Logo Expression

RÉSEAU

Samuel Caux : l'immobilier ne s'arrête plus au bout de la rue

eXp Realty France

Agence traditionnelle, promotion immobilière, entrepreneuriat... Samuel Caux, Président d'eXp France, connaît à peu près toutes les facettes du métier. Pourtant, fin 2020, en pleine crise sanitaire, il décide une nouvelle fois de changer de modèle. Direction eXp Realty, un réseau américain sans agences physiques imposées, quasiment inconnu en France. Il lance eXp France en 2021. Cinq ans plus tard, l'enseigne revendique plus de 850 conseillers dans l'Hexagone et vise désormais le cap des 1 000. Derrière cette croissance, une certaine idée de l'immobilier : plus technologique, plus international, mais pas forcément moins humain.

Il faut remonter à 1996 pour comprendre une partie du parcours de Samuel Caux. Cette année-là il effectue un stage dans une entreprise de marketing à San Diego, internet en est encore à ses balbutiements. En France, à peine plus d'un foyer sur vingt est équipé d'un ordinateur connecté. Lui découvre déjà ce que le numérique pourrait changer dans les entreprises.

L'expérience laissera des traces.

Quelques années plus tard, c'est pourtant dans l'immobilier qu'il fait ses armes. D'abord chez Coldwell Banker, dont il ouvre l'une des premières agences françaises au début des années 2000. Puis en indépendant à Montpellier. Suivront sept années chez Kaufman & Broad dans la promotion immobilière avant de créer sa propre structure spécialisée dans le lancement commercial de programmes neufs.

Un parcours qui aurait pu continuer ainsi. Jusqu'à un coup de téléphone.

Nous sommes en mars 2020. La France vient d'entrer en confinement lorsqu'une ancienne connaissance de l'époque Coldwell Banker lui parle d'un réseau dont le nom ne dit alors pas grand chose aux professionnels français : eXp Realty

Sa première réponse est assez simple : « Non. »
« Et puis je suis curieux. J'ai regardé. »

Un réseau immobilier sans agence

Ce que Samuel découvre est assez éloigné de ce qu'il a connu jusque-là. Fondé aux États-Unis, eXp Realty compte alors près de 30 000 conseillers dans le monde. Pas d'agences physiques imposées, eXp n'est pas une franchise mais une agence intégrée présente dans plus de 30 pays, une organisation très largement digitalisée et une entreprise cotée au Nasdaq.

Sur le papier, pas exactement le modèle le plus évident à importer dans un pays où la vitrine d'agence fait encore largement partie du paysage immobilier.

Samuel Caux décide pourtant d'y aller. Avec quelques doutes : « J'ai eu un gros syndrome de l'imposteur au début. Avec le recul, à tort. »

La réaction du marché français ne tarde pas : encore un réseau de mandataires. L'étiquette lui colle immédiatement à la peau. Elle ne résume pourtant qu'imparfaitement le modèle qu'il souhaite développer.

Car Samuel Caux n'a aucune intention de reproduire à l'identique ce qui fonctionne aux États-Unis. « Dès le départ, j'ai expliqué qu'il fallait le faire à la française. » Au siège américain, on lui trouve rapidement un surnom : « Very Special ». Il l'assume volontiers.

Cinq ans plus tard, eXp France revendique plus de 850 conseillers et se rapproche désormais du millier.

Une plateforme plutôt qu'une agence

Pour comprendre eXp, il faut d'abord oublier une partie des codes traditionnels de l'immobilier. Le réseau ne raisonne pas en agences mais en entrepreneurs.

Un conseiller souhaite travailler depuis chez lui ? Il le peut. Plusieurs professionnels veulent se regrouper et constituer une équipe avec des bureaux ? Ils le peuvent aussi. La nuance est importante. « On n'est pas un réseau d'employés. On est une plateforme de services pour entrepreneurs dans l'immobilier. »

CRM, diffusion des annonces sur les portails, accompagnement, outils technologiques : l'idée consiste à mutualiser ce qu'un professionnel devrait autrement financer seul. Le modèle économique va même plus loin avec un système de partage de revenus entre conseillers et la possibilité de recevoir des actions de l'entreprise dès les premières transactions.

Une façon de transformer le rapport traditionnel entre le réseau et ses membres.

Samuel Caux résume sa philosophie en une phrase : « Ce qui les retient, c'est qu'ils soient satisfaits. » Mais liberté ne signifie pas absence d'exigence.

Après plusieurs années de développement, le réseau revendique aujourd'hui une sélection plus importante à l'entrée. L'objectif n'est plus seulement de recruter. Il s'agit de recruter des professionnels capables de produire.

Une évolution assez révélatrice de ce qui se passe actuellement dans l'ensemble du secteur des mandataires. Après des années de course aux effectifs, la bataille se déplace progressivement vers la productivité.

La technologie ne vend pas encore les appartements

La technologie ne vend pas encore les appartements Évidemment, impossible de parler d'eXp sans parler technologie. Le réseau en a fait l'un de ses marqueurs dès sa création. Bien avant que l'intelligence artificielle ne s'invite dans toutes les conversations.

Aujourd'hui, les usages deviennent très concrets.

Rédaction automatique des annonces, relances commerciales, alimentation du CRM, comptes-rendus générés après les rendez-vous... Autant de tâches qui occupaient encore une partie importante du quotidien des négociateurs il y a quelques années. Samuel Caux se souvient d'une époque (que les moins de 20 ans ne peuvent connaître) où il devait batailler pour obtenir les comptes-rendus de ses commerciaux.

Aujourd'hui, la machine peut les produire et les intégrer directement au CRM. « Il n'y a plus d'excuses. Tout le monde a les armes. »

Est-ce à dire que la technologie finira par remplacer le conseiller ? Il n'y croit pas. Parce qu'un appartement ne se résume pas encore à une succession de données. Une estimation, c'est aussi une lumière que l'on découvre en entrant dans une pièce. Un bruit que l'on entend depuis une chambre. Une impression difficile à traduire dans un tableau Excel. Et parfois ce qu'un propriétaire ne dit pas.

La machine analyse. Le professionnel ressent. « L'homme est le professionnel du dernier kilomètre. Ce kilomètre-là, personne ne peut le lui prendre. » Sans doute l'une des meilleures définitions du métier à l'heure de l'intelligence artificielle.

Le client, lui, a déjà changé

Si la technologie transforme le professionnel, elle a surtout transformé celui qui se trouve en face de lui. Le client arrive désormais avec une quantité d'informations qu'il était impossible d'obtenir aussi facilement il y a encore quinze ans.

Prix au mètre carré, historique des ventes, environnement du quartier, DPE, taux de crédit, annonces concurrentes : une grande partie de l'information autrefois détenue par le professionnel de l'immobilier est aujourd'hui accessible en quelques clics.

Le rapport de force a changé. « Notre métier n'est plus de donner l'information. Il faut expliquer, argumenter, étayer ce que le client a déjà lu. »

Voilà peut-être l'une des transformations les plus importantes de la profession. L'information se banalise. L'expertise, elle, prend de la valeur. Sur un marché qui retrouve progressivement des volumes plus conformes à sa moyenne historique, les acquéreurs prennent également davantage leur temps. Ils comparent. Ils négocient. Ils veulent comprendre.

Pour Samuel Caux, les professionnels capables de s'adapter continuent pourtant à vendre. « C'est dur, mais ça se fait. Ceux qui sont compétents performent. »
Reste une autre conviction, peut-être plus singulière dans le paysage immobilier français : l'avenir du métier ne peut plus être uniquement local. Sur ce point, Samuel Caux ne prend pas beaucoup de précautions : « Si un conseiller croit que son marché immobilier s'arrête au bout de la rue, on n'a pas grand-chose à se dire. »

La formule peut surprendre dans un métier où la connaissance de quelques rues, d'un quartier ou d'une commune constitue historiquement l'un des principaux arguments commerciaux. Samuel Caux ne remet pas en cause cette expertise locale. Il considère simplement qu'elle ne suffit plus.

eXp revendique aujourd'hui quelque 88 000 conseillers répartis dans plus de 30 pays. Une implantation internationale qui permet à un professionnel français de travailler avec un confrère espagnol, britannique, portugais ou américain lorsqu'un client cherche à acheter ou vendre à l'étranger.

Dans les régions frontalières ou les zones touristiques, le sujet est loin d'être anecdotique. Un propriétaire à Perpignan peut vendre à un Britannique. Un acquéreur français peut chercher une résidence en Espagne. Un investisseur étranger peut vouloir acheter sur la Côte d'Azur.

Autant de transactions qui dépassent largement la zone de chalandise traditionnelle d'une agence. « Ce n'est pas du marketing. C'est mécanique. » Pour Samuel Caux, l'intérêt est aussi ailleurs. Observer les pratiques des autres marchés. Voir ce qui fonctionne aux États-Unis, en Espagne ou au Royaume-Uni. Échanger rapidement avec des professionnels confrontés aux mêmes problématiques.

Dans un secteur parfois très franco-français, l'ouverture n'est pas inutile.

1 000 conseillers, et après ?

La prochaine étape est déjà identifiée : dépasser les 1 000 conseillers en France.

Mais Samuel Caux regarde plus loin.

Dans l'Hexagone il faudra se faire connaître, évidemment. Mais surtout faire comprendre un modèle qui ne rentre pas parfaitement dans les cases historiques de la profession. Agence ? Réseau de mandataires ? Entreprise technologique ? Probablement un peu des trois.

Et c'est peut-être justement le sujet.

Pendant longtemps, l'immobilier français s'est structuré autour de modèles clairement identifiés. L'agence d'un côté. Les mandataires de l'autre. Le digital quelque part au milieu. Ces frontières deviennent de plus en plus poreuses.

Les agences se digitalisent. Les mandataires se regroupent. Les réseaux développent des services. L'intelligence artificielle automatise une partie du travail. Les clients disposent de la même information que les professionnels.

Le métier ne disparaît pas. Il change de terrain.

Et Samuel Caux semble avoir choisi le sien depuis longtemps : garder les pieds dans le marché local, tout en regardant ce qui se passe au-delà du bout de la rue.

eXp Realty France - 266 Place Ernest Granier - 34000 Montpellier
Tél : 04 30 00 66 50
Mail : info@expfrance.fr
Retrouvez-nous sur : www.expfrance.fr

Photo | eXp Realty France

© 2026 DEVALENSE MEDIAS, Toute reproduction même partielle est strictement interdite

#Samuel caux

#Exp realty france

#Immobilier

Partagez :

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée