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TÉMOIGNAGE

Et la montagne

Chacun connaît la suite, mais pourtant elle n'accoucha pas d'une souris, seulement d'un souriceau ! Et pourtant, tant la méthode retenue que le symbole pouvaient laisser un peu d'espoir d'aboutir enfin à un résultat à hauteur des enjeux connus de tous en matière de logement.

Deux cent spécialistes, unanimement reconnus pour leur connaissance de ce dossier si complexe et si sensible, réunis à grand renfort de communication, afin de proposer les meilleures solutions pour sortir définitivement de la crise du logement qui ronge, en silence, notre pays !

Quant au symbole, il était au moins aussi prometteur. En référence au Conseil National de la Résistance, qui remit le pays sur le chemin du renouveau et de la prospérité, on retrouva l'acronyme avec le R de Refondation et la formule de CNR Logement. Il y avait là en écho, l'idée de réformes ambitieuses, et structurantes, voire d'une révolution pour, je cite « renforcer l'accès à tous à un logement digne, abordable et durable ».

Après neuf mois d'échanges, la pauvreté des mesures annoncées déçoit et contraste avec l'ambition initiale ! Le décalage entre le discours et les mesures est patent. J'imagine volontiers la frustration et la duperie ressenties par celles et ceux qui ont travaillé à produire des propositions réalistes et structurantes pour l'avenir de la filière.

Je n'y retrouve aucune vision stratégique mais plutôt une nouvelle approche comptable et financière du logement. Nous sommes pourtant bel et bien face à une crise structurelle ! Le mal est ancien et profond.

La politique, c'est, parait-il, gérer les paradoxes. Eh bien nous sommes servis ! Quelques exemples en attestent : Le statut du bailleur privé tenait la corde et même notre ministre l'évoquait, pourtant il a disparu, et dans le même temps le Pinel aussi au motif d'un coût trop élevé pour nos finances publiques. Mais à bien y regarder, le statut du bailleur privé ou de l'investisseur privé pourrait compenser cette disparition du Pinel, concernerait tous les investissements, dans le neuf ou dans l'existant. Le gouvernement nous dit vouloir faire appel aux investisseurs institutionnels à la place des particuliers. Lourde erreur, les particuliers investissent sur le long terme et n'arbitrent pas comme les institutionnels ! Ces derniers pourront-ils d'ailleurs répondre massivement et rapidement présents ?

Autre exemple de gestion des paradoxes ou d'injonctions contradictoires : le PTZ. Exclure la maison individuelle, c'est priver une majorité de ménages modestes, d'un logement, en les contraignant à se reporter sur le marché locatif déjà très tendu. Flécher le PTZ sur les zones tendues pour les achats en collectif, c'est oublier l'aménagement nécessaire des territoires, dont chacun s'accorde à dire qu'il est indispensable ! Tout le monde ne peut ni ne veut pas habiter les grandes villes ! Comment atteindre l'objectif de plein emploi et de réindustrialisation, sans la mobilité professionnelle et sans l'implantation de nouveaux logements à proximité ?

Les motifs d'inquiétude sont nombreux, mais ne désespérons pas ! Le parlement devra se saisir de ces sujets en ne les traitant pas de manière cosmétique !

Reste enfin un sujet, mis en avant, sans doute par hasard, quelques jours après le rendu du CNR Logement : le rapport de l'autorité de la sur les honoraires de transaction !

Raisonnement imparable mais tellement simpliste : si tous les honoraires étaient ramenés à 4% 2,9 Mds d'Euros de pouvoir d'achat seraient redistribués aux consommateurs ! Si ce n'était pas grave, on pourrait rire de ce raisonnement de technocrates concurrence déconnectés du terrain qu'ils prétendent administrer. Petit rappel historique : jusqu'en 1986 les honoraires étaient fixés par les préfectures, mais ils sont libres depuis, ce qui induit de fait une concurrence, réelle entre les acteurs professionnels.

Les modèles low-cost ou ultra low-cost n'ont jamais trouvé leur équilibre et ont fini par jeter l'éponge, et ce, encore très récemment. Mais au-delà de ça, c'est méconnaitre une vérité simple, qui peut être dérange les contempteurs des honoraires : chaque bien immobilier a une valeur intrinsèque à un instant T, et cette valeur est décorrélée du circuit de distribution de ce bien.En Français dans le texte : je n'ai jamais vu un particulier vendre son bien estimé à 100 K, à 95 K au prétexte qu'il vendait seul !

Rappelons inlassablement que l'honoraire n'est pas contesté pour autant qu'il représente une création de valeur pour le client !

Reste enfin la volonté de dérèglementation de nos professions en élargissant les conditions d'accès.

A quoi bon ? L'apparition de nouveaux modèles a redistribué les cartes, sans pour autant fait progresser la part de marché de la profession. L'ensemble de ses acteurs doit se consacrer à délivrer les meilleurs services, le meilleur accompagnement, en s'appuyant sur un socle de compétence jamais pris en défaut. C'est à ce prix que le mandat exclusif deviendra la norme pour une maitrise totale de notre marché, à l'instar de nombreux exemples à l'étranger. ...Chacun aura compris bien sur que le partage est le corollaire de l'exclusivité !

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