FOCUS
LOCATIONS MEUBLÉES DE COURTE DURÉE : QUEL IMPACT SUR LE MARCHÉE IMMOBILIER ?

À l'heure de la crise, il n'y a pas de petites économies. Les sites de location alternative comme Airbnb, Housetrip, Sejourning ou Bedycasa connaissent donc leur heure de gloire. Aujourd'hui, le concept a pourtant tendance à sortir des rails : que se passe-t-il lorsque le marché de la location de courte durée empiète sur le marché classique ?
Le principe des sites de locations meublées de courtes durées est simple : un hôte loue de temps à autre et à prix modique son habitation à un voyageur désirant découvrir le mode de vie local ou profiter d'un bon plan. Dans les grandes villes pourtant, de plus en plus de propriétaires ont tendance à louer leur logement à plein-temps, uniquement aux vacanciers ou aux touristes d'affaires. Beaucoup font ce choix en expliquant que ce type de location est souvent plus rentable que le marché classique et qu'il permet de libérer le bien à tout moment sans se heurter à la protection des locataires. Certains immeubles sont donc dédiés à ces seules clientèles touristiques, au détriment de locataires pérennes et devant des professionnels de l'immobilier qui voient le parc locatif de certaines zones se réduire comme peau de chagrin. Autres conséquences : la raréfaction de l'offre créée une pression sur les loyers ainsi que sur le marché immobilier, les bailleurs n'hésitant pas à acheter des appartements uniquement à cet usage. et bien au dessus du prix.

Un parc locatif « confisqué »
Selon l'Apur (Atelier parisien d'urbanisme), on estime à 20 000 le nombre de locations meublées de courte durée proposées sur le territoire parisien (soit l'équivalent de 1,5 % des résidences principales de la capitale), les 3e et 4e arrondissements étant les plus prisés. Airbnb annonce de son côté 50 000 hébergements disponibles ! Des chiffres qui contreviennent dans tous les cas avec les objectifs publics pour répondre à la demande de nouveaux ménages, compenser les disparitions de logements anciens ou rattraper le retard accumulé dans la construction. Nestpick (choix de nid en anglais) - dernier arrivé sur le marché de la location alternative - va plus loin en proposant aux étudiants ou aux professionnels en déplacement des logements sur Paris, Lyon, Marseille, Nice et Lille à plus ou moins long terme. de trois mois à trois ans. À la clé : des réservations sur internet et surtout, des loyers attractifs ainsi qu'une caution réduite. « Le marché immobilier est l'un des plus conservateurs, affiche clairement sur son site Fabian Dudek, fondateur de Nestpick. Les courtiers immobiliers continuent de faire confiance à des pratiques commerciales (.) rigides et toute location devient un cauchemar. Nous sentons que nous sommes la solution au problème du marché immobilier en Europe. En lançant notre plateforme en France, nous pouvons offrir la possibilité à de nombreux jeunes de déménager de façon pratique et en sécurité. »
Une réglementation plus stricte. mais encore floue
Pas sûr que la profession comme les instances publiques l'entendent de cette oreille. Quid de la concurrence déloyale et de l'application de la loi ? La grogne commence à monter. À Paris, une action « coup-de-poing » a par exemple eu lieu en mai dernier avec le contrôle de 80 immeubles dans le quartier du Marais par la direction municipale du logement. Il faut dire que les sites de location alternative bénéficiaient jusqu'ici d'un vide juridique (la loi du 6 juillet 1989 interdisant uniquement les sous-locations de longue durée). La loi Alur, votée en mars 2015, devrait mettre fin à toutes controverses. Dans les villes de plus de 200 000 habitants, et dans les communes des départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, une autorisation municipale préalable dite de « changement d'usage » sera désormais indispensable. En zone tendue (les zones d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants), ce changement d'usage sera laissé à la libre appréciation de la municipalité selon qu'il existe un déséquilibre entre l'offre et la demande. Quant à fixer la notion de « courte durée », la loi n'apporte aucune précision sur le sujet. Chaque ville imposera alors sa propre réglementation. L'imbroglio législatif est donc loin d'être terminé !
Et à l'étranger ?
À New York, San Francisco ou en Espagne, les autorités serrent aussi la vis pour lutter contre la confiscation du parc locatif. L'État de New York a adopté en juillet 2010 une loi interdisant la location d'appartements de moins de 30 jours. À San Francisco, l'application Huntbnb permet aux propriétaires de repérer les locataires qui sous-louent leur bien sans leur accord. À Barcelone, les propriétaires doivent quant à eux obtenir une licence de la mairie pour pouvoir pratiquer la location meublée touristique
Photo | Inimage
© 2026 acheter-louer.fr, Toute reproduction même partielle est strictement interdite
#Marché
#Réglementation
#Alternatif
Laisser un commentaire
Votre adresse email ne sera pas publiée

