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Squat immobilier : les leviers d'action des professionnels face aux occupations illégales de logements

Le squat figure parmi les principales préoccupations des propriétaires bailleurs. Cette occupation illicite d'un logement expose les propriétaires à plusieurs risques : privation de loyers, dégradations du bien et procédures d'expulsion parfois longues et complexes. Selon une étude réalisée par Viavoice pour GALIAN-SMABTP en mai 2024, 48 % des propriétaires bailleurs déclarent craindre l'occupation illégale de leur logement. Face à cette problématique, quelles sont les procédures à engager et les solutions d'assurance permettant de limiter les conséquences d'un squat immobilier ? Tour d'horizon.
Quelles procédures pour obtenir l'évacuation des occupants sans droit ni titre ?
Le squat, défini par l'article 226-4 du Code pénal, correspond à l'introduction et au maintien dans le domicile d'autrui à l'aide de manœuvres, de menaces, de violences ou de contraintes, sans l'autorisation du propriétaire. En pratique, il s'agit d'une occupation illégale d'un logement par des personnes dépourvues de tout droit ou titre. Face à cette situation, le propriétaire n'est pas sans recours. La législation prévoit deux voies distinctes pour obtenir l'évacuation des occupants : la procédure judiciaire d'expulsion et la procédure administrative d'évacuation forcée, instaurée pour accélérer le traitement de certains cas de squat. La procédure judiciaire demeure la voie de droit classique. Le propriétaire doit d'abord réunir les preuves de son droit de propriété, puis saisir le juge des contentieux de la protection par l'intermédiaire d'un avocat. Les occupants sont ensuite assignés par un commissaire de justice en vue d'une audience. Si le tribunal prononce l'expulsion, la décision est signifiée aux squatteurs avant, si nécessaire, de solliciter le concours des forces de l'ordre pour son exécution. Selon la complexité du dossier, cette procédure peut s'étendre sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Depuis le 1er janvier 2021, à la suite de la modification de l'article 38 de la loi DALO (Droit au logement opposable), les propriétaires disposent d'une procédure administrative permettant d'accélérer l'évacuation d'un logement occupé illégalement, lorsqu'il s'agit de leur résidence principale ou secondaire. La démarche débute par le dépôt d'une plainte pour violation de domicile auprès des services de police ou de gendarmerie, accompagné des justificatifs permettant d'établir le droit de propriété sur le bien concerné. Le propriétaire saisit ensuite le préfet, qui examine la demande et peut, lorsque les conditions légales sont réunies, adresser une mise en demeure aux occupants de libérer les lieux avant d'engager une évacuation avec le concours des forces de l'ordre. Toutefois, le préfet peut refuser de mettre en œuvre cette procédure s'il considère que les éléments constitutifs de la violation de domicile ne sont pas établis. Dans cette hypothèse, le propriétaire doit se tourner vers la voie judiciaire en engageant une procédure d'expulsion devant le tribunal compétent. Plus rapide et ne nécessitant pas de décision judiciaire préalable, la procédure administrative représente aujourd'hui un outil majeur pour les propriétaires confrontés à une occupation illicite, sous réserve du respect des conditions prévues par la réglementation.
Quelles solutions d'assurance pour protéger les propriétaires bailleurs ?
L'occupation illégale d'un logement peut entraîner de lourdes conséquences pour les propriétaires bailleurs, tant sur le plan financier que matériel et personnel. Au-delà de la perte temporaire des revenus locatifs, ils peuvent être confrontés à des frais liés aux démarches juridiques, aux procédures d'expulsion ou encore à la remise en état du bien en cas de dégradations. La valeur du logement peut également être affectée et l'image du propriétaire fragilisée auprès de futurs acquéreurs ou locataires. À ces impacts économiques s'ajoutent des conséquences psychologiques souvent importantes, liées au sentiment d'intrusion et au stress généré par une occupation non autorisée. Pour limiter ces risques, plusieurs dispositifs d'accompagnement existent, notamment à travers les contrats d'assurance. Il convient toutefois de rappeler que les contrats d'assurance habitation classiques ne couvrent généralement pas le squat en tant que tel.
En revanche, certaines garanties peuvent apporter un soutien au propriétaire confronté à une occupation illicite. Parmi elles, la garantie protection juridique constitue un dispositif particulièrement utile. Lorsqu'elle est incluse dans le contrat ou souscrite en option, elle permet au propriétaire de bénéficier d'informations juridiques, d'un accompagnement dans ses démarches et, selon les conditions prévues au contrat, d'une prise en charge totale ou partielle des frais engagés (honoraires d'avocat, frais de commissaire de justice, frais de procédure). Il est donc essentiel de vérifier précisément les garanties souscrites avant toute situation de sinistre. D'autres garanties peuvent également intervenir, comme la garantie défense-recours, qui propose un accompagnement plus global dans le cadre des démarches amiables, administratives ou judiciaires et peut couvrir certains frais de contentieux. Par ailleurs, l'assurance multirisque habitation comprend généralement une garantie responsabilité civile, destinée à couvrir les dommages causés à des tiers par le propriétaire, les occupants assurés ou le bien lui-même. En cas de squat, la réactivité demeure un élément déterminant : le propriétaire doit informer rapidement son assureur afin d'être orienté dans les démarches à engager et mobiliser, lorsque le contrat le prévoit, les dispositifs d'assistance en adaptés à la situation.
Face au risque de squat, l'anticipation demeure un enjeu majeur pour les propriétaires bailleurs et les professionnels qui les accompagnent. La connaissance des procédures d'évacuation, l'identification des garanties d'assurance mobilisables et la réactivité dans les démarches constituent des leviers essentiels pour limiter les conséquences d'une occupation illégale. Dans ce contexte, l'accompagnement des acteurs de l'immobilier joue un rôle clé dans la sécurisation des biens et la prévention des risques locatifs.
Photo | Canva Pro+IA
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