INTERVIEW
FNAIM : syndicalisme et combats à mener

Jean-Marc Torrollion laissera bientôt son siège de président à Loïc Cantin, dernièrement élu à la tête de la FNAIM. Un passage de relai qui aura lieu durant le prochain Congrès de la fédération. Le président sortant n’a pour autant pas raccroché son mordant et entend encore continuer à défendre les intérêts du secteur durant les semaines à venir. Explications.
Le Congrès aura bientôt lieu, les 5 et 6 décembre. Les contextes sanitaire et écologique vous ont-ils incité à repenser son contenu??
Comme l’année dernière, le Congrès se tiendra dans une forme hybride. Néanmoins, nous prévoyons une année record en matière de fréquentation physique : à date, les réservations ont augmenté de 19 % par rapport à 2019 — l’édition qui avait jusqu’ici accueilli le plus de visiteurs dans notre histoire — et de 70 % par rapport à l’année dernière à la même époque. Les entrées payantes comptabiliseront donc entre 1500 et 1600 personnes, avec une fréquentation globale — physique et digitale — qui devrait atteindre les 4000 personnes.
La situation économique se tend. Le salon aura-t-il vocation à galvaniser la profession??
Notre salon est en effet l’occasion d’apporter de l’optimisme sur nos métiers, sur nos marchés et sur notre pérennité. Nul doute que 2023, en matière de transaction, s’annoncera compliquée, nous le ressentons déjà. D’autant que l’impact des obligations de rénovation énergétique et leurs coûts devront être très rapidement intégrés. Notre filière fait donc face à un mur de compétences à acquérir — quel que soit le métier exercé : transaction, administrateur de biens ou syndic de copropriété — c’est un véritable enjeu. Nos adhérents ressortiront de ce congrès avec une importante conscience collective des efforts à effectuer. Je n’ai aucun doute sur leur motivation à passer à l’action.
Ce sera également pour vous l’occasion de passer le relai à Loïc Cantin qui vient d’être nommé comme nouveau président de la FNAIM. Est-il connu du réseau??
Loïc Cantin a un important passé syndical : il a déjà été candidat à l’élection de la présidence de la FNAIM, il a été mon adjoint pendant quatre ans, puis membre de mon conseil d’administration. Il connaît donc bien la fédération et en est également connu. Il doit désormais être identifié par l’ensemble des interlocuteurs politiques et par le microcosme de nos adhérents. Le congrès sera par ailleurs pour lui l’occasion d’être promu médiatiquement et politiquement.
Quelle sera sa feuille de route et quels seront les défis qu’il devra relever??
Sa feuille de route s’inscrit dans la continuité des actions que nous avons menées. Quant aux défis qu’il devra affronter, ils concerneront d’abord, et sans aucun doute, la défense de la loi Hoguet sur laquelle semblent peser de nouvelles interrogations et de nouveaux risques. Il devra ensuite promouvoir la fédération en réamorçant le projet de fusion entre l’UNIS et la FNAIM afin d’avoir un syndicat unique fort. Il y a également un enjeu de compétences métiers à relever au travers de notre école des métiers de l’immobilier. Enfin, il faudra relever le défi des nouvelles technologies, car nous sommes parvenus, à l’heure actuelle, à un palier qu’il nous faudra franchir pour gagner en productivité concernant, notamment, l’administration de biens et de syndic. Il aura aussi à relever un enjeu de promotion de nos métiers et de formation pour faciliter le recrutement dans nos entreprises. Enfin, il faudra continuer à conforter notre image d’acteurs soucieux de l’intérêt général et de ceux de nos adhérents. Car avec 250?000 emplois, 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires et d’importantes parts de marché, l’immobilier est une branche économique qui doit être considérée.
Que retenez-vous de vos années de mandat??
Je reviens sur ces années dans mon livre «?Une histoire de la FNAIM - Cinq ans à agir pour le logement?» qui vient de paraître et qui sera disponible lors du Congrès. À titre personnel, je retiens l’exigence de professionnalisation qu’impose aujourd’hui le syndicalisme, à tous les niveaux. Cette professionnalisation se retrouve chez hommes et les femmes qui démultiplient l’action de la fédération, dans la qualité des services rendus à nos adhérents, dans la compétence des structures internes qui nous aident à prendre des décisions : je pense par exemple au laboratoire économique du logement, à notre pôle juridique ou à notre direction politique. Elle se retrouve aussi dans la qualité des services que nous rendons à la structure de nos chambres syndicales — avec par exemple le secrétariat général de la fédération — ou dans notre École Supérieures de l’Immobilier. Enfin, cette professionnalisation se retrouve dans notre gestion financière et dans notre approche politique avec les élus. Tout cela ne s’improvise pas et exige beaucoup de travail et d’apprentissage.
Vous terminez aussi votre mandat en obtenant gain de cause quant au doublement du déficit foncier??
C’est effectivement une victoire d’autant que le vote, tel qu’il a été retranscrit dans ses motifs ou dans le pourcentage retenu en termes de rénovation énergétique, est exactement la proposition faite par la FNAIM. Ce résultat est le fruit de multiples rencontres avec de nombreux parlementaires, d’un travail de conviction avec la sénatrice Dominique Estrosi Sassone ou avec le député Thibault Bazin. Cela démontre que cette majorité est soucieuse de l’intérêt général des Français pour le logement, c’est très positif. Espérons désormais que cette décision est prémonitoire d’un pragmatisme sur les enjeux à venir.
Vous poursuivez également votre combat auprès du gouvernement concernant les conséquences du nouveau DPE??
Le calendrier de la rénovation énergétique qui se profile aura bientôt un impact terrible sur le parc privé locatif de certaines communes, notamment en Île-de-France, où comme à Paris 40 à 50 % des logements pourraient être interdits à la location. Dans les faits, il me parait impossible que ce calendrier soit respecté. Nous avons donc — en intersyndical avec l’UNIS, l’UNPI et le SNPI — cosigné un courrier appelant la Première ministre à revoir et à aménager les échéances de la rénovation énergétique autour de nos propositions. Nous y soulignons le fait que les deux tiers du parc privé locatif sont en copropriété et que les interdictions qui s’annoncent doivent être suspendues et mises en cohérence avec les plans pluriannuels de travaux. Nous demandons aussi la mise en place d’un DPE collectif opposable et que soit repensé le financement global de la copropriété. Cette intervention est destinée à porter le débat au niveau interministériel et à celui de Matignon, pour une prise de conscience urgente et salutaire.
L’ESI lance de nouvelles formations continues asynchrones
La nomination de Céline Deytieux à la tête de l’ESI s’accompagne de la mise en place d’un nouveau conseil d’administration et de nouvelles formations continues asynchrones. «?C’est une importante évolution, souligne Jean-Marc Torrollion, le président de la FNAIM. L’école propose plus de 80 thématiques de formation, elles pourront désormais être utilisées à la demande selon les besoins de formation de chacun. Cela signifie plus d’individualisation et de flexibilité pour nos adhérents et leurs collaborateurs. La qualité délivrée sera bien sûr toujours au cœur des dispositifs proposés par l’ESI.?»
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