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Projet de loi gouvernemental : les passoires thermiques bientôt remises sur le marché ?

Le 23 avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté un projet de loi destiné à relancer le secteur du logement, avec un objectif affiché : construire plus rapidement, améliorer la qualité des bâtiments et élargir l'accès au logement. Parmi les dispositions phares, le texte prévoit la réintégration sur le marché des biens classés F et G au diagnostic de performance énergétique (DPE), aujourd'hui écartés en raison de leur faible efficacité énergétique, sous réserve de travaux de rénovation. Analyse de cette réponse gouvernementale face à l'enjeu des passoires thermiques.
Passoires thermiques : vers une remise progressive sur le marché locatif sous condition de rénovation
Le gouvernement a annoncé, lors d'une conférence de presse à Marseille le 23 avril, une mesure visant à réintroduire sur le marché locatif les logements classés F et G, appelés « passoires thermiques ». Portée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, cette initiative repose sur un engagement formel des propriétaires à réaliser des travaux d'amélioration énergétique, condition indispensable à la remise en location de ces biens.
Le projet de texte prévoit la mise en place d'un contrat entre le propriétaire et une entreprise de travaux, avec des délais encadrés : trois ans pour les maisons individuelles et jusqu'à cinq ans pour les appartements en copropriété. Cette approche vise à concilier impératifs environnementaux et maintien de l'offre locative, dans un contexte de tension accrue sur le marché immobilier.
Selon le gouvernement, cette mesure pourrait permettre de remettre sur le marché près de 700 000 logements, générant ainsi un « choc d'offre locative » tout en accélérant la rénovation énergétique du parc immobilier. Particularité notable : les travaux pourraient être réalisés après la mise en location, et non en amont, une orientation présentée comme un levier de fluidification du marché, bien que des interrogations subsistent quant à la gestion des locataires durant les chantiers.
Sur le plateau des 4V (France 2), Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement, a défendu la mesure avec conviction, en chiffrant l'ambition à « 650 000 à 700 000 logements » à remettre sur le marché locatif au-delà de 2028, des biens dont les revenus locatifs permettraient précisément aux propriétaires de financer leur rénovation.
Une mesure qui divise profondément les acteurs du logement
En résumé, le projet de loi marque une nouvelle étape dans l'arbitrage entre transition énergétique et tension du marché locatif. En conditionnant la remise en location des logements classés F et G à la réalisation de travaux dans des délais encadrés, le gouvernement cherche à augmenter l'offre disponible tout en maintenant le cap des objectifs climatiques.
Pour les professionnels de l'immobilier, cette orientation pourrait contribuer à desserrer les contraintes sur le marché locatif à court terme, tout en étalant dans le temps une partie des obligations de rénovation. À l'inverse, plusieurs acteurs du logement y voient un recul significatif sur le plan environnemental et social. Le texte doit désormais être examiné par les parlementaires en première lecture à l'été, une étape qui devrait préciser les contours et les conditions d'application de la mesure.
Photo | Canva Pro
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