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Portugal : une série de mesures pour enrayer la crise

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Comme ses voisins européens, le Portugal est confronté à la crise du logement. Pour y faire face, le gouvernement a proposé une trentaine de mesures qui devraient être adoptées dans les prochains mois. Parmi elles, des avantages fiscaux pour pousser les étrangers à s'installer, excepté les retraités. Le retour des golden visas n'est pas non plus au programme.

« Un Portugais sur neuf craint de perdre son logement dans les prochaines années. Le nombre de Portugais vivant dans des logements surpeuplés a bondi de 40 % en 2023, la hausse la plus importante depuis vingt ans... Cette réalité concerne désormais 1,3 million de personnes (12,9 % de la population), soit 370 000 de plus que l'année précédente », rapportait il y a quelques mois le journal portugais Expresso, à la suite de la parution d'une étude publiée par l'Institut national des statistiques. Particulièrement impactés par la crise du logement, les Portugais peinent de plus en plus à trouver un toit et beaucoup doivent désormais choisir entre faire leurs courses et payer leur loyer. Contrairement aux idées reçues, il ne s'agit plus seulement de travailleurs à bas revenus et d'étudiants, mais aussi, et de plus en plus des classes moyennes (médecins, policiers, enseignants...). Certains se retrouvent d'ailleurs contraints de retourner vivre chez leurs parents, de louer une chambre chez l'habitant, de contracter des emprunts pour payer leur loyer, voire même de devoir vivre dans la rue.

Déséquilibre entre prix et mesures fiscales

Les raisons de cette crise sont les mêmes que dans de nombreux pays européens : l'inflation, ainsi que des prix de vente et des loyers trop élevés, déconnectés des revenus portugais. En cinq ans, les loyers portugais ont en effet augmenté de 40 %, quand le prix moyen des maisons s'est accru de 12 %.

En cause également, les visas dorés qui ont « contribué à la hausse des prix de l'immobilier, explique l'Observatoire européen de la fiscalité. Depuis la mise en place de ce programme, le nombre de propriétés vendues 500 000 euros a augmenté de 60 %. » La financiarisation des logements - comme la gentrification des quartiers - sont également dénoncées ; nombre de logements longue durée ayant été remplacés par des locations touristiques.

Droit au logement et profils ciblés

En février 2023, l'ancien premier ministre António Costa avait annoncé son intention de mettre fin à une série d'avantages fiscaux pour enrayer la crise - comme la suppression de ces fameux visas - tout en se donnant une période d'un an pour s'adapter. Une mesure jugée trop tardive par certains et contestable par d'autres, les visas ayant rapporté 6,8 milliards d'euros en 10 ans dans les caisses de l'Etat (en échange de 11 600 permis de résidence accordés aux candidats prêts à débourser au moins 500 000 euros pour un achat immobilier). Les avantages fiscaux réservés aux retraités européens depuis 2009 étaient également dans le viseur, ceux-ci leur ayant permis de profiter d'une exonération d'impôts sur le revenu pendant 10 ans, transformée ensuite en taux réduit à 10 %.

Le nouveau premier ministre de centre droit Luís Montenegro, cherche depuis son accession au pouvoir en avril dernier, à ménager les instances économiques, inquiètes des décisions prises par le gouvernement précédent. Une trentaine de nouvelles mesures devraient donc être adoptées, sans remettre en question la fin des golden visas ou des avantages aux retraités (effective depuis le 1er janvier 2024). Parmi elles : des aides et des allégements fiscaux pour les jeunes prévoyant d'acheter un bien immobilier, la limitation des locations saisonnières en redonnant notamment du pouvoir aux municipalités sur la délivrance des licences, ou la reconversion de bâtiments publics en logements. Et pour cibler les professionnels étrangers hautement qualifiés dans le domaine de la recherche, de l'enseignement supérieur ou du développement des entreprises, plutôt que les retraités, le nouveau gouvernement réintroduit l'impôt plafonné à 20 % sur dix ans pour les résidents non habituels.

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