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Enjeux du secteur, aussi une réponse locale

Quentin sur Unsplash

Comment aider les politiques à y voir clair et à mieux anticiper les choix pour l'avenir des territoires en matière d'Immobilier ? À Nantes, le CINA (Club Immobilier Nantes Atlantique) entend influer sur les stratégies des décideurs territoriaux. Son autre leitmotiv : défendre les intérêts de la filière et réfléchir à son futur. Une réponse locale nécessaire en temps de crise ? Rencontre avec Christine Serra - sa présidente - et Delphine Marie, la déléguée générale de l'association.

Comment le CINA fait-il entendre la voix des professionnels ?

Christine Serra : Né en 1992, le CINA rallie aujourd'hui 380 adhérents et 250 entreprises. Il diffère d'un syndicat en rassemblant l'ensemble des professions de la construction : notaires, avocats spécialisés, banques, bureaux d'études, syndics, agents immobiliers, promoteurs, etc. Ce prisme très ouvert nous permet d'avoir une vision transverse. Nous traitons toutes les problématiques de nos professions et de la filière : Décret tertiaire, ZAN, crise du logement et du financement, logement neuf ou locatif... Notre financement, privé, nous confère une véritable liberté de parole.

Comment le CINA se saisit-il de ces dossiers ?

Delphine Marie : La métropole de Nantes peut nous interpeler, par exemple dans le cadre de grands débats comme celui qui a eu lieu en 2023 sur la Fabrique de la ville ou lors de la modification de documents d'urbanisme. Les remontées de terrain nous alertent également autour de difficultés ou de sujets émergents sur les champs politiques, techniques, sociologiques... Dernier exemple concret avec la crise du logement qui impacte désormais toute la population - en particulier les plus précaires - et pour lequel des professionnels se sont rassemblés afin d'apporter des solutions d'accès au logement.
C.S. : L'idée de ces commissions - transverses pour être représentatives des différents métiers - est de partager rapidement une réflexion commune au grand public ou aux élus, selon la thématique. L'avantage, c'est que les adhérents du CINA sont très opérationnels et qu'ils réussissent, en confrontant les points de vue, à proposer des plans d'action.

Justement, pourquoi ce travail de co-construction entre des experts d'une même filière, mais de professions différentes, est-il si important au niveau local ?

C.S. : L'État n'est pas forcément pourvoyeur de solutions, nous le ressentons quotidiennement dans nos métiers. Nous pouvons agir localement pour améliorer, réduire l'inertie en accélérant des process : par exemple en agissant sur les temps d'échange avec les services avant les dépôts de permis, sur le dialogue citoyen et son organisation, sur le ZAN et la densité verticale... Des questions que nous nous posons tous à diverses échelles.
D.M. : Au sein du club, le « Jeu à la Nantaise » est une réalité : on s'appuie sur le collectif pour avoir de l'influence. En parallèle, des conférenciers interviennent, nous effectuons des voyages d'études ou organisons des événements pour proposer des solutions à conjuguer avec nos spécificités territoriales. Le 6 juin prochain, nous organisons ainsi « Edifice », notre deuxième biennale de l'immobilier autour des solutions et des actions à mettre en oeuvre par la filière en cette période de crise et de transitions.

La voie locale est-elle à suivre pour permettre au secteur du logement de sortir de l'ornière ?

C.S. : L'action locale ne sortira pas les entreprises de la crise qu'elles traversent et ne sauvera pas les emplois menacés au national. Mais nous pouvons nous mobiliser auprès des élus - qui doivent veiller au droit au logement pour tous - pour sauver des opérations ou demander l'adaptation de certains règlements d'urbanisme. Depuis 2020, cette action de lobbying se fait aussi avec d'autres partenaires - avec la FPI, la FFB, USH, et l'Ordre des architectes - via le CODAL (Conseil des acteurs du logement).

Et plus largement au national, comment vous faites-vous entendre ?

D.M. : Les clubs du Grand Ouest et du Centre sont en train de se fédérer : Nantes, Rennes, Angers, Tours, Orléans, La Roche-sur-Yon, Le Mans, Laval... car le Gouvernement ne prend pas la mesure de ce qui se joue. Notre pays est trop centralisé et l'État, déconnecté de certaines réalités territoriales. Il faut écouter la voix des régions et se servir des solutions qu'elles proposent.

Photo | Quentin sur Unsplash

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