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INTERVIEW

Jean-Marc Torrollion, entre bilan et nouveaux projets

Une page se tourne… Lors du dernier Congrès de la FNAIM, les 5 et 6 décembre derniers, Jean-Marc Torrollion a passé le relai à Loïc Cantin, le nouveau président de la FNAIM. L’occasion de revenir avec lui sur ses dernières victoires et sur ses années de mandat à la tête de la fédération.

Le Congrès de la FNAIM vient de s’achever. Quel bilan en faites-vous??

Le nombre d’inscrits est un record et cela s’est vu : les allées étaient pleines, avec beaucoup de monde sur les stands. Les retours des exposants sont d’ailleurs très bons. Le thème de l’engagement, choisi pour cette édition, a semblé approprié compte tenu du contexte actuel, et les intervenants — le Général Desportes, Fabien Galthié, Virginie Raisson-Victor ou Jérôme Bloch — ont su le porter et en débattre. Notre autre satisfaction est la venue de deux ministres, Isabelle Rome (NDLR : en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances) et Olivier Klein (NDLR : en charge de la Ville et du Logement). Sophie Sabot-Barcet, la présidente du Conseil notariale, était également présente, ainsi qu’Olivier Salleron, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB). Le contenu politique était important, et je note aussi qu’Olivier Klein a pris le temps d’échanger et s’est intéressé aux différents stands, notamment au village dédié à l’écorénovation.

Est-ce le signe que le gouvernement a pris la mesure, encore un peu plus, du rôle de la FNAIM ces dernières années??

Je crois en effet que désormais la FNAIM s’est montrée politiquement utile ces dernières années, dans la mesure où nous n’avons pas fait que contester ou nous opposer. Nous sommes réellement des acteurs de propositions et de solutions, et nous nous inscrivons dans une démarche constructive auprès des pouvoirs publics.

Cette 76e édition a été marquée par le passage de relai à Loïc Cantin, votre successeur à la présidence. À quoi va-t-il d’abord s’atteler??

Il devra être à la fois sur le front professionnel et celui du logement. Concernant nos professions, le premier dossier concerne l’enquête réalisée par l’Autorité de la concurrence sur le fonctionnement du marché de la transaction. Notre fédération doit être au centre de cette réflexion et apporter sa contribution. Elle doit aussi être en capacité de justifier le fonctionnement actuel de ce marché et de ses acteurs. En parallèle, Loïc Cantin devra terminer ce que je n’ai pas pu achever et qui était prévu dans le cadre de la loi Elan, à savoir la mise en place la Commission de contrôle et le décret sur la formation initiale des collaborateurs habilités. Il devra aussi porter une vision concernant le fonctionnement du Conseil national de la transaction et de la gestion immobilière, celui-ci devant avoir un rôle de concertation au-delà de notre profession, notamment en matière de politique du logement. En parallèle, Loïc Cantin entend également revaloriser nos honoraires de location, car l’inflation existe aussi pour notre profession. Il l’a d’ailleurs clairement exprimé au ministre.

Et concernant la politique du logement??

Loïc Cantin reprend nos propositions concernant la détente du calendrier de la loi Climat et résilience. Sur ce point, Olivier Klein s’est exprimé pendant le Congrès en réaffirmant d’un côté son attachement au maintien du calendrier, mais en annonçant d’un autre côté l’ouverture d’une période de concertation en janvier, avec la mise en place d’un groupe de travail sur la rénovation énergétique du parc privé locatif. Même si la réponse est duale, le gouvernement semble enfin avoir compris qu’il y a là un sujet.
Parallèlement, Loïc Cantin a fait une proposition très intéressante sur la transmission des prêts entre vendeurs et acquéreurs visant à prolonger l’effet des taux bas. Enfin, il devra se saisir de la problématique du statut du bailleur privé.

De votre côté, quel regard portez-vous sur vos années de mandat… En tant que syndicaliste et professionnel de l’immobilier, mais aussi en tant qu’homme??

J’ai désormais une vision très claire de ce que doit être un syndicat professionnel, notamment sur la notion de travail, sur le fait de proposer une vision sur les grands sujets du logement et de la profession. Durant ces années de mandat, il m’est aussi paru indispensable de professionnaliser notre syndicat : je ne pense pas qu’un président et son équipe puissent incarner tous les sujets, ils doivent être assistés de collaborateurs de haut niveau. En tant que syndicaliste, j’ai aussi voulu faire rayonner notre syndicat au travers de notre école, du laboratoire économique du logement, du pôle d’excellence juridique, etc. J’ai voulu porter une ambition entrepreneuriale, technologique et syndicale. Quant à la façon dont ça m’a changé en tant qu’homme, je me suis aussi découvert capable d’accomplir cette tâche en montant en compétence sur de nombreux sujets. J’ai également appris la persévérance et l’humilité… En particulier face à des échecs ou à des déceptions, que j’ai toujours compensées par le travail. Je crois avoir obtenu une reconnaissance de part et d’autre, c’est une grande fierté.

Quels sont vos nouveaux projets?? Avez-vous des ambitions politiques??

Je vais d’abord me recentrer sur ma famille. Quant à la suite, j’occuperai encore de nouvelles fonctions dans le logement. Je n’en dirai pas plus… À ce stade, c’est encore indiscret?!

Vous achevez votre quinquennat avec un nouvel engagement : la signature d’une convention de partenariat avec SOS racisme. Jugez-vous que les discriminations raciales sont encore trop répandues dans les pratiques des agences??

Nous avons été clairement pointés du doigt à deux reprises sur ce sujet pendant mon quinquennat. Il faut être logique avec nos ambitions d’afficher notre profession comme tiers de confiance, voire même comme auxiliaire d’une certaine politique du logement. Il était donc impératif de corriger ces mauvais résultats en proposant une approche opérationnelle, non punitive et véritablement pédagogique. C’est le sens de cette convention cosignée entre la FNAIM, SOS Racisme, en présence d’Olivier Klein et d’Isabelle Rome. Nos adhérents seront désormais testés dans un processus défini. En seront tirés des conséquences en termes de formations, d’interventions et si nécessaire, de sanctions. Plutôt qu’être mis à l’index, nous devons progresser et avoir la volonté de nous améliorer.

La loi anti-squats, une autre revendication de la FNAIM, a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale et sera prochainement examinée par le sénat. Certaines associations dénoncent le manque d’équilibre de cette réforme, qu’en pensez-vous??

Pour moi, il s’agit plutôt d’un rééquilibrage et de rétablir une sanction pénale pour les squatteurs équivalente à celle encourue par un propriétaire qui se ferait justice lui-même. Le fait également qu’un propriétaire, dont l’immeuble est squatté, ne soit plus responsable de son entretien et de la sécurité des occupants illégaux me paraît également être une mesure de bon sens. Cela vient d’ailleurs mettre un terme à une jurisprudence hasardeuse. Le raccourcissement des procédures — alors que nous avions jusqu’ici les plus longs d’Europe — est également une bonne chose. C’est un procès en mauvaise foi que de dénoncer un manque d’équilibre, en particulier pour les propriétaires subissant pendant trop longtemps des impayés ou se retrouvant en incapacité de récupérer leur logement.

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