notamment Fécamp, Bretagne Sud, Narbonnaise Sud-Héraul, Oléron, Golfe du Lion, Golfe de Fos.
Éolien terrestre : priorité au renouvellement et à l'acceptabilité locale
Ce choix s'explique par plusieurs avantages structurels : une compétitivité économique accrue, une meilleure acceptabilité locale et, depuis la loi de finances 2026, un renforcement des retombées pour les collectivités territoriales. Le renouvellement des installations permet également d'optimiser l'implantation des mâts grâce à des éoliennes plus performantes, réduisant leur nombre pour une puissance équivalente. Cette évolution permet d'améliorer l'intégration paysagère des installations tout en réduisant les nuisances sonores et lumineuses, un point particulièrement structurant pour les projets immobiliers à proximité. Par ailleurs, une première tranche de l'appel d'offres, portant sur 800 mégawatts, sera lancée dès le mois de mai, suivie d'une seconde prévue en septembre 2026.
En relançant les appels d'offres, l'exécutif structure une trajectoire énergétique articulée autour de trois axes complémentaires : un solaire recentré sur l'autoconsommation et la souveraineté industrielle, un éolien en mer appelé à devenir un pilier industriel à grande échelle, et un éolien terrestre désormais orienté vers le renouvellement des parcs existants.
Pour les professionnels de l'immobilier, ces orientations confirment une évolution durable du cadre opérationnel, où performance énergétique, intégration territoriale et anticipation des mutations réglementaires s'imposent comme des déterminants clés des stratégies d'investissement et de développement.
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