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INTERVIEW

Le congrès a donné encore plus de rayonnement à la FNAIM

Positif ! C’est le bilan dressé par la FNAIM quelques jours après la tenue de son congrès au Carrousel du Louvre à Paris. Sur place, adhérents, partenaires et professionnels de l'immobilier ont pu débattre, mais aussi confronter leurs idées à celles des politiques, venus nombreux pour proposer leurs idées à quelques mois des élections présidentielles. Pour son président Jean-Marc Torrollion, l’événement permet de confirmer, encore, l’influence de la fédération.

Le Congrès de la FNAIM a eu lieu la semaine dernière, quel est votre sentiment général sur cette édition hybride, notamment avec le retour au présentiel ?

C’est une grande satisfaction, tant en termes de fréquentation – 3500 badges ont été enregistrés – que concernant le niveau des plénières. L’aspect politique notamment a été très intéressant avec la venue de la ministre du Logement et de celle de sept courants politiques – qui ont « pitché » leurs propositions en matière de logement pour les prochaines élections présidentielles. C’est une vraie première qui a fortement interpelé les congressistes. Nous avons senti le plaisir de la profession à se retrouver physiquement - après plusieurs confinements et un congrès entièrement digital, avec des plénières affichant des jauges complètes. L’année prochaine, la formule physique sera donc encore développée avec la réservation de l’entièreté du Carrousel du Louvre. Cette prochaine édition sera d’autant plus importante pour moi qu’il s’agira de mon congrès d’adieu avec la fin de mon mandat comme président de la FNAIM.

Et concernant la formule digitale ?

Mon sentiment est plus mitigé, 250 personnes s’étant inscrites. Cela ne remet pour autant pas en cause ce format qui sera encore amélioré. Cette édition est en effet une nouvelle preuve de notre capacité à produire de l’audiovisuel à une époque de forte appétence pour ce type de contenus.

La politique de rénovation énergétique était au cœur du congrès avec notamment une table ronde autour de la ville de demain. Qu’en attendiez-vous et quelle est la vision des professions de l’immobilier et du bâtiment en la matière ?

Architectes, promoteurs, fournisseurs de matériaux – dont le président de Saint-Gobain, Pierre-André de Chalendar - ont effectivement débattus et ont fait consensus autour du fait que, puisque l’accès à la nature deviendra plus difficile par le « zéro artificialisation », il nous faut faire entrer la nature dans la ville. Cette renaturation de la cité pourrait exister par le biais d’immeubles innovants avec des aménagements naturels intérieurs ou extérieurs. Je retiens également qu’au niveau mondial, la vision de la ville reste celle d’une hyper métropolisation, malgré la dé-métropolisation constatée depuis le début de la pandémie.

Quelle était la place des professionnels de l’immobilier dans ces plénières ?

Les parts de marché de nos entreprises étant considérables, nous sommes devenus incontournables. Mais je retiens que les professionnels de l’immobilier ont recueilli dans tous les discours - y compris ceux des politiques - une reconnaissance en tant qu’acteurs de la ville et tiers de confiance. C’est évidemment rassurant, et le seul fait d’avoir réussi à agréger la venue de ces candidats démontre que la première fédération des acteurs de l’immobilier - sur le logement existant et le service au logement - est parfaitement prise en considération au travers de la qualité du travail de ses adhérents. Je mesure nos progrès dans la conduite de cette perception. Le congrès nous a donné encore plus de rayonnement et un poids pour obtenir ce que nous souhaitons.

Justement, vous attendiez beaucoup de la venue des grands candidats et partis aux élections présidentielles. Qui étaient présents, qu’ont-ils proposé et que pensez-vous de leur intervention ?

Arnaud Montebourg et Marine Le Pen étaient présents, ainsi que Geoffroy Didier - le porte-parole de Valérie Pécresse - Dominique Estrosi Sassone pour Xavier Bertrand, Nathalie Appéré pour Anne Hidalgo et le parti socialiste. Nous avons également accueilli Roland Lescure pour La République en Marche et Aurélien Taché, adjoint du groupe Europe Écologie Les Verts. En dehors des secteurs du logement social ou du neuf, le logement privé semble pour tous demeurer un sujet complexe, qu’ils ne maîtrisent pas bien. En parallèle, je trouve que le sujet de la rénovation énergétique n’est pas abordé dans toute sa dimension… Même si tous partagent l’avis d’accroître les aides et de concevoir des produits financiers plus adaptés, il y a un important apprentissage à effectuer. La notion d’équilibre des territoires, en revanche, est une préoccupation unanimement partagée, ce qui vient contrebalancer l’hypermétropolisation proposée au début du quinquennat d’Emmanuel Macron. Plusieurs ont convenus qu’il y a nécessité d’avoir une approche pragmatique et non centralisatrice de la politique du logement. Cependant, nous n’avons pas entendu de propositions illogiquement marquées et extrêmement clivantes.

Idéalement, quelles réformes la fédération souhaiterait-elle voir porter ?

Nous attendons que soit proposée une réforme de la fiscalité du bailleur, en gommant les différences entre acquéreurs dans le neuf et l’ancien, ainsi qu’en créant un statut fiscal neutre entre loueurs en meublé et loueur à usage d’habitation principale. Nous souhaitons que le prochain gouvernement fixe un objectif de croissance du parc privé locatif, parce qu’il est l’instrument de la mobilité des Français. Le calendrier de la loi Climat et résilience doit également être revu et ajusté à la réalité de la capacité à faire et à aider. En parallèle, j’inciterais ce gouvernement à revoir toute la fiscalité locale, qui contient en germe des augmentations insupportables pour les Français. Nous demandons aussi à ce que l’on revienne sur l’encadrement des loyers et à ce que soit favoriser les aides massives à la rénovation.

La FNAIM souhaite-t-elle peser dans les débats ?

Nous organisons une conférence le 12 janvier prochain qui marquera, je l’espère, un point important pour la politique du logement avant les élections présidentielles. Nous essaierons aussi d’en organiser une en commun avec l’Unis.

Ce grand rendez-vous politique fixe-t-il l’agenda de la FNAIM pour les prochains mois ? Quelles seront les prochaines échéances pour la fédération ?

À court terme, nos objectifs pour la profession sont de revaloriser nos honoraires de baux – inchangés depuis 7 ans - pour répondre à la pression salariale. Nous avons également des propositions sur la nomination de la Commission de contrôle et sur le décret pris sur la formation initiale des collaborateurs. À plus long terme, nous avons bien sûr l’objectif, dès que le nouveau gouvernement sera nommé, d’être identifiés comme un interlocuteur important dans la chaîne du logement.

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