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TRIBUNE / A L'AFFICHE

PHILIPPE TABORET, des mesures gouvernementales qui vont dans le bon sens

C'est avec optimisme et beaucoup de pragmatisme que Philippe Taboret, directeur général adjoint chez Cafpi, premier courtier de France, explique pourquoi les annonces gouvernementales sont de bonne augure pour rendre au marché immobilier toutes ses couleurs.
Philippe Taboret,
directeur général adjoint chez Cafpi

« Je suis optimiste face à la morosité ambiante car le nouveau gouvernement semble mettre tout en oeuvre pour trouver des solutions pérennes afin de répondre aux problèmes actuelles du logement. Aujourd'hui, 80 % des Français souhaitent devenir propriétaires, or l'offre reste insuffisante. La simple création d'un vrai ministère du logement prouve l'importance qu'il souhaite accorder à ce sujet sensible pour tous les Français. La ministre du Logement, Cécile Duflot tente de prendre le problème à bras le corps avec un projet qui s'attaque à de nombreux axes dont un prioritaire : les logements sociaux. Il est essentiel de lutter contre le mal logement.

Il faut donner la priorité à la construction

La ministre a annoncé la libération de 930 terrains fonciers publics. Objectif : proposer des terrains à construire en allant jusqu'à les mettre gratuitement à disposition dans les zones les plus sensibles. Le renforcement des dispositions introduites par l'article 55 de la loi « SRU » s'inscrit également dans cette dynamique. La ministre souhaite relever les objectifs de 20 à 25% de logement social par commune en quintuplant les pénalités pour celles qui ne l'appliqueraient pas correctement. On sent donc une réelle volonté de mise en oeuvre d'une politique sur du long terme qui se matérialise par une autre option choisie : le choix de trouver un remplaçant à la loi Scellier. Un nouveau dispositif qui aura pour vocation de mobiliser les investisseurs privés vers la construction de logements accessibles. Cette nouvelle loi devrait être présentée au Printemps devant le Sénat.

Le maintient du PTZ nécessaire dans cette politique globale

Aujourd'hui il manque un million de logements en France. En suivant cette politique, Cécile Duflot souhaite construire 500 000 logements/ an. Il faudra donc 5 ans pour que le gouvernement parvienne à juguler les manques actuels. Il ne faut donc délaisser aucun élément de la chaîne immobilière pour redonner des couleurs au marché. Le possible maintient du PTZ pour l'ancien qui est par ailleurs toujours en vigueur pour le neuf, me paraît nécessaire dans cette politique globale. Actuellement, l'ancien est l'un des plus gros maillon de la chaîne immobilière avec 65% des opérations effectuées par des primo-accedants. Si je me suis toujours montré quelque peu hostile à l'égard de toutes les aides à la pierre, parce qu'elles maintiennent le marché sous homéopathie, je reste convaincu que lorsque l'on soigne la maladie à la base, ces aides prennent toutes leur forces. Il me semble que c'est le cas actuellement. Avec l'extension du parc constructible il est indispensable d'aider le marché de l'ancien et notamment la classe moyenne qui a toujours cette envie de devenir propriétaire. Il est fondamental à mes yeux de soutenir les clientèles les plus fragiles pour qu'elles n'aient pas peur d'acheter. Parfois les potentiels acheteurs oublient qu'il existe des soutiens financiers qui favorisent l'acquisition d'un bien. C'est le cas notamment du PAS (Prêt à l'Accession Sociale) Un prêt auquel 80% des Français peuvent prétendre.

C'est en cette fin d'année que les bonnes affaires vont se faire

Au final, nous devons tout faire pour construire des habitations, tout simplement parce que cela créé de la TVA, que cela permet de créer de l'impôt et de l'emploi et in fine parce qu'il concourt à l'intégration et donc à la cohésion sociale. L'immobilier est un levier de croissance pour la France et, qui plus est, c'est une activité qui ne se délocalise pas. C'est donc à mes yeux un pôle d'endettement nécessaire que le gouvernement doit faire car il est porteur de croissance sur le long terme. Pour autant il ne faut pas construire n'importe où, n'importe comment et à n'importe quel prix. Pour toutes ses raisons précédemment énoncées et malgré la baisse d'activité de 30%, je suis optimiste. J'affirme que la conjoncture reste favorable pour investir. Du fait d'une baisse de la demande, il existe une vraie possibilité pour les acheteurs de négocier. Leur prêt d'abord, les taux sont encore historiquement bas. Leur achat ensuite, avec l'ajustement des prix, c'est l'occasion de faire de bonnes affaires. En cette période, la fenêtre de tir est réellement intéressante, donc nous devrions avoir une bonne fin d'année. »

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