INTERVIEW
Congrès de la FNAIM : un bilan positif, mais encore des questions

Alors que le congrès de la FNAIM vient de s'achever, Jean-Marc Torrollion, son président, dresse un bilan positif de cette première édition 100 % digitale. Parmi les points abordés : l'intermédiation, la fiscalité locale et la valeur verte. Autant de chantiers à venir pour redynamiser l'immobilier après une année morose.
Quel bilan dressez-vous de ce salon 2020 ?
Ce fut d'abord un challenge ! Mais je peux dire que l'expérience est réussie : la fréquentation a atteint 6500 inscrits en début de congrès, et 2000 personnes supplémentaires se sont inscrites sur la durée (comparée à la moyenne de 3200 personnes sur le salon physique). Nous avons touché tout type de publics, et nous sommes aussi heureux de constater que nous avons intéressé bien au-delà de la sphère de la FNAIM, ce qui nous a permis de battre des records de recrutement en novembre. En parallèle, 3200 personnes se sont connectées aux plénières, quand les ateliers ont réuni 500 personnes chacun. Les replays comptabilisent 34 000 vues depuis leur mise en ligne. Cette réalité augmentée sera transformée lors du prochain congrès, avec un évènement qui sera à la fois physique et digital.
Parmi les points abordés, vous avez notamment évoqué l'importance de l'intermédiation...
Dans une société complexe où les rapports humains sont à redéfinir, nous sommes les intermédiaires d'une valeur très affective pour les Français... nous en mesurons toute l'importance aujourd'hui. L'intermédiation est le filtre républicain, économique et juridique d'un projet immobilier réussi, quel qu'il soit. Elle marque des points en raison de notre professionnalisme, de la qualité de service que nous délivrons à nos clients et de la relation que nous entretenons avec eux. Prochainement, elle continuera à progresser si nous réussissons à les embarquer sur la valeur verte. L'intermédiation ne se résume pas au métier d'agent immobilier, elle est à tous les niveaux : syndics, administrateurs de biens en location, etc. Elle est aussi supra-business avec le gouvernement en matière de politique publique du logement et d'application des lois.
Concernant la valeur verte justement, beaucoup de professionnels s'interrogent sur sa mise en ouvre opérationnelle dans leur quotidien. Comment s'en saisir concrètement ?
C'est un défi à relever, car le secteur est en acquisition de compétences. Cela intervient au moment où une loi importante - issue de la convention citoyenne pour le climat - est en gestation, et au moment où est recalculé le diagnostic de performance énergétique (applicable au 1er juillet). Cette acquisition de compétences s'exprimera d'abord en copropriété : sans elle, il sera désormais impossible d'accompagner les copropriétaires, de leur expliquer les projets de rénovation et les obligations légales de performance ou de trouver les financements. Quant aux agents immobiliers et aux administrateurs de biens, ils devront être prescripteurs de ces enjeux, expliquer l'impact d'une rénovation sur la valeur d'un bien. D'autant que, si la rénovation énergétique est au cour des préoccupations des citoyens, reste à savoir si elle sera au cour de celles des consommateurs. Le sujet devient complexe dès lors qu'il s'agit d'engager des finances... Pour notre secteur, ce rôle de conseil et d'estimateur économique sera donc déterminant.
Vous avez également plaidé pour une meilleure régulation de la fiscalité locale.
Je plaide en effet pour que le logement social participe beaucoup plus à la fiscalité locale. Au regard du nombre de logements qu'il détient aujourd'hui dans les grandes villes de France, on ne peut pas continuer à concentrer la taxe foncière sur les seuls accédants du secteur privé. Je milite aussi pour une maîtrise de la fiscalité : pourquoi, ne pas instituer une épargne qui consisterait à stocker les surplus de fiscalité liés aux droits de mutation, pour pouvoir ensuite les réutiliser en contrat cyclique ? Il faut avoir conscience qu'en six ans les droits de mutation ont augmenté en valeur de 76 % !
Les internautes ayant suivi l'allocution d'Emmanuelle Wargon s'attendaient à plus de réponses. Les comprenez-vous ?
L'échange distanciel n'a sans doute pas permis de personnaliser la réponse, et madame Wargon n'est pas encore rompu à l'exercice du congrès. Je pense qu'elle a désormais compris son importance. Certains sujets ont été tout à fait éludés, mais elle a manifesté un réel intérêt pour notre secteur d'activités et la FNAIM. Je débattrai prochainement avec elle de l'encadrement des loyers, de fiscalité et du déploiement de la rénovation énergétique. Quant à la reconnaissance de notre profession et de notre caducée Vesta, nous travaillerons de concert avec le ministère du Logement et la Chancellerie.
Durant la plénière sur la Révolution des consommateurs, il y a également eu beaucoup de réactions concernant la géolocalisation. Cette évolution technologique est-elle incontournable ?
Je dirais même inéluctable, car si nous ne le faisons pas, d'autres le feront. Ceux qui pensent que nous sommes l'intermédiaire de la localisation d'un bien avant d'être celui de sa valeur se trompent. L'information est de plus en plus partagée et nos clients sont devenus des proto-experts... Nous devons donc contextualiser les offres, notre valeur ajoutée étant de réassurer sur la valeur des biens immobiliers.
Comment voyez-vous l'avenir immobilier pour 2021 ?
Je suis très serein sur la valeur immobilière d'habitation qui, selon moi, sort gagnante de cette période de pandémie. 2021 sera sans doute une année plus sage sur les prix et vraisemblablement en retrait en termes d'activité en raison de la crise économique et de la prudence des organismes bancaires. La concurrence entre agences devrait être assez vive, nos forces de vente ayant été conditionnées pour un marché dynamique. C'est donc la qualité des entrepreneurs qui fera la différence.
A propos de la FNAIM
La Fédération Nationale de l'Immobilier (FNAIM) est la première organisation syndicale des professionnels de l'immobilier en France. Ses adhérents exercent tous les métiers de la transaction, de la gestion, de la location, de l'expertise, du diagnostic, etc. Créée en 1946, elle est présente sur l'ensemble du territoire par son maillage de Chambres départementales et régionales. La FNAIM accompagne au quotidien ses adhérents dans l'exercice de leurs activités. Elle leur dispense les formations, initiales et continues, qui différencient les professionnels FNAIM par leurs compétences et la qualité de services offerts aux particuliers. Elle veille au respect, par chacun de ses membres, de son Code d'Éthique et de Déontologie, garant de la protection des droits du consommateur. Par sa représentativité, sa connaissance des marchés immobiliers, ses compétences juridiques et techniques, la FNAIM est un interlocuteur reconnu par les Pouvoirs Publics pour l'élaboration des politiques et des législations relatives au logement. Les statistiques qu'elle établit à partir des données recueillies auprès de ses adhérents et qu'elle diffuse gratuitement permettent de suivre au plus près l'évolution des marchés du logement en France. À la fois référence et partenaire, la Fédération veut faire partager une vision positive, équilibrée et sociale de l'immobilier. La FNAIM fait partie du Conseil National de la Transaction et de la gestion immobilières (CNTGI).
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